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CHAPITRE II

C'est la gymnastique orthopédique qui est Télément essentiel, le pivot du traitement de la scoliose ; elle a pour but la mobilisation des courbures vicieuses du rachis qui en permet la correction, le rétablissement du sens de la rectitude et de l'équilibre entre les deux moitiés du corps, le retour des muscles moteurs du tronc, et surtout des érecteurs du rachis, à unétatanatomique et fonctionnel qui leur permette de tenir la balance égale entre les forces qui sollicitent la colonne vertébrale et dont l'action prépondérante dans un sens tend à lui imprimer une inflexion ou une torsion permanentes. Dans les cas graves et insolites, elle constitue, par cette mobilisation des courbures rachidiennes, la préparation obligée au redressement et à la contention du tronc dans l'attitude corrigée où on le placera ; dans les cas d'intensité moyenne, elle permet le redressement qu'on n'a plus qu'à rendre permanent par un moyen mécanique de soutien : dans les cas légers et pris bien au début, elle peut suffire à elle seule à arrêter le mal et à ramener la taille à un état de rectitude presque complet.

Elle se compose d'exercices généraux destinés à mobiliser les segments du rachis, à fortifier les muscles, principalement les muscles vertébraux, à développer le mécanisme de la respiration et à accroître la capacité thoracique. Ces exercices s'appliquent à toutes les variétés de la scoliose essentielle, quels que soient le siège, la direction et la forme des courbures anomales qui les caractérisent.

D'autres exercices, spéciaux^ sont destinés particulièrement à combattre certaines déviations déterminées, à remplacer une attitude vicieuse par une attitude inverse, à développer les muscles d'un côté plus que leurs congénères du côté opposé. Ces exercices conduisent, par une gradation des moyens qui les composent, aux tentatives directes de redressement par les manipulations, les manœuvres modelantes.

Chacune de ces sortes d'exercices comprend des attitudes et des mouvements ; ces altitudes et ces mouvements sont actifs, exécutés par l'élève lui-

LA GYMNASTIQUE ORTHOPÉDIQUE

même ; passifs ou imprimés par le maître; l'ésislanls, enfin, quand le maître commande à l'élève de faire un mouvement auquel il résiste, ou quand il imprime à l'élève un mouvement auquel il lui commande de résister.

Ces exercices d'ailleurs sont faits avec ou sans l'aide d'appareils et d'agrès très simples qui sont :

Une banquelle (ou plint) rembourrée ou garnie d'un coussin dur, étroite et dépassant en longueur la taille de l'élève ; dans les instituts orthopédiques on se sert de banquettes de deux hauteurs différentes ; le plint haut a yS cenmètres d'élévation au-dessus du plancher ; le plint bas, 35 à ^5 centimètres

FiG. 8. — Plinl élevé.

seulement. Le plint haut (fig. 8) est muni d'une banquette pour les pieds à 3o centimètres au-dessus du plancher. Dans la pratique de la ville, une simple banquette d'antichambre bien résistante peut suppléer à cet appareil.

Le mât horizontal (la borne, ou Wolmapparat) est une barre transversale, cylindrique, bien rembourrée, dont les extrémités se fixent à une hauteur variable dans les coulisses verticales que présentent les deux forts montants en bois qui la supportent. Le pied auquel sont fixés ces montants est pourvu d'une ou de deux courroies se terminant par une poignée, et dont la longueur peut être réglée par une boucle (fig. 9). Il est nécessaire d'avoir deux ou plusieurs barres rembourrées ou rouleaux de grosseurs différentes, qui puissent à volonté se fixer sur le même pied.

Le poteau de Kirmisson se compose de deux montants verticaux reliés

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entre eux par des barres transversales; à ces poteaux sont fixés des crochets qui soutiennent une ceinture transversale; un coussin mobile peut se placer plus ou moins haut entre les montants, de manière à correspondre à la partie du dos qu'il faut soutenir ou refouler en avant. Voici comment Kirmisson recommande de se servir de cet appareil : le malade se tient verticalement appuyé contre les montants, les talons réunis appuyés contre leur

FiG. 9. — Màt horizontal de Lorenz, modifié par Kirmisson (Mathieu).

partie inférieure, la pointe des pieds tournée en dehors. Le bassin est fixé parla ceinture transversale, le dos appuyant sur le coussin fixé à la hauteur voulue. Le malade, dans cette position, appuie par toute la partie ^'postérieure du corps sur les montants verticaux; la tête, droite et fixe, repose sur eux par la région occipitale. Les bras peuvent se fixer à une cheville traversant les montants au-dessus de la tète du malade (fig. 12 et i3).

