RÉSULTATS DE LA RESECTION DANS LES ANKYLOSES DE LA HANCHE
L'interposition d'une lamelle musculaire parlo procédé de Nélaton semble devoir ajouter beaucoup aux chances de mobilité de la jointure; mais il faut se demander si cette néartlirose est une chose avantageuse pour le sujet. A la suite de ces résections, la mobihté s'obtient toujours aux dépens de la solidité, et, dans la très grande majorité des cas, il vaut mieux avoir une hanche peu mobile, ou tout à fait ankylosée en bonne attitude, qu'une néai*throse coxo fémorale très mobile, mais dans laquelle les surfaces articulaires, peu solidement unies, tendent de plus en plus à se quitter dans la marche.
Nous ne pouvons mieux faire que de citer les résultats éloignés observés par Oltier chez les sujets sur lesquels il avait pratiqué la résection de la hanche :
« Sur treize opérés, deux seulement ont une néarthrose mobile, susceptible de mouvements étendus de flexion, d'abduction ou d'adduction, et ce sont les résultatsles plus défectueux au point de vue de l'utilité du membre. Cinq ont une ankylose complète, il est impossible d'imprimer à leur articulation le moindre mouvement ; ce sont les sujets les plus forts et les plus vigoureux de notre série; ils sont en même temps les plus heureux au point de vue des services que leur rend journellement leur membre. Ce sont des marcheurs infatigables, qui ne souffrent jamais de leur membre et qui peuvent se livrer à des travaux réguliers et fatigants. Les six autres ont des ankyloses incomplètes ; chez les uns, la mobilité est à peu près nulle ; chez les autres, la cuisse peut exécuter quelques mouvements propres, mais ces mouvements sont très limités. Mais en comparant ces divers sujets, on voit qu'ils marchent d'autant plus longtemps et qu'ils boitent d'autant moins que le fémur est plus solidement fixé. »
Ainsi les néarthroses les plus mobiles sont en même temps les moins utiles. D'ailleurs, dans ces néarthroses, l'extrémité supérieure du fémur présente une tendance marquée à se porter en arrière et à se luxer dans la fosse iliaque externe, et dans ce cas la marche sur le membre réséqué n'est pas beaucoup plus sûre ni plus gracieuse que celle des sujets atteints de luxation congénitale de la hanche, dont ces opérés présentent la claudication particulière (Nélaton).
La résection orthopédique de la hanche paraît donc pour le moment ne trouver son indication que dans les cas oîi il est absolument nécessaire d'obtenir un certain degré de mobilité de l'articulation ankylosée. Ce n'est que dans les ankyloses bilatérales de la hanche que cette indication se présente; les malheureux qui sont atteints de double ankylose, lorsque celle-ci est complète des deux côtés, que les membres soient dans le rapprochement ou l'écartement, dans la flexion ou dans l'extension, sont le plus souvent contraints à se traîner dans les situations les plus antiphysiologiques et les plus gênantes, dans l'impossibilité de se tenir debout, de s'asseoir, de marcher, de se livrer à une occupation quelconque ; en leur rendant la mobi-
TRAITEMENT DES ANKYLOSES COMPLÈTES DE LA HANCHE
lité d'un de leurs membres intérieurs, on rend lolérable et possible une existence qui était odieuse. C'est pour obéir à une indication de cet ordre que Ch. Nélaton a pratiqué les deux opérations dont il a communiqué les résultats à la Société de chirurgie en 1902.
Dans ces conditions on commencera, suivant le précepte donné par Ollier, par faire la résection orthopédique d'un côté, en choisissant celui oii l'atrophie musculaire est la moins prononcée et où se trouvent réunies les meilleures conditions pour le rélabhssement des mouvements. Si on échoue, si les raideurs ou même l'ankylose se reproduisent, on tentera, en répétant du côté opposé la même opération, d'éviter les causes qui ont amené l'insuccès de la première ; si au contraire l'on est parvenu à obtenir d'un côté une néarthrose mobile, on se bornera, du côté opposé, à corriger par une ostéotomie l'attitude vicieuse, afin que l'opéré ait un membre solide sur lequel il puisse s'appuyer pour la marche, les mouvements récupérés par l'autre articulation suffisant à faire disparaître l'impotence totale qui résulte de l'existence d'une double ankylose. Enfin, si d'un côté comme de l'autre on échouait dans cette tentative de mobilisation, on aurait comme dernière ressource la possibilité de rechercher, dans une néarthose sous-trochantérienne, le rétablissement de la mobilité d un des membres inférieurs et l'on pratiquerait, pour l'obtenir, l'ostéotomie sous-trochantérienne, ou même une résection soustrochantérienne d'un segment osseux de quelques centimètres, en cherchant par l'interposition musculaire et surtout par une mobilisation précoce à empêcher la soudure osse.use des fragments.
On peut affirmer que c'est à cette indication que se limite, à l'heure actuelle, l'intervention de la résection orthopédique dans le traitement des ankyloses de la hanche. Toutes les fois que l'on a affaire à une ankylose unilatérale complète, c'est la correction seule de l'attitude vicieuse qu'il faut chercher, et il faut la chercher dans une ostéotomie qui, suivant le degré de la difformité et surtout du raccourcissement du membre, sera soit une ostéotomie sous-trochantérienne transversale simple, soit une ostéotomie Irochantérienne oblique suivie du traitement par l'extension continue
ARTICLE III
TRAITEMENT DE LA COXA VARA