‹ Chirurgie opératoire. Cure radicale des hernies, avec une étude statistique de deux cent soixante-quinze opérationsChapitre 37 sur 121 · HERNIE CONGÉNITALE AVEC BGTOPIE · texte numérisé non relu

HERNIE CONGÉNITALE AVEC BGTOPIE

et dont les testicules étaient en ectopie inguinale, n*avait pas trace de spermatozoaires dans son sperme. Mais il était très net en ce qui concernait ses prouesses génésiques, et il ne supposait pas qu*il pût y avoir un doute sur sa valeur virile et la paternité de ses trois enfants.

A cet égard, la pathologie du testicule est très instructive. On a vu Térection supprimée par la castration double, tandis qu*elle avait persisté avec des testicules depuis longtemps fort altérés par la maladie. La tuberculose testiculaire double donne cet exemple d'une façon très remarquable. II y a longtemps qu'on a remarqué que, malgré une destruction totale de la glande séminale par la tuberculose, non seulement l'érection persiste, mais elle peut se produire dans des conditions exagérées. Certains chirurgiens ont m(^me fait de cette observation un caractère de tuberculose testiculaire. Cependant, si Ton vient, en pareil cas, à supprimer les deux testicules, on a les plus grandes chances aussi de supprimer toute possibilité d'érection. Tl y en a des exemples célèbres. Une des raisons qui font reculer devant l'ablation d'un testicule tuberculeux, c'est qu'on arrive assez vite à voir l'autre testicule se prendre et à constater la nécessité pénible d'enlever les deux organes ; et on redoute les conséquences de cette double ablation des organes, bien qu'ils soient malades.

llERNm (JOnGËNITALE AVEC ECTOPIK

On peut ajouter encore que le teslicule a une valeur morale, m^me pour ceux auxquels il n'est utile ni au point de vue de la procréation, ni au point de vue dos satisfactions géiiésiqucs. Ce fait est si remarquable qu'il est impossible de n'en pas tenir compte. Aussi, me suia-je bien promis, dans le cas où je serais obligé de supprimer le testicule, de constituer par une greffe ou par un pelolonnemeot du tissu cellulaire une masse indurée dans les bourses, qui pût donner quelque illusion de consistance au sujet. 11 suffirait certainement, à beaucoup de ces sujets, de fort peu de chose pour entretenir celte illusion, parce qu'il n'y avait eu dans la région, antérieurement, qu'un organe imparfait.

Tout en n'accordant guère de valeur procréatrice au testicule à conserver, je pense donc qu'il faut, en

la cure radicale de la hernie par la castration.

Castration.

Il ne faut cependant pas considérer la castration comme un procédé de cure radicale^ et la simple ligature en masse du cordon et du sac herniaire ne saurait être conseillée.

On Ta fait autrefois systématiquement, mais sans aucun des résultats que nous devons obtenir.

Quand le sacrifice du testicule est résolu, il permet de détacher du cordon une couche plus épaisse de la séreuse avec quelques parties adhérentes et de pousser très haut sa dissection. Mais, en agissant ainsi, je fais séparément mes ligatures perdues sur le moignon herniaire et sur les éléments du cordon. Puis les deux moignons sont refoulés dans Tabdomen, On évite ainsi une adhérence qui peut ôtre douloureuse, tout en étant assuré de porter la dissection du sac très haut.

On verra plus loin que, chez la femme, dans la hernie congénitale, il faut appliquer un procédé tout différent, la séparation du sac et du ligament rond ne pouvant s'effectuer régulièrement. Heureusement, les inconvénients de cette ligature du ligament rond et

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du sac sont beaucoup moins marqués que ceux de la ligature du sac et du cordon.

Si l'on n'a pas fait cette castration au moineat de la cure radicale de la hernie, on peut être amené k la faire plus tard. Chez un opéré, je connais un testicule sensible, qu'il faudra certainement enlever, et j'ai eu l'occasion d'en enlever un sur un malade opéré par un de mes collègues.

Or, dans ce dernier cas, il était évident que la parcimonie opératoire avait été poussée beaucoup trop loin, car le testicule avait été conservé, mais la hernie aussi avait été également conservée. Il n'était résulté de l'opération que ta production de douleurs violentes et l'impossibilité de marcher. Après l'opération que j'ai faite, toute douleur disparut et la cure radicale vraie fut obtenue.

Les observations de M. Tuf fier sont intéressantes, parce qu*il a, dans des expériences sur les animaux^ montré que le fait de traverser le testicule par des sutures est sans inconvénient. Ce fait n'a pu surprendre beaucoup les chirurgiens qui ont ouvert un grand nombre de hernies. Pour ma part, je fixais le testicule en passant les fils à côté de sa substance oit en rintéressant, sans tenir grand compte du traumatisme, dans son parenchyme.

Depuis, on a donné le conseil non seulement de fixer le testicule solidement au fond des bourses, mais de suturer le cordon aux parois latérales, pour lui constituer une situation immuable. Je ne pense pas que ce précepte ail beaucoup pi us d*importance que les précautions parliculières pour la fixation du testicule.

Le testicule doit être amené au niveau qu'il occupera. Les bourses ne comprenant pas de domicile préparé pour lui, je le creuse avec le doigt. J'ai soia de faire mon trajet artificiel le plus prc^s possible de la base de la verge ; dans cette voie, la tendance du testicule à se cacher sous la branche pubienne est plus facile a obtenir, v'ette situation préparée, le testicule est lixé doucement \ ar des points passant à côté de lui ou dans sa substance, sans que je tienne beaucoup ù un mode ou à l'autre.

Toutes différences de suture ne font pas graud'chose. Si le cordon a été bien dégagé, si le canal in-

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guinal a été bien rereï-uiâ, ai l'aboiMement dultésticule estdevenufacileiomgrandtiramement, leschoBwre»leront en place. Dana le cas contraire, aucune suture n'empêchera le testicule de remonter vers la radne de la verge et d'aller' s'appliquer vers l'anneau inguinal externe. La eaatralion finira par 's'imposer.

- Celte castration secondaire a déjà dA être faite par plu3iei4rs opérateurs qui avaient compté l'éviter, et, comme je l'ai montré le premier, elle résulte non de l'imperfecliott des sutures et du procédé de fixation, mais de la nature des parties anatomiquep, cordon 1res court et rétraclile, organes insuffisam- ment développés et incapables de conserver leur place en situation normale. Contre de pareilles rétractions, on conçoit que des sutures sur parUes molles

mieux est de renoncer à une conservation qui mènera fatalement à des conséquences fAcheuses (i).

(1) J*ai reTii, le 23 jaoTier 1892, le sujet des observations 222 et 230, cnre radicale de bemie avec ectopie ioguinale double. Après 9 mois, le testicule gauche eét bien en place. A droite, il s'est un peu élevé; la solidité de la euro est irréprochable. Parmi mes opérés, on trouverait plusieurs résultats tout aussi satisfaisants. Mais celui-ci présentant des particularités très intéressantes, j*ai rapporté son observation tout entière au chapitre où je traite des suites opératoires pour le testicule.

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