‹ Chirurgie opératoire. Cure radicale des hernies, avec une étude statistique de deux cent soixante-quinze opérationsChapitre 9 sur 121 · DE MES OPÉRATIONS · texte numérisé non relu

DE MES OPÉRATIONS

Il est de mode d'opposer une fin de non-rccevoir à toute tentative faite pour la cure des hernies, en disant que ce sont, de leur essence, des maladies incurables; et, depuis des années, les chirurgiens ont fait valoir cet argument triomphant plutôt que d*avouer que Tinsuffisance ou les dangers de leurs procédés les détournaient de ces sortes d*opéralions. Cependant, la curabilité de la hernie, dans de certaines conditions, est un fait démontré. Chez des sujets jeunes, il y a des faits incontestables de guérison même par les bandages. A plus forte raison devrat-on admettre cette curabilité par une opération.

On peut même aller chercher des arguments très favorables à cette thèse dans des cas de kélotomie, faite jusqu'en ces dernières années.

L'opération de la hernie étranglée, mi^me dans les

EFnCACITÉ DK LA CURB RADICALK

plus mauvaises condilioDs, donnait des résultats bien intéressants à examiner. Un très grand nombre d'opérés mourant, les occasions de les constater n'étaient pas très communes. Cependant, on en rencontre encore de temps en temps; quelle est leur situation?

Malgré les conditions de la kélolomie, détestables pour la cure radicale, les plus heureux sont restés guéris; on en voit même qui ne portent pas de bandages. Mais ceux-là sont les plus rares. Chez le très grand nombre, la hernie a récidivé; mais alors encore beaucoup vous disent qu'ils en sont moins g^n<!s que par le passé. La hernie se réduit facilement, elle se mainlient bien réduite; aucun accident d'ordinaire après l'opération. Les malades insistent souvent sur ce point.

BÉSULTATS DES OPfiRATIrtî

J'ai revu tout ri^cemment un homme opéré en 1877 à rhdpital Lariboisière. Il n'a jamais porté de ban> dage et la cure radicale est resWe parfaite, soit après plus lie quatorze ans.

J'en ai renconlr»? d'autres cas, et je cite ces deuxlà comme remarquables et revus aprf^s une longue période.

J'attribue la Fréquence relative de la rure nidicale, même chez mes plus anciens opérés, à ce que j'ai, de tout temps, eu grand soin de scarifier le collet du sac en faisant des débri déments multiples. Ceci joint •'i la suture de l'anneau coii^ititue une condition favorable pour l'accollemenl définitif des surfaces.

Si j'ajoutai'* à cette indication d'opérés anciens celle d'opérés plus récents, j'arriverais sur un autre terrain, car, depuis 1880, ces derniers opérés ont élé traités systématiquement, pour la cure radicule de leur hernie, par des opérations complètes et quelquefois un peu complexes, et ne dilférunt pas cssenliellement de l'opération pour la cure radicale do la hernie non étranglée. Mais je puis dire dé jà que, chez ces derniers, la cure persistante est la rf^gle.

En somme, les faits autorisent à penser que, dans le cas de hernie étranglée, une opération peut apporter des modifical ions telles que cette hernie guérisse absolument ou que le patient soit placé dans des conditions beaucoup plus confortables. Ce qui lui reste de son ioBrmité est rendu trfes supportable, la contention

ïi EFFICACITÉ DE LA CUBE RADICALE

est facile, l'eiTort musculaire c<'t possible. Sa sUualîon est meilleure que celle des hernicux dont nous parlions au début et chez lesquels la généralité des médecins admet qu'il est facile de pallier la difTormité.

Rien que celte constatation autoriserait la tentative de la cure radicale pour obtenir ces résultats dans les hernies non étranglées.

Mais, quoi qu'on en ait dïl, mfme apr^sdes opéra lions anciennes de cure radicale proprement dite, il y a eu des cas de guérison bien nels. De notre temps encore, parmi les opérateurs de l'étranger, cfacx lesquels l'opération a été plus en faveur que chez nouâ, on a cité bien des faits incontestables de succès.

Depuis ce moment, du reste, la chirurgie a marché,

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la question, prendre une statistique en bloc, il devient impossible d'arriver à une conclusion.

Cela tient à des causes multiples. D*abord, dans une statistique qui compte les opérés par centaines, il est impossible de les comparer entre eux ; il faudrait établir des catégories dont les chances de récidive soient très différentes.

Puis, dans les services hospitaliers, on revoit plus souvent les sujets qui n*ont pas guéri que ceux qui n'ont plus aucun besoin de vous, et Ton a grande peine à avoir des nouvelles des sujets les plus satisfaisants. Même à cet égard-là, on a un véritable élément de jugement parles probabilités en considérant le petit nombre des malades qui sont venus demander un bandage.

Enfin, il faudrait faire deux classes distinctes des sujets qui sont dans la nécessité de porter un bandage et de ceux qui peuvent s'en passer.

Un premier fait très important ressort de tous les résumés que Ton peut lire dans mes tab'eaux. C'est que, dans un délai assez long, on n'observe pas de récidive primitive. Si Ton parcourt, au contraire, les observations de cure radicale de bien des auteurs ou si l'on examine des sujets ayant subi la cure radicale, au bout de six semaines ou de deux mois, on en trouve déjà un bon nombre qui ont récidivé. Or, dans mon service, les malades restent ordinairement d'un itiois à six semaines et, quand ils sont sortis au bout

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de trois ou quati-e semaines, je fais tout mon possible soit pour les envoyer à l'asile de convalescence de Vinccnnes, soil pour les obliger à revenir dans un certain di^lai pour chercher (|uelque pièce ni?cessaire. Dans les deux mois en question, je puis dire que je n'observe pas de récidive. J'ai pu, dans ce délai, constater que certaines opérations étaient imparfaites; mais je dois Taire remarquer que, pour ces cas rares, il s'agissait de sujets que je n'iivais pas pu opérer bien complètement et que je ne considérais pas comme des individus défînitivement guéris. Je dirai à l'occasion pourquoi un certain nombre de sujets chez lesquels le gros intestin se trouvait dans la hernie ont élé dans des conditions do réparation inférieure. Mais ce sont heureusement des faits relativement rares.

constatée, la proportion dans laquelle elle a été comptée est certainement bien plus élevée que la proportion dans laquelle elle se rencontrerait si Ton pouvait obtenir des nouvelles de la totalité des cas. En effet, la majorité de ceux qui avaient à se plaindre sont venus se plaindre suivant la coutume, et c'est Tinfime minorité qui est venue nous faire constater le succès. J'en ai même la preuve complète, pour quelques-uns, par les rapports dus à des parents ou à d*autres malades. Mais, tout naturellement, je ne me suis pas contenté de ces affirmations vagues , et ces on-dit n'ont pas trouvé place dans nos tableaux, quoiqu'ils aient bien quelque valeur.

Ces iOi opérations medonnent i4 récidives, que j'ai pu observer à assez longue échéance, toutes survenues, sauf une peut-être, pour de très mauvais cas. Si Ton estimait que cela doit représenter 14 récidives sur 101 opérations, on commettrait une erreur grossière. Ces i4 cas doivent, à bien peu de chose près, représenter la totalité des récidives survenues après mes 266 opérations. Que Ton remarque, à ce propos^ que non seulement les sujets dans ces conditions sont revenus se présenter d'eux-mêmes, mais que mes collègues me les ont envoyés avec soin, toutes les fois qu'ils ont pu observer des insuccès dans la clientèle hospitalière.

Plusieurs de ces récidives étaient parfaitement prévues par moi. Deux d'entre elles au moins ont eu des

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