AUTOPLASTIE P.\R LA METHODE ITALIENNE
de celte marque, le patron qui figure le lambeau sur la région où il doit êlre taillé, on en dessine tous les contours sur la peau du tronc. Ces essais veulent être répétés un certain nombre de fois ; il faut les faire suivre de Texpérience inverse, en figurant le lambeau avec ses dimensions présumées par un patron d'étoffe, que l'on fixe sur le tronc, par l'extrémité qui représente son pédicule, au point où l'on a reconnu que le lambeau doit venir s'attacher par son pédicule. En rapprochant alors le coude du tronc, et en appliquant sur lui le patron, comme à la fin de l'opération le lambeau sera fixé, on vérifie s'il correspond bien, comme forme et comme dimensions, à celles de la surface qu'il doit recouvrir, s'il s'applique aisément sur elle, s'il n'est ni tiraillé, ni tordu au niveau de son pédicule. Ces essais multipliés permettent de constater si le lambeau qu'on a choisi remplit bien toutes les conditions requises : il faut en effet qu'il recouvre, dans toute sa surface et sans traction exercée sur ses bords, la perte de substance qu'il doit réparer; il faut qu'il lui corresponde par toute sa surface cruentée et non par ses bords seulement, car l'adhésion en surface est la condition essentielle de la vitalité des grelTes par approche; il faut que le pédicule ne soit ni tordu, ni replié sur lui-même, qu'il ne soit surtout pas comprimé entre le coude et le tronc; il faut qu'il soit assez long pour éviter les tiraillements, pas assez long pour être flottant néanmoins; car sa surface cruentée, qui n'est pas recouverte, est exposée à la suppuration et à la dessiccation. Il faut enfin que ce pédicule soit pris de telle sorte qu'il corresponde à l'abord des vaisseaux qui donnent à ce territoire de peau son irrigation sanguine, afin que dans la dissection du lambeau on ne soit pas trop exposé à intercepter les sources de sa nutrition ; ce n'est cependant pas une règle absolue, car cette condition ne serait pas toujours réalisable ; j'ai parfois fixé sur le pli du coude des lambeaux dont le pédicule était situé en avant, le sommet dirigé en arrière ; il vaut mieux de toutes façons que le pédicule soit pris sur les régions situées plus haut, plus près par conséquent de l'abord sanguin, (|ue le corps du lambeau lui-même.
Le tracé des lambeaux est la seule question qu'il faille résoudre à l'avance ; il n'y a pas à s'occuper ici, comme dans d'autres autoplaslies, d'un appareil destiné à maintenir les deux régions dans un contact étroit après l'opération, l'appareil fixateur consistant en un bandage que l'on applique, sans nulle préparation préalable, au moyen des bandes et des pièces de pansement que l'on a sous la main.
Le sujet doit avoir été purgé, baigné avec soin les jours précédents ; inutile d'insister sur la préparation qu'on fait subir aux régions sur lesquelles portera l'opération pour en assurer l'asepsie.
2° Libération de la cicatrice. — Un aide tient le membre en exerçant sur l avant-bras un certain degré de traction comme pour porter le coude dans
igo
CICATRICES VICIEUSES DU COUDE
l'extension. La cicatrice étant ainsi tendue, on pratique une incision transversale, intéressant la palmure dans toute sa largeur, d'un bord à l'autre, allant de la peau saine à la peau saine ; la cicatrice est divisée d'abord largement, puis à plus petits coups à mesure qu'on se rapproche des parties profondes. On force alors l'extension du membre; au fond de la plaie d'avivement, dont les bords s'écartent, on voit, on sent avec le doigt les brides
FiG. i54- — Traitement d'une palmure cicatricielle du coude par l'auloplastie (méthode italienne), tracé de rincision de la palmure.
fibreuses, les tractus verticaux qui résistent encore ; on les rompt par traction, par des pressions directes exercées avec le doigt recouvert d'une compresse stérilisée, ou on les sectionne, mais avec beaucoup de précautions, car il faut se rappeler, à mesure qu'on pénètre dans la profondeur, que l'artère humérale, que le nerf médian et la branche antérieure du nerf radial, rétractés par le fait de la tlexion prolongée qu'a subie le membre, pourraient se présenter sous le tranchant de l'instrument. On évitera, s'il est possible, d'intéresser les veines du pli du coude : celles-ci ont été souvent respectées parla brûlure, ou elles se sont reconstituées à peu près dans leurs rapports normaux.