EKKIC.\CITË DE LA CL'RE RADICALE
ciiises violentes. Je relôve, par exemple, le cas de l'un d'eux qui, resté guéri plus d'un an, récidiva h la suite d'une attaque nocturne dans laquelle ses adversaires le piétinèrent, et celui d'un garçon boucher qui resta bien guéri sept mois et vit sa récidive subvenir un jour qu'il soulevait un demi-bwuf. Ces deux sujets ne porlaietii aucun bandage.
Les autres étaient prévues comme celle du N" 8, porteur d'une hernie i^norme, un cas méritant à peine qu'on essayât d'intervenir. J'avais fait une autoplastîe spéciale et j'avais recommandé au patient de porter un bandage. Il resta guéri, travaillant fort, jusqu'au jour où, ennuyé Je son bandage, il crut devoir le laisser. Aprfes quin/.e jours de travail, sa hernie récidiva et il continua à travailler sans bandage jusqu'à ce qu'elle fût à nouveau volumineuse
RÉSULTATS DES OrÉRATIONS 29
Pour les résuUals permanents bien constatés, nous en avons 72, revus après plus de six mois. Nous comptons» des résultats 1res éloignés, comme le^s suivants : deux cas observés après plus de neuf ans. J'écarte de celte statistique le cas que j'ai observé après plus de quatorze ans, parce qu'il appartient à la hernie étranglée ; mais on peut le rappeler avec avant ige, d'autant plus qu'il appartient à une période où ]e ne pratiquais pas Topéralion de la cure radicale avec autant de perfection.
Je relève encore un cas après plus de sept ans -r un après plus de six — 2 après cinq ans — 5 après plus de quatre ans — 6 après plus de trois ans — 13 après plus de deux ans — 16 après plus d'un an — 28 après plus de six mois.
Les cas augmentent après les années, ce qui tient à une circonstance très naturelle : c'est qu'on a difficilement des nouvelles de ces opérés; mais quand ces opérés arrivent à un chiffre considérable,, on finit quand même par remettre la main sur quelques-uns d*entre eux.
A propos de» malades revus, j'ai une remarque des plus intéressantes à faire en ce qui concerne ceux de mes opérés qui n appartiennent pas à la clientèle hospitalière. J*ai là 15 observations assez anciennes pour qu'on puisse affirmer la persistance de la guérison. Dans ces 15 cas, la guérison s'eçt bien maintenue sans aucun accident , de récidivfi'
Précisément il y a plusieurs de ces observalions qui comptent parmï mes plus anciennes et ont déj& neuf, six, quatre, trois et deux ans de date.
On pourrait dire sans doute, & propos de ces cas, que les sujets sont dans des conditions plus favorables que les malades hospitaliers, parce qu'ils n'ont pour détruire les clTels de l'opération ni les efforts violents^ à Taire pour le travail, ni la misère il subir,el j'accorde qu'il y a là un point d'une certaine importance. Je crois mOme qu'en ville, certaines opérations pourraient se faire dans de bonnes conditions qui seraient à laisser de cAté dans la clientèle hospitalière. J'ai dit ailleurs que, pour la même raison, l'opératioD donnera clie^ les femmes des résultats encore meilleurs que chez les hommes.
Cependant, si tacs opérés de ville n'ont pas de lourds fardeaux à porter, il y en a plusieurs qui se
supprimer le bandage, loujours si difFicile et si délicat à supporter.
J*ai souvent fait examiner des sujets par des chirurgiens militaires et leur ai posv* la question suivante : « Pensez-vous que ce sujet serait pris par les conseils de revision? » Ils m*ont répondu par Taffirmative. Depuis, plusieurs sujets ont été pris par le conseil de revision. Le plus curieux de tous est, sans contredit, celui qui porte les N" 132 et 249 de la statistique. Ce jeune homme, âgé de dix-neuf ans, après deux opérations heureuses, s'est engagé et a été accepté comme bon pour le service. 11 était, du reste, fort remarquable comme perfection de réparation et ses cicatrices cutanées étaient si petites et si effacées qu elles devaient même à peine attirer l'attention.
L'étude des opérés de ville, que j'ai eu l'occasion de voir plus souvent et mieux que mes opérés hospitaliers, permet d'apprécier d'une manière générale les résultats de l'opération. C'est, en clTet, l'élude du sujet bien plus encore que l'étude de la statistique qui vous permet de dire que la région est solidement défendue et que, dans certains cas, elle peut conser\'er des caractères de faib!esse. C'est précisément cette étude qui me permet de dire que, s'il était possible de suivre les opérés hospitaliers comme on suit les gens du monde qui ont subi l'opération, on constaterait une solidité dont mes tableaux ne donnent pas une idée suffisante.
Je suis convaincu, pour ma part, que, parmi les opérés qui quittent le service de l'hdpital avec une cicatrice bien dure en forme de boudin, occupant toute la région herniaire e( remontant haut sur la paroi abdominale, la récidive est excessivement rare. Peut-être, en englobant les mauvais cas, celte récidive donne-t-elle 4 ou 5 0/0 de retour de hernie. Mais, si l'on s'en tenait aux bons cas, à ceux qui méritent avant tout d'Ctre opérés, celte récidive serait absolument inGmc, et j'estime qu'un sujet qui a subi la cure radicale aurait alors bien moins de chance de devenir hernieux pour un effort que bien des gens à paroi jusque-là intacte.
Parmi les opérés dont l'histoire a pu être complètement faite, on trouve le N" 105, sujet dont je dois l'observation finale i M. le docteur Delbet. J'en ai publié robscrvatlon tout au long dans un chapitre
hernie et indemne de toute dépression séreuse.