Deux perches verticales parallèles, cylindriques, de 6 à 8 centimètres de diamètre, hautes de 2 m. 5o, et distantes de 70 centimètres environ.

La barre horizontale de suspension (barre fixe), pouvant se fixer à diflférentes hauteurs.

Des barres en bois léger de longueur variable et terminées par des boules en bois.

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Nous mentionnons seulement ici les appareils à suspension, particulièrement lappareil à suspension de Sayre (fig. loet ii), les échelles cervicale et dorsale dont nous aurons à parler parla suite.

Les exercices les plus simples, particulièrement les exercices généraux, doivent être répétés par les enfants une ou deux fois par jour, sous la sur-

FiG. 10. - Appareil à suspension de Sayre (Mathieu). pic. u.- Le môme, mode de fixation

de la tète et des épaules.

veillance d'une personne de leur entourage en l'absence du maître : les exercices spéciaux doivent toujours être dirigés par celui-ci. Chaque jour une leçon de gymnastique orthopédique d'une heure environ sera donnée ; le temps le plus favorable pour cette leçon est celui qui précède les repas. Il serait préférable de remplacer la leçon unique par deux leçons plus courtes.

La leçon pour être profllable ne doit causer aucune fatigue permanente ; il est donc nécessaire de graduer les exercices suivant l'état des forces des enfants et leur accoutumance, de les séparer par des intervalles de repos, ou par un temps de course rapide autour de la salle, comme Laisné près-

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crivait de le faire même dans la gymnastique pédagogique. Il faut faire alterner les attitudes slaLionnaires avec les mouvements actifs ou résistants faire en sorte que chaque exercice laisse reposer les muscles et les articulations plus particulièrement mis en jeu par Texercice précédent.

Beaucoup de souplesse, d'intelligence et d'autorité sont nécessaires au maître pour faire accepter des élèves des exercices souvent fatigants ou pénibles et dépourvus d'intérêt par euxmêmes ; il faut cependant que les enfants arrivent à les exécuter de bonne volonté et avec plaisir. Pour l'obtenir, il faut de l'entrain, de la vigueur dans le commandement lui-même ; il faut surtout que chaque exercice soit exécuté avec une régularité, une perfection, une conscience

FiG. 12.

Poteau de Kirmisson.

FiG. i3. — Exercice au poteau de Kirmisson (M"'' Nageotle- Wilbouchewitch).

parfaites ; toute exécution incomplète ou défectueuse est nuisible au lieu d'être utile. Aussi ne doit-on, dans chaque leçon, apprendre à l'élève qu'un ou deux exercices nouveaux au plus, et ne passer aux suivants que quand les premiers sont exécutés d'une manière tout à fait satisfaisante; dans chaque leçon, par conséquent, on commencera par faire répéter à l'élève les mouvements appris dans la séance précédente; passant aux exercices nouveaux, il faut que le maître les exécute d'abord lui-même devant l'élève, ou les fasse exécuter par un élève plus avancé. Les commandements doivent être énergiques et clairs ; en commandant un mouvement on

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doit toujours s'assurer que l'élève est disposé à obéir et se trouve dans l'altitude régulière reconnue comme position de départ.

Pendant les repos, les élèves se placeront dans le décubitus dorsal sur le matelas horizontal ou sur le plan incliné. S'ils restent debout, ils conserveront constamment une attitude régulière et le hanchement leur sera particulièrement interdit.

