CHAPITRE PREMIER GE.\U VALGUiM DES ADOLESCENTS ET DES ADULTES
Le genu valgum des adolescents est une affection à marche habituellement lente ; il est néanmoins des cas où la déviation s'accroît rapidement et suit une évolution rapide ; lorsque l'attention est attirée du côté du genou par la fatigue dans la marche, et dans la station par les doideurs et par l'apparition de la déviation , il faut ne pas perdre de temps et entreprendre de suite le traitement. Comme il s'agit d'une déformation professionnelle dépendant de la station debout trop prolongée, le premier soin doit être d'en supprimer la cause, de réduire au minimum la station debout et la marche, et même, si la déformation est prononcée et si elle paraît augmenter rapidement, de prescrire le repos absolu au lit.
Si le repos ne suffit pas à enrayer l'évolution de la maladie, et qu'on se trouve en présence d'une déformation constituée, on aura de suite recours au traitement chirurgical.
La déviation du genou qui caractérise le genu valgum, reconnaît essentiellement pour cause une déformation osseuse ; si donc l'on veut agir efficace-
GENU VALGUM DES ADOLESCENTS ET DES ADULTES
menl, il faut porter l'action sur le squelette lui-même ; cette action peut s'exercer progressivement en redressant graduellement la courbure vicieuse du membre au moyen d'appareils, ou brusquement, par une opération.
I 1.— Redressement an moyen des appareils inamovibles.
1° Redressement lent. — Si le sujet est un enfant de 8 à i2 ans, présentant une déviation des genoux moyennement prononcée, on peut en obtenir la correction au moyen d'appareils.
Cette correction ne peut être réalisée en une seule séance et avec un seul appareil, mais on y arrive par plusieurs actes successifs suivis de l'application d'appareils inamovibles.
L'enfant étant endormi au chloroforme et étendu sur la table d'opération, on applique par-dessus un maillot de laine ou de coton, qui enveloppe le membre et la partie inférieure du tronc, un appareil plâtré circulaire embrassant le bassin et la totalité du membre inférieur. Avant d'enrouler les bandes plâtrées, on a eu soin de matelasser avec de la ouate la région interne du genou, la région trochantérienne et la partie inférieure de la région externe de la jambe. Pour appliquer cet appareil, on se sert de bandes plâtrées de Sayre, auxquelles on peut ajouter, en dedans et en dehors du membre, une attelle plâtrée pour le renforcer.
Pendant que l'appareil durcit, le chirurgien exerce une pression continue sur la face interne du genou, tandis qu'un aide maintient le bassin et qu'un autre repousse la partie inférieure de la jambe en dedans.
Grâce à la laxité du genou et probablement à un léger degré de flexibilité des épiphyses, on arrive à corriger en partie la déformation. L'appareil, en se desséchant, maintient d'une manière définitive la correction ainsi obtenue. Ce redressement est presque toujours suivi de quelques souffrances passagères ; celles-ci s'atténuent et disparaissent en quelques jours.
Quelques semaines après celte première séance de redressement, l'appareil est enlevé ; on constate que le déplacement est corrigé dans une certaine mesure, mais que la jambe a une tendance marquée à se replacer en abduction. Si cette tendance n'est pas trop accusée, on peut laisser le membre sans appareil pendant quelques jours pour pratiquer quelques massages ; puis on fait une nouvelle séance de redressement, dans les mêmes conditions que la première, suivie de l'application d'un nouvel appareil plâtré.
II faut de la sorte répéter à trois et quatre reprises les séances de redressement et l'application des appareils ; quand la correction à laquelle on est arrivé paraît suffisante, on laisse en place pendant quelques mois le