Les résultats, au point de vue du bandage, sont moins difficiles à déterminer que ne Tout dit la plupart des observateurs. Il n'y a pas, du reste, une question générale du bandage. L'expérience vous apprend que, quelles que soient vos intentions, même si vous le conseillez, Timmense majorité des opérés guéris ne porteront jamais un bandage quelconque. Je puis dire, pour ma part, que je ne fais pas porter de bandage, en indiquant cependant quelques réserves pour certains cas exceptionnels.
Cette question du bandage ne saurait être jugée d'une manière uniforme. Pour les gens qui ont eu une grosse hernie ou une très mauvaise paroi abdominale, il est sage de porter un bandage. Il en est de même chez les gens dont le gros intestin formait partie de la paroi du sac. Mais, dans la très grande majorité des cas, lorsque tous les temps de l'opération ont pu èlre bien complètement accomplis, je fais pbrier au-dessus de la cicatrice et de la région herniaire une pelote avec ceinture sans ressort. Cet appareil, qui n*a rien de commun avec un bandage ordinaire, a pour but d'éviter à la région opérée les gros chocs et de permettre aux cicatrices qui défimdenl la région herniaire d'achever en paix leur consolidation.
* Lorsque quelques mois se sont écoulés, je ne tiens
plus à ce qu'un opéré porte cette ceinture, et il n*a
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plus qu'une chose à faire; c'esl de se surveiller de façon à bien saisir le moment où il serait menacé d'une récidive. En effet, si à ce moment on peut lui appliquer un bandage, il est parfailemeat possible d'obtenir VattH dans la progression de la formation de la hernie, et l'on conserve alors, avec quelques précautions les résultats de l'opération.
Aprfes une bonne opération, lebandaçe est nuisible à la cicalrice.
Pour bien apprécier les résultats de l'opération, les chances de conservation de la cure radicale, il faut étudier séparément chaque variété de hernie.
Hernie inguinale.
La plus commune de toutes, la hernie inguinale.
Bien des hernies, du reste, qui ne sont pas classées anatomiquemeût parmi les congénitales, parce qu'elles necontiennentpas le testicule, sont, en réalité, de cette variété. Ce sont souvent celles qui, ayant subi dans Penfance un travail de réparation, ne communiquent plus avec la vaginale. Elles ont semblé guéries pendant une période plus ou moins longue, mais elles sont revenues. Elles diilèrent des hernies qui dépendent de^ Texlrëme faiblesse de la paroi et qui surviennent chez Tadulte en ce qu'elles sont très adhérentes à Tépididyme et se présentent chez des sujets relativement vigoureux. Elles donneront encore de très bons résultats. On trouve dans les mêmes conditions certaines variétés de la hernie qui n'existaient pas au moment de la naissance, mais se sont faites dans des fissures péritonéales persistantes. Au point de vue de l'excellence de la cure radicale, elles présentent les mêmes bonnes conditions que les précédentes et, à cet égard, comme nous le verrons, appartiennent bien à la hernie congénitale.
Les petites hernies sont ordinairement favorables. Cependant, il ne faut pas trop compter avoir chance d'éviter la récidive si Ton aaffaire à ces petites hernies peu saillantes, mais effondrant la paroi du canal très haut. Si ces hernies sont doubles, il vaut mieux ne pas s'en occuper si des accidents herniaires ne vous pressent, car, dans ces cas, on se verra fatalement amené à soutenir par un bandage upe paroi abdomi-*
EFFICACITÉ DE LA COItE RADICALE
nale absolument insuffisante. Il ne faut pas, du reste, s'exagérer la fréquence de ces cas et, en dehors d'eux, il en reste un nombre bien considérable auxquels on peut porter ud remède très ellicace.
Les très grosses hernies, en géDéral.sont de mauvais cas pour l'avenir. Je ne saurais trop répéter que le problème est beaucoup plus, pour le chirurgien, «/'«mpècher la hernie de devenir grosse que de la réparer une fois grosse. Alors, en effet, on se trouve en présence d'une baie énorme à combler, de viscères en excès pour la contenance de l'abdomen et souvent d'importantes portions du gros inteslia qui créeront un obstacle à l'achèvement complet de la réparation de la région. Cependant, on peut arriver à de bons succès ; j'en ai donné nombre d'exemples. Ces SUCCÈS seront d'autant plus faciles que l'opération
DtSULTATS DES OPÉRATIONS
Hernie crurale.
Chez l'homme et chez la femme, la hernie crurale est une vari(?lt? qui doit donner de très bons résultats. Mais il y a pour cela une condition à remplir: c'est que le chirurgien ne se contente pas d'une opération superriciclle. L'infundibulum dans lequel se loge le sac est beaucoup plus prorond qu'on ne le croit et l'on s'imagine souvent avoir dépassé le niveau de l'anneau crural dans sa dissection, alors que l'on n'a pas été au delù du fasciacrébrifornie. L'infundibulum séreux ou supérieur est ici, en réalité, plus difficile à atteindre que pour la hernie inguinale ; je montrerai pourquoi en exposant le procédé opératoire.
Hernie ombilicale.
La variété de hernie qui semble appelée à donner les résultais les plus franchement heureux est certainement la hernie ombilicale. Non seulement elle ne paraît pas devoir exposer à des accidents plus graves que les aulres hernies lors de l'opération, mais il semble que la persistance des résultats soit pour elle particulièrement assurée. J'ai opéré seulement un petit nombre de hernies ombilicales, comparé au grand nombre de mes autres opérations, et je n'ai eu devant moi que de très mauvais cas. Malgré cela, j'at eu pour tous, sans exception, les