‹ Chirurgie orthop√àdiqueChapitre 185 sur 250 · CHAPITRE PREiMlER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREiMlER

TRAITEMENT DE L'HALLUX VALGUS

§ 1. — Soins relatifs à l'hyg-iène du pied.

La cause à laquelle on attribue généralement la production de Thallux valgus, réside dans l'usage de chaussures d'une forme défectueuse.

Il existe donc, pour cette afl'ection, un traitement prophylactique qui consiste à faire porter aux personnes qui présentent une tendance au développement de rhallux valgus, des chaussures d'une forme rationnelle, s'adaptant à celle du pied.

Les bottines fines, que portent surtout les femmes, se terminent par une extrémité pointue qui correspond non pas à la partie extrême du pied, mais à l'axe médian longitudinal de la semelle (fig. 478). Le bord interne de la chaussure se porte obliquement en dehors pour en gagner la pointe et tend constamment à repousser dans ce sens le gi'os orteil, l'extrémité digitale du pied se trouvant d'ailleurs à l'étroit dans l'espace qui lui est réservé.

En eflet, le talon de la chaussure, trop élevé (les talons Louis XVexagèrent à l'extrême cette disposition), transforme la semelle en un véritable plan incliné, sur lequel la plante du pied glisse dans la station et dans la marche, sa pointe venant s'engager toujours plus avant dans le coin que forme l'extrémité antérieure de la chaussure.

Les premiers soins de l'orthopédiste doivent donc être donnés à la surveillance, au choix et à la confection des chaussures, surtout dans le jeune âge où il importe d'assurer au pied un développement régulier : on doit

SOINS RELATIFS A l'hYGIÈiME DU PIED

proscrire les talons trop élevés, faire porter des semelles à bout carré (fig. 479) ou, si la mode exige qu'elles se terminent en pointe, prescrire que celle-ci soit dans le prolongement du premier métatarsien et non dans le prolongement de l'axe du pied (fig. 480). Il faut veiller également à ce que le pied soit assez soutenu au niveau du cou-de-pied et à ce que la semelle soit assez longue pour que le bout du pied ne puisse jamais venir buter contre l'extrémité de la chaussure. Mais il faut reconnaître que l'on obtiendra bien rarement des fabricants de chaussures et des principaux intéressés eux-

FiG. 478- — Forme défectueuse de la semelle favorisant la déviation du gros orteil en dehors.

Fig. 479-— Chaussure à bout carré.

Fig. 480.— Chaussure dont la pointe correspond à l'axe normal du gros orteil (Hoffa).

mêmes, qu'ils sacrifient l'élégance et la routine aux nécessités physiologiques.

§ 2. — Appareils orthopédiques.

Dans le but de redresser l'orteil dévié et d'éviter ainsi la pression de la chaussure sur la bourse séreuse qui coifTe l'oignon, on a imaginé de faire porter aux malades de petits appareils de différentes formes.

L'appareil de Bigg (fig. 48i) est formé d'une sorte de bracelet en cuir que l'on place sur le tarse et le métatarse, auquel on fixe une attelle métallique correspondant au bord interne du pied et présentant au niveau de l'oignon une petite capsule destinée à le recevoir. Elle se continue au delà sous forme d'une petite tige rectiligne, s'écartant, par conséquent, de l'orteil dévié.

TRAITEMENT DE l'hALLUX VALGUS

L'appareil étant en place, on réunit l'orteil à l'attelle par une sorte de bague ou de doigtier en cuir, serré avec un lacet.

Cet appareil redresse d'une part l'orteil, protège, d'autre part, la saillie angulaire de l'oignon, mais il est gênant dans la marche, et les malades, après quelques essais, ne tardent pas à l'abandonner.

HofTa emploie un dispositif imaginé par Noble Smith (fig. ^182) et qui est moins incommode et plus simple :

Il place dans la chaussure une semelle en cuir correspondant à la partie antérieure du pied et débordant un peu en dedans le bord interne du gros orteil. Deux trous sont percés près du bord interne de la semelle, dans le point correspondant à la partie antérieure de l'orteil. Celui-ci est engainé dans un doigtier en cuir ou, plus simplement encore, entouré d'une bande-

Fio. 481. — Appareil de Bigg. Fig. 48-2. — Api)areil de Nol)le

Smilh pour le redrepseinent de I hallux (Hoffa).

lette de diachylon qu'un fil, passé dans les trous dont est percée la semelle, attire vers le bord interne de celle-ci lorsqu'on exerce sur ses chefs une traction suffisante.

Nous avons souvent procuré un soulagement durable à nos malades en leur faisant porter une sorte de gaine en cuir durci entourant le gros orteil et son métatarsien : cette gaine, façonnée sur le moulage de l'orteil et de son articulation après redressement, s'oppose à la reproduction de la déviation «t fait disparaître les douleurs dans la station et dans la marche.

Page 1