Nous allons passer en revue quelques-uns des exercices les plus simples et les plus recommandés dans le traitement de la scoliose essentielle. Nous prendrons pour type la variété la plus fréquente de scoliose, la scoliose dorsale primitive à convexité tournée vers la droite, avec courbure de compensation en sens opposé, c'est-à-dire à convexité gauche consécutive à la région lombaire. Nous indiquerons plus tard quelles modifications l'on fait subir à ces exercices dans le cas de scoliose dorsale primitive à convexité gauche ot dans les autres formes de la scoliose, scolioses à grande courbure, scolioses lombaires primitives, scolioses irrégulières. Pour de plus amples détails sur la technique de la gymnastique orthopédique, nous renverrons le lecteur au Traité de gymnasliqiie suédoise du professeur Wide (de Stockholm), au Traité pratique des déviations de la taille de M. Redard, et surtout à l'intéressant et si complet ouvrage de Mme Nageotte-Wilbouchewitch ^.

Nous ne saurions clore ce paragraphe consacré aux généralités sans insister sur l'appui que la gymnastique orthopédique trouve dans l'emploi de moyens connexes, qui sont le massage, Vélectrisation et V hydrothérapie.

Il n'est point de gymnastique sans massage ; le massage préalable assouplit les masses musculaires et les dispose favorablement à l'exercice qu'elles vont accomplir; il agit en outre directement sur la circulation, sur l'innervation, sur la nutrition musculaire, dont il est un excitant des plus actifs : toute lecjon de gymnastique gagnerait à être précédée d'une séance de massage portant surtout sur les muscles des gouttières vertébrales, des flancs et de la nuque, sur les muscles de l'abdomen, sur les muscle? fessiers.

Dans les cas plus sérieux, ces massages seront le prélude des manœuvres modelantes, des tentatives manuelles de redressement par lesquelles l'orthopédiste s'attaquera directement aux courbures anomales pour les combattre.

Quand il s'agit de fortifier les muscles, l'électrisation ne saurait être négligée : aussi dans les scolioses aura-t-on recours à la faradisation quotidienne des muscles défavorisés, diminués dans leur masse et dans leur activité fonctionnelle, principalement à celle des muscles des gouttières vertébrales appartenant au côté convexe. L'emploi des courants de nutrition, de

* Mme Nageotte-Wilbouciiewitcii, Ailcis manuel de gymnastique orlhopédique. Paris, 1903.

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courants galvaniques peu intenses peut également rendre des services, surtout lorsqu'à la fin de chaque séance on exerce la contractilité des muscles par des fermetures de courant au moyen du bouton interrupteur et en pratiquant quelques interversions de courant.

Il faudrait enfin n'avoir jamais vu la colonne vertébrale se redresser sous l'action de la douche froide pour douter de l'influence que l'hydrothérapie bien maniée peut avoir sur le redressement de ses courbures. La douche agit à la fois comme tonique général et comme stimulant de la contraction musculaire : chaque leçon de gymnastique orthopédique devrait être suivie d'une douche générale ; on insistera surtout sur l'emploi du jet brisé dirigé sur la région vertébrale ; pour accoutumer les enfants à l'eau froide, il est bon de recourir d'abord à des douches tempérées ou tièdes, que l'on fait suivre d une douche froide très courte ; celle-ci peut être employée seule quand elle est bien supportée. La douche froide ne doit jamais durer plus de quelques secondes, quinze ou vingt au maximum.

§ 1. — Exercices généraux.

1» Redresser la colonne vertébrale par l'effort de la volonté, tel est le

principe sur lequel Kjôlstads et, depuis, A. Tidemand ont fondé une méthode qui est presque une méthode d'auto-suggestion. L'enfant étant debout, les talons joints, les pieds ouverts à angle droit, on lui apprend à se représenter devant lui une croix dont la barre transversale serait à la hauteur de ses épaules ; l'élève doit s'identifier à la barre verticale de la croix, s'appliquer à confondre avec elle l'axe longitudinal de son corps, puis, élevant lentement les bras jusqu'à l'horizontale, il doit les superposer en quelque sorte à la barre transversale ainsi figurée. On restitue ainsi le sens de la ligne droite à l'enfant, et on lui apprend à rectifier automatiquement son attitude de manière à s'en rapprocher le plus possible.

