RÉDUCTION DANS LES LUXATIONS SUPRA-COTYLOÏDIENNES
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Lorenz se sert d'une vis sans fin, longue d'environ un mèlre et articulée horizontalement sur un support fixé à l'extrémité de la table d'opération. Cette vis se termine à son extrémité libre par une poignée, constituée par une barre transversale destinée à lui imprimer un mouvement de rotation, et traversée par une pièce filetée qui porte deux crochets (fig. 249).
Le membre inférieur du petit malade est fixé à ces crochets à l'aide d'un fort écheveau de coton qui embrasse la jambe en formant un nœud coulant au-dessus du cou-de-pied. Une contre-extension est établie sur le périnée. En imprimant un mouvement de rotation à la vis sans fin, on exerce une traction très énergique sur le membre, et on obtient l'élongation voulue des muscles, de la capsule et l'abaissement de la tête fémorale.
FiG. 249. — Extension forcée avec la vis de Lorenz (Schullhess et Lûning).
Lorenz soumet ensuite le membre à l'extension continue par des poids, exerçant leur traction sur le membre au moyen d'une guêtre en cuir ou en feutre préparée à l'avance.
Au bout de huit jours, les piqûres déterminées par le ténotome sont guéries et on fait lever le petit malade pendant le jour, mais on continue à le soumettre à l'action des poids la nuit, et on répète chaque jour à plusieurs reprises l'extension au moyen de la vis de Lorenz. Ce traitement préparatoire dure environ 3 à 4 semaines.
§ 5. — Réduction par le bord supérieur du cotyle dans les luxations supra-cotyloïdiennes.
Dans la luxation supra-cotyloïdienne, où la tête fémorale est peu distante de la cavité cotyloïde, on peut la ramener directement au contact de celle-ci en lui faisant franchir le bord supérieur du cotyle.
Après ou sans avoir eu recours à la rupture ou à la lénotomie des muscles rétractés, deux aides exercent sur le membre inférieur une traction éner-
RÉDUCTION MANUELLE EXTEMPORANÉE
gique de haut en bas, non pas direcleraent dans le sens de l'axe du corps, mais dans une position moyenne d'abduction. La contre-extension est réalisée par un autre aide. Le chirurgien pratique, pendant que la traction s'opère, des pressions rythmées directement de haut en bas, sur le grand Irochanter.
Quand les tractions associées aux pressions directes ont abaissé suffisamment la tête fémorale, on imprime au membre un mouvement de rotation en dedans qui produit dans les cas favorables la réduction.
Celle-ci s'obtient sans bruit comparable à celui de la réduction par le bord postérieur; l'opérateur perçoit seulement une légère secousse au moment où la tête réintègre le cotyle.
Ce procédé, qui amène par des manœuvres moins violentes que le précédent la réduction, donne un résultat moins sûr ; la luxation se reproduit souvent immédiatement ou ultérieurement, malgré l'appareil plâtré et l'extension continue auxquels on soumet le malade.
§ B. — Traitement consécutif à la réduction.
A la suite des manœuvres de la réduction, lorsque celle-ci a été obtenue, on observe des phénomènes généraux et locaux attribuables à de l'arthrite Iraumatique : agitation extrême, surtout la nuit, insomnie, cauchemars, douleurs vives accusées dans la région de la hanche. Ces phénomènes de coxite disparaissent spontanément au bout de quelques jours ou de quelques semaines.
Pendant cette période on veille à l'hygiène du malade, on surveille son alimentation et la régularité de ses selles, on lui fait prendre l'air en le sortant au dehors, si possible, en le promenant en voiture ou sur un chariot; le petit malade reste ainsi couché pendant quatre ou cinq mois ; puis on lève l'appareil pour placer le membre en deuxième attitude.
Adaptation de la tête fémorale au cotijle, forage continu et prolongé par la marche dans ralnluction forcée. — Lorenz, en appliquant un appareil qui laisse libre le jeu du genou, se propose de permettre la marche aussitôt que les phénomènes de coxite se sont éteints : cette pratique est pour lui le complément obligé de l'opération, seul capable de réaliser l'adaptation de la tête fémorale au cotyle.
Dès que les douleurs se sont calmées, il fait donc marcher l'enfant, et, pour compenser le raccourcissement qui existe du côté réduit et qui résulte de l'abduction forcée et de la flexion à angle droit du membre, il fait porter de ce côté une chaussure pourvue d'une semelle en liège très épaisse