LA SANTÉ GÉNÉRALE ET AMÉLIORE LA CONSTITUTION
Les chirurgiens affectent de coDSÎdérer la hernie
IlEdMK ET DtcntA«CE ORGANIQUR SId
dation sérail bien mieux jnslilii^e encore si l'on tenait compte de quelques-unes de mes observations.
La présence de la hernie chez les jeunes sujets parait entraver lo <lt5vcloppemenl de ces sujets. On aurailtort, comme on l'a fait quelquefois, d'estimer que, si le sujet ne se développe pas, ce n'est pas parce qu'il est hernicux, maïs précisément que, se développant mal, il est plus disposé à ^trohernieux. Si l'onvientÀ opi^rer un jeune sujet de quelque hornio importante, on voit qu'il prend rapidement du développement oprt^s l'opt^ration. J'ai vu . par exemple, un jeune sujet ultcint de hernie congénitale, resté assez polît et chOtif jusqu'à sept ans, remarquablement grandi et fort depuis sa guérîson. Quatre ans se sont écoulés cl je l'ai revu récemment. Je puis mAmfi dire d'une faiiongénérale que j'ai <!lé frappiî de la métamorphose de tous les jeunes sujets que j'ai opérés, puis revus quelques années plus tard.
Je puis dire plus encore : toits lex sujets opérés ont bénéficie' dans leur santé gén<5rale, quel que fiU leur dije. C'est une remarque cuiieuso que j'ai faite et qu'ont faite sans aucun doute tous les chirurgiens qui ont opéré beaucoup de hernies : c'est que les sujets que l'on revoit un certain temps apr&s la cure radicale semblent tout rajeunis, semblent régénérés. Il est bien manifeste que chez eux, sous l'inlluence de la disparition dos douleurs de toutes sortes, de la gt^ne constante, les phi^nonu'>nes de nutrition se mo-
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dîficnt. Si les sujets ne sont pas trop avancés en âg«, la vie se modifie com pi élément et l'inlluence secondaire sur l'i^lat général, inÛucnce que fon n'avait guère visée, est au moins aussi considérable que l'influence sur l'étal local.
J'ai observé d'une façon tr^s directe les effets de la présence des grosses hernies, de hernies anciennes sur l'état de la nulrition.
En eiaminant les sujets qui m'étaient adressés pour les opérer de grosses hernies ou de hernies anciennes, j'ai toujours procédé, comme je le fais pour tous tes sujets à opérer, à l'csamen de leur urine et j'ui été frappé du nombre considérable de sujets atteints d'albuminurie ou de diabi^te. La proportion en est si considérable qu'il est impossible de ne pas voir là une cause et un effet. Ce qui est remarquable ici, c'est qu'il s'agissait presque toujours de gens qui étaient jugés jouir de bonne sanlé et en état de subir de grandes opérations.
Les gens atteints de grosses hernies étaient les plus touchés par la déchéance. J'ai suivi longtemps un garçon de quarante et un ans atteint d'une hernie énorme, qui me priait de l'opérer ; son urine contenait des Qots d'albumine. J'ai réussi, par un régime laclé très sévère, h le modifier, puis, brusquement, son albuminurie a repris si largement que j'ai renoncé à l'onerer. Je ne parle là que de sujets d'un certain âge et largement albuminuriques, car j'ai
nenNiB et uÉCDËAncE onoA^touE 5âl
opi^ré plusieurs sujets donl les urines contenaient de l'albumine sans avoir vu d'inconvénients bien sérieux. Mais, dans ces cas, il s'agissait probablement d'albuminurie passagère. Ceux, au contraire, auxquels je fais allusion avaient bien l'albuminurie permanente incurable accusant une altération rénale et un vice de nutrition ancien. Je l'ai constaté tout récemment sur u» homme âgé de cinquante-quatre ans, utteint de hernie inguinale double ancienne, qui disait être si jféné par ses hernies difliciles à contenir qu'il souhaitait d'être opéré. M, le docteur Devillers, qui me l'avait envoyé, ne l'avait jamais soigné pour une maladie ou pour un malaise pouvant faire soup<;onner l'albuminurie, Cependant, c'était un idbuminurique dont l'urine contenait une quantité considérable d'albumine.
Ce qui est vrai de l'albunsinurie est encore plus vrai du diabète. Je l'ai observé A peu prés exclusivement sur les sujets porteurs de grosses hernies. Plusieurs des sujets étaient atteints de hernie ombilicale. On sait, du reste, que les sujets atteints de hernie ombilicale sont souvent des individus nbésos, et les deux causes peuvent agir simultanément.
