DE LA HERNIE ÉTRANGLÉS
de la septicité de ces liquides du sac, admise depuis longtemps par les chirurgiens.
Une ditTérencc essentielle qui existait entre mes opérations de kélotomie et celle de cure radicale n*oxiste [)lus pour moi; mais il est bon de la noter, car elle existe certainement encore pour bon nombre de chirurgiens. 11 est de mode de faire rapidement lopération de la hernie étranglée ; on la considère comme une opération assez simple qui ne comporte gui^re de relards et on Texécute d'ordinaire assez vivement. Or, si Ton agit aussi vite, les temps de dissection de séreuse deviennent impossibles à accomplir avec exactitude, et trop de hâte dans Topération vous laisse une région où il devient difficile de se reconnaître. Non seulement on ne distingue plus la séreuse, mais les organes essentiels du cordon sont difliciles à proléger de la dissection nécessaire et on risque de les blesser. J*ai raconté comment, dans ces circonstances, il m*était arrivé de couper le canal déférent. Il est vrai qu'il s'agissait d'une hernie étranglée que j*opérais la nuit. Mais je suis convaincu que, si j'avais à me trouver aujourd'hui dans les mrmes circonstances, la chose ne m'arriverait pas . Et, de fait, j'ai pratiqué depuis ce temps des dissections bien autrement difficiles, sans qu*il me soit jamais rien arrivé, même pour la hernie étranglée.
Les faits que je viens d*exposer montrent que, dans ce cas spécial de la cure radicale, on rencontre des
difficullés propres ausijuelles il faut songer quand on se met en Jemenre de faire une kélototuie qu'où a l'intention de compléter par la cure radicale- Mais, si l'on veut d'emblt^e faire son opération la plus simple possible, il faut avoir recours à une pratique qui n'est gutre adoptée par la généralité des opérateurs.
On opfre, en général, la ticrnîe étranglée avec !c8 habitudes des anciens chirurgiens; on fait di^s incisions placées pIutiH surle sac, dont on ouvre la partie saillante, que sur te collet ou sur l'obstacle. Une fois parvenu dans le sac, on y plonge le bistouri spécial ; et, comme le doigt qui sent la résistance du collet vous indique bien la région oii doit porter votre section, on ogilassczprofondément, Si, après cela, on veut disséquer le sac, on a toutes chances de fîiire une opération assez incomplète. 11 y a tout avantage a traiter la hernie étranglée comme je traite la hernie sans étranglement. J'ouvre largement le canal inguinal ou j'incise le fascia crébriforme en dehors du collet du sac avant de m'occuperde celui-ci. D'abord, le débridement est exlrémemcnt facilité- Le sac ouvert, non seulement on touchera le point rétréci qui étrangle, mais on le verra. Il devient alors tr^s facile d'entamer le moins possible la périphérie du sac. On l'incise toujours sur un point de la périphérie, mais il devient inutile de l'inciser en d'autres points et, s'il y a des adhérences voisines du collet, on les découvre et on les détache sans peine.