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CHAPITRE PREMIER TRAITEMENT DE LA COXA VARA AU DÉRUT

Nous ne nous occuperons que du traitement de la coxa vara proprement dite, de celle où la déformation du col fémoral se développe pendant la période de l'adolescence, spontanément ou à la suite d'un traumatisme insignifiant, n'ayant pas déterminé de fracture appréciable du col du fémur. On sait que cette affection est caractérisée au point de vue anatomique :

1° Par une diminution de l'angle d'inclinaison que l'axe du col du fémur fait avec l'axe du corps et par l'affaissement du col fémoral ; celui-ci peut être porté si loin que la tête du fémur soit sur un plan inférieur à celui de l'insertion normale du col sur la masse trocliantérienne ;

Par une diminution de l'angle de déclinaison, angle que le col du fémur dirigé en dedans et en avant fait avec l'axe transversal des condyles, et d'où résulte la rotation en dehors du membre inférieur.

Au point de vue des symptômes, la coxa vara proprement dite présente deux périodes successives, qui sont:

a) La période du début, caractérisée surtout par de la boiterie, de la douleur, de la gêne de la marche, la contracture musculaire revenant d'abord par accès seulement, signes auxquels se joint bientôt une attitude vicieuse et une déformation croissante ;

6) La période de déformation confirmée dans laquelle on constate l'ascension du grand Irochanter, la rotation en dehors du membre et l'impossibilité de l'abduction, symptômes principaux résultant des modifications anatomiques que nous venons de rappeler.

TRAITEMENT DE LA COXA VARA AU DEBUT

Les moyens auxquels on peut recourir difîèrenl suivant que le cas auquel s'adresse le traitement appartient à Tune ou à l'autre de ces périodes.

A la période où la déformation se produit, et qui est marquée par l'existence de phénomènes douloureux, par l'apparition des raideurs, de l'attitude caractéristique du membre et delà claudication, il faut soustraire l'épiphyse fémorale supérieure à l'action nocive du poids du corps dans la station verticale et la marche. On prescrit donc le repos complet au lit, en y ajoutant l'extension continue au moyen de poids ; pour corriger l'adduction où est le membre, l'extension continue doit être pratiquée dans l'abduction ; l'appareil d'Hennequin remplit à merveille cette indication. Ce traitement est continué pendant des mois, jusqu'à ce que tous les phénomènes douloureux au niveau de la région de la hanche aient complètement disparu.

Il faut joindre à ces moyens l'emploi du massage, qui, en même temps qu'il active la circulation et régularise les phénomènes de nutrition, exerce sur l'extrémité supérieure du fémur une véritable action modelante.

Au bout de quelques mois, quand la correction de l'attitude vicieuse paraît acquise, on s'occupe de la mobilisation de la hanche, en faisant exercer à cette articulation des mouvements actifs et passifs d'abduction, de rotation en dedans, de flexion, de circumduction ; on utilisera avec avantage les appareils de Zander et de Krukenberg pour la mobilisation passive de la hanche, lorsqu'on les aura à sa disposition (voir fig. 274 à 277).

Pour rendre définitifs les bons résultats obtenus par ce traitement, il faut soustraire pour l'avenir le col fémoral à toute surcharge éventuelle. Aussi doit-on conseiller au malade d'adopter une profession assise, ou tout au moins une profession qui ne nécessite pas la station debout prolongée dans l'immobilité, la marche étant beaucoup moins défavorable.

Résultais. — Quand les sujets atteints de coxa vara proprement dite sont soumis à temps à ce traitement, on peut obtenir par l'immobilisation dans le décubitus, associée à l'extension continue par des poids, la cessation des phénomènes douloureux, la disparition de la claudication, en un mot, une guérison en apparence tout à fait complète; mais on ne peut affirmer que l'on arrive à une correction môme relative de la difformité. Nous avons cependant traité à l'hôpital de la Pitié, par ces moyens associés, un jeune homme atteint de coxa vara chez lequel nous avons pu constater un redressement très appréciable et un véritable allongement du membre ; mais le traitement fut interrompu, et le malade n'a pas été revu depuis. Bayer prétend que l'on peut arriver à ramoner le grand trochanter à son niveau normal. Fabricant aurait observé à la clinique de Grube, h Karkow, quatre cas dans lesquels on a de la sorteobtenu un allongement réel et notable; mais il s'agissait plutôt dedéformationsrachitiquesquede coxa vara propreraentdite.

Hoffa est très incrédule au sujet de la possibilité de produire un redressement véritable de la déformation.

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