Pour facifiter cette conception, on peut mettre l'élève en face d'une glace sur laquelle la croix en question est tracée à la craie ; il peut constater luimême de la sorte jusqu'à quel point ses efforts se rapprochent du but qu'il doit atteindre.

a) Le sujet étant donc dans l'attitude que nous avons décrite, on l'engage à redresser spontanément le corps comme s'il voulait s'allonger et toucher le plafond avec la tête, mais sans quitter terre des talons et sans élever les épaules ; le mouvement de redressement, pendant lequel l'élève fait une forte inspiration, est maintenu quelques secondes, et suivi d'une pause ; on le répète dix ou vingt fois de suite.

Pour aider ce redressement actif, Tidemand fait porter aux enfants une

BERGER ET BANZET. 3

LA GYMNASTIQUE ORTHOPEDIQUE

ceinture embrassant le contour pelvien, et supportant deux poignées que l'enfant saisit avec les mains (fig. i3). La contraction des membres supérieurs donne un double point d'appui à l'extension du tronc.

b) On peut faire exécuter ce redressement actif sous une toise dont, la barre, reposant sur la tète de l'élève, est plus ou moins chargée; la gradua-

FiG. 14. — Redressement au- Fig. i5. — Redressement automatomatique de la colonne ver- tique de la colonne vertébrale,

tébrale, ceinture de Tidemand (Redard). ,

tion de la toise donne la mesure de l'élongation obtenue par le redressement volontaire du tronc (Vermeulen, voir p. i3i, fig. 117).

c) Le même exercice, sans se servir de la toise, peut être fait dans la station verticale, mains à la nuque ; le tronc bien redressé et rectiligne, les bras sont placés en extension latérale, les avant-bras fléchis, les mains ouvertes el se touchant par l'extrémité des doigts, reposant par la face palmaire de ceux-ci sur la partie inférieure de la nuque (fig. i5).

Pour développer chez l'enfant le sens de la rectitude, Tidemand lui apprend en outre à se représenter un poids tel qu'un fil à plomb, suspendu

EXERCICES GÉNÉRAUX

à l'ombilic, poids qu'il doit soulever de terre par le redressement du tronc sans s'élever sur la pointe des pieds.

Les exercices généraux ont lieu soit dans le décubitus dorsal, dans le décubitus ventral, enfin dans la station, avec ou sans appui.

Nous suivons pour la plupart d'entre eux le classement et la description donnés par Nageotte-Wilbouchewitch.

2° Décubitus dorsal. — L'élève est couché parterre, talons joints, épaules au même niveau, tète droite, bras étendus le long du corps en supination complète, afin de ramener les épaules en arrière en développant la poitrine ;

FiG. 16. — Exercice de développement (d'après M"ie Nageotte-Wilbouchewitch).

l'élève doit appliquer au plancher toute la surface postérieure du corps en effaçant le plus possible l'ensellure lombaire ; en partant de cette position, on fait exécuter les séries de mouvements que voici et dans chacune desquelles on fait travailler successivement les diverses parties du corps ; chaque

mouvement est répété de cinq à dix fois en comptant en cadence ; chaque mouvement doit être accompagné d'une inspiration profonde ; il se termine par le retour rapide à la position de repos (position initiale).

Série A. — a) Les bras étendus en supination le long du corps sont portés: a) en croix; p) sur les côtés de la tète, aussi tendus que possible (fig. iG).

6) Lever chaque jambe jusqu'à la verticale, genou tendu, tandis que l'autre membre reste immobile.

c) Tourner la tête de chaque côté jusqu'à ce que la joue touche la terre sans modifier la position des épaules, du tronc ni des membres supérieurs.

Série B. — a) Les avant-bras fléchis, les poings fermés placés en avant

Fig. 17. — Exercice de développement.

des épaules, sont successivement portés par l'extension brusque des membres supérieurs dans les quatre directions : a) en bas, le long du corps ; [î) en croix, transversalement ; j) en avant, verticalement ; S) en haut, sur les côtés de la tête (fig. 17).

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b) Écarter chaque membre] inférieur, le genou tendu et le porter dans l'abduction forcée, puis le ramener au contact du membre opposé.

c) Fléchir la tête jusqu'au contact du menton et du sternum, revenir lentement à la position de repos.

