TRAITEMENT DES DÉFORMATIONS CICATRICIELLES DU COUDE
temps variable de 12 à 22 jours ; dans les cas ordinaires, i5à 18 jours réprésentent le laps de temps utile. A ce moment, Tadhérence du lambeau est généralement réalisée d'une façon tout à fait intime, et l'on peut détacher son pédicule. Une sonde cannelée est passée sous celui-ci, et on le sectionne au bistouri suivant une ligne préalablement anesthésiée à la cocaïne. On
FiG. 157. — Transplantation par la méthode Italienne d'un lambeau a, emprunté à la cuisse, sur le pli du coude, après section de la palmure cicatricielle qui maintenait le coude dans la flexion; position respective des membres supérieur el inférieur permettant l'adaptation du lambeau. — en b, lambeau emprunté au thorax dans une opération précédente et transplanté sur une ulcération cicatricielle du bras.
constate à ce moment que la vitalité du lambeau est parfaite ; souvent, en effet, la section du pédicule saigne plus par sa tranche brachiale que par sa tranche thoracique.
Il reste à aviver le pédicule du lambeau et la partie correspondante de la perte de substance, et à les réunir par quelques points de suture. Cela peut se faire sans inconvénient quelques jours plus tard, ou de suite au moment de la section du pédicule.
CICATRICES VICIELSES DU COUDE
Non seulement on peut restituer par cette méthode la totalité de ses mouvements au coude immobilisé par la rétraction cicatricielle (fig.ibô), maison arrive,comme nous l avons fait un certain nombre de fois, à reconstituer la pres- (jue totalité des téguments du membre supérieur détruits par une brûlure ; il faut en ce cas faire plusieurs opérations successives, appliquant une série de greffes à différentes hauteurs sur la surface cicatricielle. On y arrive du reste en empruntant au tronc beaucoup moins de peau qu'il ne semblerait nécessaire a priori, car les lambeaux de peau saine ne tardent pas à se laisser distendre et ils acquièrent par la suite des dimensions considérables sous l'influence de la traction qu'exerce sur eux le tissu cicatriciel avoisinant.
Nous avons pu, de la sorte, rendre à plusieurs malades l'usage du membre supérieur que la destruction totale de ses téguments, étendue de l'épaule à la main, semblait vouer à l'amputation inler-scapulo-thoracique.
Lorsque la destruction des téguments de la région thoracique, de I hypochondre, de l'abdomen, empêchent d'y chercher la matière nécessaire à la réparation, on peut s'adresser à la région lombaire, à la hanche, à la cuisse même. Chez les jeunes enfants surtout, dont la souplesse se prête aux positions en apparence les plus difficiles à supporter, on peut tailler le lambeau destiné à recouvrir la région antérieure du coude sur la cuisse correspondante. Il suffit de relever la cuisse en la fléchissant fortement sur le bassin, de passer l'avant-brasdu sujet au-dessous d'elle et de les maintenir appliqués l'un contre l'autre et contre le tronc au moyen d'un appareil ouaté circulaire (fig. iSy).
Nous ne saurions trop recommander celte méthode comme le moyen à la fois le plus sûr et le plus commode de remédier aux déformations par rétraction cicatricielle du membre supérieur, et particulièrement aux pseudo-aukyloses du coude qui relèvent de cette cause.