‹ Chirurgie opératoire. Cure radicale des hernies, avec une étude statistique de deux cent soixante-quinze opérationsChapitre 53 sur 121 · DERNIB CHEZ LES ENFANTS 3S · texte numérisé non relu

DERNIB CHEZ LES ENFANTS 3S

naît encore des quantités considérables et en pleine putréfaction.

Il suffit d'être prévenu de la possibilité d'un pareil accident pour qu'il soit facile de l'éviter. Je suis bien assuré aujourd'hui qu'il ne se renouvellera pas pour moi. Les enfants présentant souvent des helminthes intestinaux, je me suis fait une règle de ne plus les opérer sans m'êlre assuré, par une série de purgatifs, que je ne rencontrerai pas cetle complication.

L'opération en elle-même ne présente pas de différence fondamentale avec celle que je pratique chez l'adulte. Le peu d'étendue des parties, la moindre résistance des tissus, constituent les différences ou les difficultés particulières à l'opération.

L'indication qui en découle est la suivante : il faut agir avec plus de douceur et prendre grand soin de détacher les parties très méthodiquement. La tâche est, du reste, facilitée chez Tenfant, parce que le décollement des séreuses est bien plus facile que chez ladulle^ On pourrait croire, par exemple, que la cure radicale d*une hernie congénitale présente des difficultés particulières. Il n'en est rien, parce que, bien que le testicule ne soit pas éloigné du canal inguinal à disséquer, on peut facilement détacher la pellicule séreuse, disséquer en dessus et en dessous du point sectionné, si on a le soin de la fixer assez doucement pour ne pas la déchirer. Toute violence est ici nui-

382 m RNIS CDEZ LES EKFANTS

sîble encore plus que pour la hernie de l'adulte.

La pelilesse du canal df'férenl rend assez d(^lieale la dissection de celui-ci; et il faut beaucoup de soin pour l'éviter ilanslescasaccompagnÉsd'eclopietesUculaii'e.

Cliez l'cnfanl, il ne saurait ôire question que de la cure radicale de la hernie inguinale. La hernie crurale n'existe pas, et, pour la hernie ombilicale, on ne la propose guère. On a peul-Otre tort dans certaines circonstances. En effet, chez les Irfts jeunes enfants, on a noté depuislongtemps la tendance de la ht;rnie ombilicale à la guérison spontani5e. De fait, celle hernie, si commune chez les tr?s jeunes enfants, est très rare dansia seconde enfance; et l'on peut estimer qu'elle a guéri spontanément, l'efficacité des bandages étant douteuse dans une énorme proportion de cas. II serait bon aussi d'ajouter que les rnranls porteurs

MERME CHEZ LES ENTAKTS 383

trouve, par Dxcm|>le, ua sac testîculaire contenant du liquMe, une véritable hydrocôlc. Il peut arriver que l'orifice du sac d'iiydrocèle soit assez large pour laisser pénétrer des anses intestinales. Dans ce cas, le sac a la forme d'un sablier, et quelquefois, outre le collet qui se Irnuve au milieu, il y a déjà un second collet en voie de formation ii la partie supérieure.

Dans d'autres cas, le liq\iide passe du sac dans le péritoine et du péritoine dans le sac. Mais les anses ne franchissent pas l'orifice, et un chirurgien inallentif peut admettre qu'il n'y a là qu'une hydrocële congénitale. Mais, en y regardant bien, on constate qu'audessus du point rétréci où passe le liquide il y a un înfundibulum séreux, véritable sac herniaire en voie d'évolution, et si, tors de la cure de l'hydrocMe congénitale, il est négligé, la hernie de l'avenir est assurée.

11 peut même arriver qu'entre l'hydrocéle et le culde-sac herniaire, il n'y ait pas seulement un orïfîce, mais un trajet assez tortueux et difflcile à suivre. Pourtant, ce trajet et le cul-de-sac qui le surmonte méritent bien d'être traités comme de véritables hernies, car ils constituent des voies ouvertes pour la descente des intestins.

On trouve chez l'enfant une disposition analogue dans un autre cas de lésion congénitale, dans l'ectopie tesliculairc. Dans ces cas, il semble que le testicule soit suspendu dans sa vaginale, le sujet étant

384 UERME CDEZ LES EHFAKTS

d'ailleurs indemne de liernie. Mais, si l'on regarde attentivement, on voit qu'au-dessus du testicule eclopié il y a encore un cul-de-sac péritonéal (ju'il est sage de détruire le plus tôt possible, parce qu'il y a là une hernie en formation. On en trouve lu preuve, du reste, dans ce dire, (rès commun des parents. On vous raconte, en vous présentant des sujels, qu"iU ont eu longtemps un testicule retenu à l'anneau, mais (]u'i's n'avaient aucune espèce de hernie. Puis, apr^s la descente du testicule, la hernie n'a pas lardé à se manifester. La cause en est évidemment dans le cul-de-sac que j'ai signalé.

La dél icatesse des parties à traiter, le peu d'étendue de la séreuse, peuvent Otre cause qu'il ne reste pas toujours assez d'étolTc pouT bien envelopper le testicule et lui former, à nouveau, une séreuse bien close.

HERNIE CUEZ LES ENTANTS 395

Dans Topération exécutée chez l'enfant, on est tenu de respecter le testicule le plus possible, puisqu*on ue sait pas absolument quel avenir lui est réservé. On doit donc insister sur les tractions qui doivent l'amener en sa région normale. On sera, du reste, très satisfait de constater que cet abaissement du testicule est plus facile chez l'enfant que chez l'adulte porteur d'une hernie congénitale, chez lequel le testicule s'est évidemment créé une situation définitive.

En somme, chez Tenfant entre six et quinze ans, l'opération se fait dans de très bonnes conditions de sécurité et de résultats défmitifs, et elle peut être proposée habituellement.

L'argument opposé à la cure radicale chez l'enfant est tire de la facilité et de l'efficacité de l'application du bandage. Or, sur ces points, il faut bien s'entendre. L'efficacité est loin d'être démontrée, comme l'affirment sans preuves bien des auteurs. L'insuccès absolu du bandage est chose commune. Son insuccès secondaire est chose commune aussi, caries cas de hernie qu^on a cru guéries et qui reviennent se rencontrent souvent.

Mais, en outre, l'application exacte des bandages est entourée de difficultés. Les partisans les plus résolus du bandage le veulent d'une construction irréprochable. Puis, chez l'enfant, il doit être renouvelé très fréquemment, car Tenfant grandit et use souvent le

bandage même avant le grandissement. L^applica-

iienn.bouz IBS mr^iKTs

lioji du bandage lïsL donc chose difticUe. Miiîs, eu otilrt-, elle est chose très coâteuso,ct les pauvres gens n'ont gutrii d'espoir d'en tirer un bon parti. Enfin, (Uns ccrlaîas milieux, le bandage est trt's diflicile à porter au vu et au su des camarades.

On le voit, les arguments ne munquuiit pas pour amener les parents à accepter une opi^ralion-conlre laquelle il y avait Eant de répugnance, Je dirai plus : une fois iiiformiîs, Jes parents ne com|ircniient plus qu'on les laisse duns l'embarras.

J'ai toujours présentes à la niCmoire Ifs obsorvutions du père d'un des jeunes sujets quç J'ai opéré aprës l'avoir traité parles bandages pendant trois ans; il était absolument irritÔ contre moi et ne comprenait pas comaiont, disposant d'une opération si simple, si satisfaisante, je lui avais imposé des fi-ais.

Page 1