‹ Chirurgie orthop√àdiqueChapitre 53 sur 250 · MANUEL OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

MANUEL OPÉRATOIRE

moyen du davier Thumérus dans la verticale, le chirurgien sectionne en travers l'extrémité inférieure de l'os, au-dessus des tubérosités humérales, avec la scie agissant dans un plan horizontal.

Laissant retomber l'humérus, on fait alors saillir dans la plaie l'extrémité supérieure du cubitus et la cupule radiale.

On achève de dégag-er celle-ci avec la rugine, en ménageant autant que

FiG. 172. — Réscclion tlu coude par rincision en baïonnelle d'OUier ; section de l ankylose.

Le ciseau attaque l'interligne ankylosé ab. Les parties molles et le tendon du triceps désinséré sont rejetés en arrière et découvrent l'olccrane c confondu avec la troclilée huméiale.

possible les insertions du ligament radio-cubital supérieur. Ce dégagement est rendu quelquefois très laborieux, comme celui de l'humérus, par la présence de jetées osseuses et d'ostéophytes autour de l'articulation.

Le radius et le cubitus sont sectionnés, comme l'humérus, suivant un plan bien perpendiculaire à leur direction ; pour cela, un aide maintient l'avant-bras verticalement, le dos de la main appuyé sur la table d'opération, tandis que le chirurgien fixe avec le davier tenu verticalement l'extrémité supérieure du cubitus et dirige la scie suivant un plan horizontal.

Lorsque cela est possible, il faut ménager l'articulation radio-cubitale

RÉSECTION ORTHOPÉDIQUE DU COUDE

supérioure, si celle-ci fonctionne encore. S'il existe une synostose radiocubitale, il faut pratiquer la section des os de l'avant-bras au-dessous du point où s'est faite la fusion osseuse.

G*" TEMPS. — Résection périostique. — On fait alors écarter largement les bords de l'incision et I on enlève circulairement avec des ciseaux, tout autour de l'articulation, une bande de périoste de 2 centimètres de large environ, pratiquant ce qu'Ollier appelle une résection sous-périostée interrompue; la reconstitution du tissu osseux aux dépens du périoste se fera ainsi d'une façon discontinue.

Le foyer opératoire est revu avec soin, on extirpe avec des ciseaux, s'il y a lieu, les osléophytes restés adhérents au périoste, et, après avoir enlevé la bande d'Esmarch, on fait une hémostase soignée du foyer opéi atoire.

7' TEMPS. — Interposition musculaire . — Pour éviter la reproduction de l'ankylose, l'un de nous a complété la résection par i interposition d'une bandelette musculaire empruntée au muscle anconé entre les surfaces de section osseuses. Cette bandelette, ramenée d'arrière en avant, au-dessous de l'extrémité inférieure de l'humérus, qui avait été arrondi avec soin, fut rattachée au brachial antérieur par quelques points de suture. Le résultat fut très satisfaisante Pour assurer la permanence des mouvements dans l'articulation radio-cubitale supérieure, nous avons également eu recours à une interposition musculaire, en introduisant un faisceau détaché de l'anconé ou du court supinateur d'arrière en avant entre le radius et le cubitus et en le fixant par un point de suture au ligament antérieur de l'articulation.

C. — Pansement, appareil, soins consécutifs. — Un drainage très large doit être établi jusqu'au fond de la plaie; puis celle-ci est suturée dans le reste de son étendue.

Il ne faut pas maintenir le membre dans l'immobilisation rigoureuse ; aussi est-il préférable de ne pas appliquer d'appareil plâtré très exact. L'n bon appareil ouaté compressif, étendu du poignet à l'épaule par-dessus le pansement stérilisé, appareil que l'on peut consolider avec des attelles en fil de fer placées en avant et en arrière, ou mieux encore avec une demigouttière plâtrée que l'on applique sur lui, suffit à maintenir le membre dans l'attitude où il a été placé, c'esL-à-dire dans la flexion à angle droit.

Il ne faut pas chercher à maintenir les extrémités osseuses dans un con tact trop intime; la roideur consécutive est plus à craindre que la trop grande laxité.

Les drains sont enlevés au bout de 5 à 6 jours ; les points de suture du ' Berger; Société de chirurgie, 4 novembre igoS.

TRAITEMENT CONSÉCUTIF

7« au 8% et, dès le i5'' jour, on commence à mobiliser légèrement la néarthrose pour éviter la reproduction de l'ankylose.

L'étendue des mouvements communiqués est augmentée tous les jours, et on parfait la guérison par l'application de l'éleclrisation et du massage.

Dès que l'articulation paraît assez solide, on supprime tout autre moyen de contention qu'une écharpe : la nuit, il est préférable Je maintenir assez longtemps le membre dans une gouttière.

La mobilisation du coude par l'usage naturel du membre est, de tous les moyens qui favorisent le retour des fonctions, certainement le meilleur, mais il demande à être surveillé avec soin, et l'on ne doit pas négliger de vérifier à chaque instant si l'avant-bras reste bien dans l'axe du bras, s'il ne se fait pas d'inflexion du coude en varus ou en valgus, et surtout si la raideur du coude ne tend pas à se reproduire avec un degré plus marqué d'extension du membre.

La résection orthopédique du coude est une opération excellente : les résultats en sont tels que, dans un bon nombre de cas, le malade retrouve l'utilisation presque complète de son membre supérieur (fîg. 17.3, 174); non seulement l'articulation du coude, bien mobile, est apte à nombre d'usages où la dextérité est surtout nécessaire, mais elle permet les travaux de force

FiG. 178. — Résection du coude pour ankylose ; résultat, 17 ans après la résection : maximum de la Ilexion (OUier).

les plus pénibles. La flexion est très souvent possible dans les limites presque normales, l'extension est complète, la pronation et la supination se font dans une certaine mesure, mais ce sont ces mouvements qui sont toujours les plus limités.

La gravité de l'opération est nulle ; pratiquée dans les conditions normales d'asepsie, elle ne fait courir au malade aucun danger.

Il faut pourtant signaler des insuccès possibles ; ceux-ci sont de deux ordres : on peut voir se reproduire une ankylose, ou bien la néarthrose se

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