‹ Chirurgie opératoire. Cure radicale des hernies, avec une étude statistique de deux cent soixante-quinze opérationsChapitre 45 sur 121 · CURE RADICALE DANS LA HERNIE TRAUMATIQUB · texte numérisé non relu

CURE RADICALE DANS LA HERNIE TRAUMATIQUB

Les hernies traumatiques ne sont pas très communes, mais les cures radicales pour ces cas sont plus rares encore. J'ai eu l'occasion d'opérer pour un cas très curieux et j'ai eu la bonne fortune d'avoir des nouvelles du sujet longtemps après l'opération. Je puis donc tirer des conclusions utiles de cette observation et indiquer avec certitude la voie à suivre.

L'opération que j'ai faite est assez caractéristique pour qu*il soit utile de donner l'observation en quelques mots :

Hernie traumatique au-dessus du pli de raine .

datant de deux ans.

Le 31 janvier 1887 est entré dans le service de M. Championniëre, à l'hôpital Tenon, un homme âgé de vingt-huit ans. Celui-ci avait, deux ans aupa-

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ravanl, retju sur la paroi abdominale antérieure ua coup (le pied de cheval qui lui avait HUéralcment ouvert le ventre el avait été suivi d'une longue suppuration. Il avait eu six mois de maladie, de sup]iurati«n, puis il s'était remis à travailler et la ticrnie s'clait produite et accrue riipidement. Sur la paroi antérieure de l'abdomen du cdté droit, à peu près h distance égala de l'arcade crurale et des fausses câtcs, on sentait une tumeur faisant, pendant la station debout, une prolrusion considérable. Celle fumeur, cjui avait plus ([uele voluuie du poiug, était douloureuse à la pression. Elle était réductible ou, pour mieux dire, on pouvait la chasser vers l'abdomen, la repousser en creux sans lu diîlacher de la paroi. En ce faisant, on péni5trail avec tout le poing dans l'abdomen ; la parc>i cicatricielle ù la surface était très mince, la e^ne causée nar celle dilTormité iJtait

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bien diJtuché et refoulé, tout le pourlour de l'oririce fibreux fui ovivi^ aux ciseaux. Huis dix sutures perdues de catgui furent placides sur cet orilice.

Par-dessus ce premier plan de sutures, un nouveau plan de trois sutures de cat^Eil fut plact^ sur les parties fibreuses périphériques qui pouvaient <^lre ranicni^ea au-devant du premier. Une partie de la peau cica- Iricictlu était exubérante et fut réséquée. Sur la peau, la suture fut pratiquée à l'aide de dix crins de Florence, puis un gros drain fut mis en place et le pansement habituel fut appliqué.

L'opération, Irf^s laborieuse, avait duré une heure cinq minulcs. Les suiles en furent très simples, saut des vomissements abondants. L'opéré, sur lequel M. Champijnnière désirait beaucoup constater les résultais opératoires, resta doux mois k l'iiàpilal et sortit dans l'élat le plus satisfaisant.

En avril 1891, soit plus de quatre ans après l'opération, M. Cbampionnière eut l'occasion de revoir ce sujet : la guérison s'était parfaitement maintenue ; et cependant il travaillait sans précaution cl ne portait guère de ceinture. M. Cbampionnière lui avait conseillé primitivement le port de cette ceinture parce qu'il paraissait raisonnable de soutenir une paroi qui avait subi un pareil effondrement, quelque satisfaisante que fitt sa réparation. Mais l'événement avait prouvé que la solidité de la paroi était telle qu'elle pouvait se passer de ce soutien.

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