On conçoit, d'après cela, combien j'ai raison d'attacher lie l'importance à celte formule, qui peut avoir l'aird'uoe vérité de La l'alice, qu'il faut non pas opérer les grosses hernies, mais les opérer pour les empêcher dégrossir. Faut-il, en effet, opérer sur les diabé-
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liqui^s? Je crois que, ilans ce cas, l'opération devrait ^tre si dangereuse qu'elle sortirait tout àfaitdu cadre de celles que j'ai recommandées. La raison d'èlre de la cure radicale doit iMre la sécurité de l'opéré.
Mais n'est-il pas bien évident qu'une fréquence de diabète et d'albuminurie si grande qu'il est facile d'en noter rapidement des exemples quand on al'occasion d'examiner souvent des hernies montre bien que les sujets atlcinls de hernies, et surtout de hernies volumineuses, subissent une déchéance incontestable de l'oi^anisme. 11 est plus que probable que la cause de déchéance organique, très importante pour une grosse hernie, existe dans une certaine mesure pour toutes les hernies. Noua ne saurions indiquer le mécanisme intime de cette déciii^ance, mais il nous paraît difficile de la nier. Aussi,àlousles arguments apportés en faveur de la cure radicale pour tous les cas particuliersquenous avons énuraérés, il faut joindre cette □otion générale que, pour tous, la cure radicale est de nature k rétablir un équilibre organique troubl<! par la difformité et à rendre à la nutrition ses forces régulières.
J'ai d'autant plus insisté sur ce chapitre que je n'ai vu nulle part signalée cette fréquence du diabète et de l'albuminurie dans les hernies grosses et anciennes, et je croîs qu'à tous les poinls de vue il est bon d'appeler l'attention des observateurs sur ce eujol.
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triiez les sujeU auxquels je fais allusion, il s'agissait d'albumiQurie définitive, incurable, au moins en ce qui concernait notre intervention.
Pour le diubûte, il en est de ra<*mc, et le fait n'était pas moins surprenant au premier aboril, car il ne s'agit pas de petites qunnlit<5s de sucre irrégulièrement constatées, mais de véritables diabétiques examinés à plusieurs reprises et présentant des quantités de siicro qui les roodaient inopérables.
Or, bien que le diabète non soupçonné ne soit pas cliose rare, on est frappé de sa fréquence dans les cas que j'indique. Coramo j'ai eu l'occasion d'éludier un nombre considérable de licrnieux, il m'e?l arrivé d'en rencontrer plusieurs dans la même semaine.
Peut-être peut-on admettre que la privation de mouvement que s'imposent certains sujets, que l'obésilé qui se développe pré m h tu rément chez beaucoup do tiernieux, contribuent à favoriser l'évolution du diabète. Mais, à coup sur, albuminurie et diabète caractérisent une déchéance organique qui se rattache directement à l'esistence de la hernie.
On a noté depuis bien longtemps le vieiltisacment prématuré des hernieux. Les hernieux de longue date paraissent pins âgés qu'ils ue sont réellement et on a noté qu'à partir do l'époque où la hernie s'est développée séricusoracnt chez eux ce vieillissement 5'est accentué.
La perte de la puissance musculaire est un autrç
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fait notable chez le hcrnieux, Fait qu'il ne faut pas cTagt^Ter, en ce sens que certains hernieux sont bien réellement des gens trf-s vigoureux. Mais il est certain qu'à mesure que la liernîe se développe, la puissance musculaire baisse, et celle perle de vigueur augmente avec une extrême rapidité à partir d'un certain développemenl, mOmc sut' un sujet jeune.
L'accroisscmenl de la hernie peut encore, même sur un sujet 1res jeune, produire mécaniquement un ti'ouble considi^rable des fonctions unnaires, des fonctions génitales; et la considération de ces faits doit contribuer beaucoup à faire prendre un parti opératoire. On peut discuter et contester ces dernières observations, tandis qu'albuminerie et diabète sont des caractéristiques précises, et l'on pi.>ut môme s'étonner, que jusqu'ici, elles aient échappé à l'observation.
En tous cas, ces constatations donnent un nouvel encouragement à opérer de bonne heure les hcrnieux.
La déchéance est le propre des hernies de date ancienne et de gros volume, et nous retrouvons partout la justification primitive de nos premières propositions.
Il faut opérer les hernies chez les jeunes sujets et avoir toujours pour objectif d'empôcher la hernie de croître. L'opération, pour une grosse hernie, n'est plus qu'un acte tardif et fatalement très inlérieur en