Série C. — a) Tour de bras ; mouvement circulaire, les bras en supination décrivent un demi-cercle en rasant la terre pour se rejoind re au-dessus de la tête ; là les doigts s'entre-croisent, l'élève s'étire le plus possible et ramène les bras parallèlement en décrivant un demi-cercle dans un plan vertical.

b) Tour de jambe (fig. 18) ; la jambe tendue est levée verticalement, portée

FiG. 18. — Tour de jambe.

en dehors, à terre, et ramenée à sa place initiale, le reste du corps restant immobile.

c) Tour de tète : la tête est d'abord fléchie ; le menton arrivé sur le sternum, la tête s'incline de manière à amener l'oreille au contact de l épaule, et revient à la position de repos par le même trajet.

Série D. — a) S'asseoir sans s'aider des bras, le dos droit, la tête droite ; se recoucher très lentement sans arrondir le dos.

Cet exercice, qui agit puissamment sur les muscles érecteurs du rachis, sur les psoasiliaques en particulier et sur les grands droits de l'abdomen, est difficile ; on aidera l'élève, dans les commencements, en fixant les deux membres inférieurs par terre.

Le même exercice peut être exécuté sur la banquette ou le plint, le tronc dépassant en partie l'extrémité de celui-ci ; dans ce cas, les jambes doivent être fixées par une sangle à la banquette. Il se fait mieux encore dans la sta-

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tion couchée avec les jambes pendantes à l'extrémité de la banquette; rélève, assis sur lextrémité du plint élevé, les jambes pendantes, se couche sur le dos, les mains sur les hanches ; les genoux sont fixés au plint par la sangle ou par le maître ; 1 élève se relève alors doucement en avant (fig. 19). Ce mouvement, qui est fatigant, doit être fait très régulièrement et graduellement; il doit être aidé au début par le maître. Plus tard, on peut l'exécuter

Fig. 19. — Relèvement du tronc dans le décubitus dorsal.

comme mouvement résistant, tandis que le maître résiste au mouvement avec la main appuyant sur le front dans le relèvement, sur le dos ou sur l'occiput quand l'élève se recouche. On doit observer un petit temps d'arrêt aux positions extrêmes, assise et couchée, pour permettre à l'élève de respirer.

6) L'élève dans le décubitus dorsal lève les deux jambes tendues et rassemblées jusqu'à la verticale pour les abaisser ensuite lentement.

3° Décubitus ventral. — A. Relèvements de la tète et du tronc. — a) L'élève couché à plat ventre sur la banquette, les membres inférieurs solidement maintenus par un aide ou par une sangle, les deux ,mains placées

EXERCICES GÉNÉBAUX

derrière la tête, relève d'abord la tête, puis le tronc en s'arquant en arrière aussi fort que possible, et en faisant une grande inspiration. Après être resté

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G . 20. — Relèvement de la tête et du tronc dans le décubitus ventral, position initiale

quelques instants dans cette position, il revient doucement à la position initiale (fig. 20 et 21 ).

FiG. 21. — Le même mouvement, redressement effectué.

6) Le même exercice se fait les deux membres supérieurs fortement tendus derrière le dos, les mains rapprochées derrière le siège (fig. 22 et 28).

c) Quand l'élève, est plus accoutumé, on fait le même mouvement en station couchée faciale avancée, la partie supérieure du corps dépassant l'extrémité du plint; il faut, dans la position de repos, que le maître soutienne par les aisselles l'élève qui appuie ses mains sur ses épaules. L'élève abandonne cet appui et se maintient horizontalement étendu ou même plus ou moins arqué en arrière, par sa force musculaire, les mains aux hanches, ou croisées derrière la tête, ou les bras étendus au-dessus de la tête ou en croix (fig. 8). — Chaque soulèvement est suivi d'une pause de quelques secondes.

/io

LA GYMNASTIQUE ORTHOPEDIQUE

Ces exercices, quoique fatigants, ne sauraient trop être recommandés : ils agissent puissamment pour fortifier les muscles érceteurs du tronc ; on les

FiG. 22. — Relèvement de la lète et du tronc, position initiale, transforme souvent en exercices spéciaux de redressement en donnant aux

FiG. 23. — Le niéinc mouvement achevé.

membres supérieurs une attitude en rapport avec la forme de la déviation à corriger.

