PROCÉDÉ DE IIOFFA-LORENZ
i*' TEMPS. — Incision des parties molles superficielles et découverte de r articulation. — Pratiquer une incision de loà i5 centimètres de longueur, suivant l'âge et le développement de l'enfant, allant de l'épine iliaque antéro-supérieure vers la base du grand trochanter, comprenant la peau, le tissu cellulaire sous-cutané jusqu'à l'aponévrose (fig. 255); on incise celle-ci sur les bords antérieurs des moyen et petit fessiers, et on libère ceux-ci de haut en bas jusqu'à leur insertion au trochanter, de façon à pouvoir les récliner en arrière et en dehors au moyen d'un écarteur (Lorenz).
Hofîa fait son incision parallèlement à l'axe du membre, un peu en avant du bord antérieur du grand trochanter, dépassant cette apophyse de deux à trois travers de doigt par en haut.
Fig. 255. — Réduction sanglante ; incision.
2^ TEMPS. — Incision et désinsertion de la capsule articulaire. — Les aides exercent une traction énergique sur le pied placé dans l'abduction; on voit et on sent la tête du fémur qui bombe sous la capsule et fait relief sous le bord du moyen fessier. Inciser alors la capsule obliquement de haut en bas et de dedans en dehors parallèlement à la direction de ses fibres longitudinales; faire d'abord une petite boutonnière, et, quand la capsule est ouverte, prolonger l'incision en haut et en dedans vers l'épine iliaque antéroinférieure, en bas vers la crête intertrochantérienne. La capsule est ainsi divisée dans toute son étendue, en comprenant dans cette incision le bourrelet cotyloïdien (fîg. 256).
On fait fléchir légèrement le membre pour relâcher la partie antérieure de la capsule, on introduit le doigt sous la lèvre interne de l'incision capsulaire, et, avec la rugifie ou un bistouri à résection on désinsèrela capsule en dedans, vers le petit trochanter (fig. 257) ; cette désinsertion est le temps peut-être le plus essentiel de l'opération ; la rétraction des fibres capsulaires antérieures, difficilement accessibles, souvent condensées en tractus très épais et très résistants, étant un des obstacles les plus sérieux à la réduction, il faut que ces trousseaux fibreux soient tous détachés au niveau de leur insertion fémorale; un aide portant le membre dans la flexion, dans la rotation en
RÉDUCTION DES LUXATIONS CONGÉNITALES DE LA HANCHE
dehors et dans l'abduction, permet au doigt du chirurgien de les sentir et de les suivre avec la rugine ou le bistouri. On poursuit ensuite la désinsertion des insertions de la capsule vers les régions postérieures et externes où elle est beaucoup plus facile. Il est moins nécessaire de l'exécuter complètement
FiG. 256. — Réduction sanglante ; incision de la capsule. Les muscles tenseurs du fascia lata et quelques faisceaux du petit fessier (i et 2), séparé des petit et moyen fessiers (3), dégagent la capsule (Ca), dont l'incision permet de voir la tète [TF) et le col [CFj du fémur luxé. E.I, l'épine iliaque antéro-supérieure.
en arrière du col fémoral où la capsule est toujours plus lâche et où elle ne constitue pas un obstacle à la réduction. Cette libération de la capsule étant achevée, un mouvement de rotation légère de dedans en dehors amène la tête fémorale entre les deux lèvres de l'incision.
Si le ligament rond est intact, on le soulève, on l'attire avec un crochet et on le coupe ou mieux encore on en résèque ce que l'on peut atteindre (1).
(1) Au lieu de désinsérer la capsule, on peut la sectionner perpendiculairement à la fente longitudinale qui a été faite en premier lieu (incision en T cruciale de Lorenz). Ce procédé a l'inconvénient de laisser à la partie antérieure de la capsule une cica-