Berliner Iilin. Wochenschrift, il
7. Ophthalm. Hosp. Rep., n° 3, p. 121 et Ann. d'Ocul., t. LXX, p. 212.
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opérer le mouvement de bascule qu’il veut obtenir dans la partie du tarse correspondante au bord libre.
De son côté, M. Snellen a fait subir à l’opération de M. Strealfeild d’importants changements. Le seul reproche qu’on peut adresser à son procédé fort ingénieux est d’offrir une exécution bien trop compliquée pour être fréquemment pratiqué dans des cliniques où, comme ici, on se trouve dans l’obligation d’être très avare du temps.
La paupière supérieure doit d’abord être saisie dans une
pince analogue à celle de Desmarres , mais beaucoup plus large (pince de Snellen). Celle-ci, ayant franchi difficilement l’ouverture palpébrale, aura pour effet de tendre très exactement toute l’étendue de la paupière.
On pratique ensuite, à 5 millimètres du bord libre de la paupière et parallèlement à ce bord, une incision occupant toute la longueur de la paupière, mais n’intéressant que la peau. On favorise la rétraction de la peau, qui constitue la lèvre supérieure de la plaie, par une dissection ayant pour effet de mettre à nu les fibres de l’orbiculaire. Longeant exactement la lèvre inférieure de la plaie, on procède alors à l’excision d’une bandelette de l’orbiculairc d’une largeur de 2 millimètres environ. Le tarse se trouve ainsi à découvert
Procédé de M. Snellen.
sur une surface correspondante à l’étendue de la partie de l’orbiculaire excisée.
Dans celte porlion même du tarse, on pratiquera une perle de substance en forme de coin, ayant son arête tranchante tournée vers les parties profondes; une partie du tarse représentant un prisme triangulaire doit ainsi être enlevée dans toute la longueur de la paupière. Celte excision sera exécutée à l’aide d’un couteau à cataracte triangulaire (couteau de Beer ), auquel on imprimera de petits mouvements de va-et-vient, après l’avoir posé obliquement sur le tarse dénudé, l’épaississement que présente celui-ci facilitant, d’ailleurs, singulièrement celte manœuvre. Ajoutons qu’il faut veiller à ne pas traverser le tarse de part en part pendant ce temps de l’opération.
Des sutures seront alors appliquées de façon à obliger les deux entailles pratiquées dans le tarse, et qui constituent la perle de. substance en coin dont nous venons de parler, à se mettre en contact, ce qui aura pour résultat de forcer la partie inférieure de la paupière à se porter en avant pour former avec la supérieure un angle tourné en dehors. On procède pour chacune des sutures, qui doivent être au nombre de trois, de la manière suivante : un fil ayant été muni de deux aiguilles (une à chaque extrémité), on fait pénétrer l’une d’elles à 1 millimètre au-dessus de la perte de substance du tarse; cette aiguille, qui entre dans une partie intacte du tarse, doit sortir au bord supérieur même de la plaie qu’on y a pratiquée. Chacune des aiguilles est ensuite dirigée vers la partie inférieure de l’excision tarsienne et glissée sous la petite bandelette de peau qui a été laissée intacte au voisinage du bord palpébral, de manière à sortir un peu au-dessus de la ligne des cils. Les points de sortie des deux aiguilles devront être distants de 4 millimètres environ, et l’on évitera soigneusement d aller jusqu à la base même des cils, pour n’avoir pas à redouter une déviation ultérieure de ceux-ci (voy. fig. 47).
Les deux autres sutures ayant été appliquées de la même façon, en veillant à ce que les six points de sortie des fils prés du bord palpébral se trouvent tous également espacés de 4 millimétrés, on passe une perle dans chaque fil avant de serrer chacune des sutures. Pour obtenir une traction plus régulière lors de la fermeture des sutures, on peut faire usage d’une pince, dont les branches fermées sont appliquées sur les perles pendant que les deux fils glissent entre les branches lorsque l’on lire doucement sur les deux extrémités de la suture. Les deux bords de la plaie du tarse ayant été amenés en contact par la traction exercée sur la suture, on fait un nœud simple, en passant les fils plusieurs fois l’un dans l’autre, et on ramène ceux-ci sur le front où on les fixe avec du diachylon.
Ces sutures seront enlevées au bout de trois jours. Comme on a pu le remarquer, elles n’exercent directement aucune action sur la lèvre supérieure de la plaie cutanée; c’est qu’en effet il n’est nullement nécessaire d’agir sur elle : car les lèvres de celle plaie se rapprochent d'ellcsmêmes au moment où l’on ferme les sutures. Il est utile de faire usage de perles qui ont pour effet d’empêcher les sutures de couper la peau.
Bien souvent on évitera de pratiquer une opération aussi compliquée, en exécutant le procédé de Pcigenstëçher combiné à la tarsotomie longitudinale, ou le nôtre.
Un procédé dont on a beaucoup vanté les avantages est celui deM. B. Berlin1. Plus radical que celui deM. Slreatfeild , auquel il ressemble du reste, il a évidemment pour lui d’être d’une très grande simplicité : car les plaies tarsienne et cutanée sont abandonnées à la cicatrisation spontanée ; mais les traces qu’il laisse sont aussi en rapport avec celte grande facilité d’exécution. Voici comment ou procède :
Procédé de AI. Berlin.