B. Natation. — L'élève, couché sur le sol, relève l'avant-corps en exécutant

FiG. 2/|. — Mouvements de natation.

avec les membres supérieurs le mouvement circulaire de la brasse, mais on laissant les paumes en supination constante, contrairement à Tattiludo réelle

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de lanalation, afin de ne pas détacher les omoplates du thorax (fig. 24) ; les coudes ne doivent pas s'appuyer par terre, pour éviter l'ensellure passive (Mme Nageotte-Wilbouchewitch).

C. Relèvements des membres inférieurs. — a) Dans le décubitus ventral, lever chaque jambe tendue aussi haut que possible en arrière en la portant dans l'hyperextension, la tête reposant sur la joue du même côté.

b) Les deux membres supérieurs étant fortement étendus derrière le dos, les mains rassemblées au niveau du siège, relever aussi haut en arrière que possible les deux membres inférieurs assemblés et fortement étendus ; cet exercice est difficile, fatigant, mais très efficace pour exercer les fessiers, les carrés lombaires, la masse sacro-lombaire.

Fig. 25. — Cheval mécanique (Mme Nageotte-Wilbouchewitch).

D. Mme Nageotte-Wilbouchewitch conseille enfin un mouvement qu'elle compare à celui du cheval mécanique des foires et dans lequel l'élève, placé dans la position genii pectorale, exécute des mouvements de va-et-vient du tronc parallèlement à l'axe longitudinal du corps (fig. 25).

4" Station debout. — a) L'élève, adossé ou même attaché par la ceinture au mur ou à un poteau, appliquant contre ce plan toute la face postérieure du corps, tenant les membres supérieurs en supination, répète avec appui d'abord tous les mouvements appartenant aux trois premières séries . (A, B, C) de ceux qu'il a exécutés dans le décubitus dorsal.

Quand il a pris l'habitude de conserver l'équilibre et de se tenir droit sans ensellure, les mêmes mouvements sont répétés sans appui dans la station debout (fig. 16 et 17).

b) Il faut y joindre des mouvements de flexion du tronc en avant, que l'enfant, fixé d'abord au poteau par la ceinture, puis libre, exécute vivement, comme s'il voulait chercher la pointe de ses pieds avec l'extrémité de ses doigts étendus, toujours en supination ; ce mouvement de flexion est suivi d'un mouvement de redressement par lequel le corps se remet dans la rectitude, les deux membres supérieurs s'élevant dans la verticale des deux côtés

de la tête aussi haut que possible pendant que l'enfant fait une profonde inspiration; puis, après une courte pause, les deux bras étendus sont rabattus en croix d'abord, dans le plan du tronc, puis le long du corps, pendant que l'élève fait une expiration.

c) Exercices avec les perches (fig. 26) : l'élève saisit les perches au-dessus

de sa tête, et, les deux pieds placés entre elles, se porte en avant aussi loin que possible, puis il revient en arrière tout d'une pièce, sans néanmoins plonger en arrière avec le bassin.

Ces exercices sont essentiellement des exercices actifs; mais on transforme à volonté certains d'entre eux en exercices résistants, le maître opposant une force calculée à leur exécution. Il en est ainsi surtout pour les mouvements de redressement du tronc dans le décubitus ventral, particulièrement dans la station couchée faciale avancée. Une pression graduée, exercée avec la main sur l'occiput, sur la nuque, sur le dos, permet à l'élève de développer dans l'exécution du mouvement une force de plus en plus considérable.

Un grand nombre d'exercices orthopédiques peuvent être exécutés avec les agrès ordinaires de gymnastique : les anneaux, le trapèze, la barre fixe, l'échelle Fig. 26. — Exercice d'assouplissc- horizontale ou oblique.

ment aux perches (Milculicz). Qu trouvera dans la récente publica-

tion de MiktUicz et de Mme Tomasczewski la description de ceux qui peuvent être le plus utilement prescrits'.

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