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REDRESSEMENT INSTRUMENTAL

la sangle dorsale appuie sur le fémur, la sangle postérieure sur le tibia, et Ton exerce ainsi, avec une force qui peut être très considérable, une action tendant à redresser le membre.

Cet appareil, parles pressions opposées qu'il exerce sur les extrémités des os de la jambe et de la cuisse, s'oppose mieux que la plupart des autres aux subluxations du tibia sur le fémur, que nous verrons être l'un des dangers du redressement brusque des ankyloses du genou, et il nous paraît devoir être préféré à la machine de Gross, dont l'emploi est pourtant recommandé par Hofîa (fig. 352 et 353).

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FiG. H52. — Appareil de Gross pour le redressement des ankyloses du genou : a, tige métallique sur laquelle deux supports garnis de coussins d, destinés à fixer la cuisse et la jambe, supportés par des tiges métalliques c, peuvent se fixer au moyen de vis b à des distances variables de la vis e, qui exerce sur le genou une traction dans le sens du redressement au moyen des lacs g, qui se rattachent à l'extrémité/! de la vis e ; f, poignée de la vis.

Cet appareil est formé d'une forte barre horizontale en acier, sur laquelle se branchent deux supports verticaux terminés par des arcs métalliques rembourrés, présentant leur concavité transversalement, de manière à pouvoir supporter la partie postérieure de la jambe et de la cuisse qu'on y tixe avec des courroies. Entre ces deux supports, la barre horizontale présente un trou fileté que traverse une longue vis pourvue d'une poignée solide ; l'extrémité supérieure de cette vis est rattachée à une sangle qui embrasse la partie antérieure du genou. En imprimant à la vis un nombre de tours suffisant, on attire le genou vers la barre horizontale, tandis que la jambe et la cuisse sont fixés par les arcs métalliques sur lesquels elles reposent;

446 PROCÉDÉS AYANT POUR BUT LE REDRESSEMENT DES AXKYLOSES

on produit donc le redressement du genou avec une force à laquelle rien ne peut résister.

L'emploi des machines de cette espèce expose à de véritables dangers; ce sont les mômes que ceux qu'on observe dans le redressement manuel des ankyloses, mais bien plus grands encore, en raison de la force aveugle avec laquelle on agit. Dans les ankyloses du genou, un certain nombre d'obstacles analomiques s'opposent au redressement, tant du côté des parties molles que du côté du squelette. Nous rappelons les rétractions des ligaments postérieurs et latéraux du genou, celles des muscles et des tendons poplités, la transformation fibreuse du tissu cellulaire du creux poplité, le

FiG. 353. — Le meml)re, redressé par la vis de l'appareil de Gross, est fixé dans un

appareil plâtré.

raccourcissement qu'ont subi les vaisseaux poplités, englobés dans ce tissu conjonctif, modifié et adhérent, enfin la tension de la peau elle-même (|ui a perdu sa souplesse et son extensibilité. On conçoit les désordres que l'élongation de ces parties est capable de produire, lorsqu'elle s'elïectue dans un temps très court et par le fait d'une action mécanique qui ne peut être suffisamment réglée.

Les altérations qu'a subies la forme des condyles fémoraux et des tubérosilés tibiales ajoutent des obstacles plus sérieux encore à l'extension ; on connaît cette sorte d'hypertrophie des condyles, qui semblent s'allonger en même temps ({u'ils s'aplatissent d'avant en arrière; pour ramener le membre à l'extension, il faut faire repasser l'extrémité saillante des condyles dans l'espace limité par les ligaments latéraux et par les tubérosit('s tibiales, espace trop étroit pour leur donner passage; lorsqu'on veut triompher de la résistance opposée au redressement du genou par celte disproportion des

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