‹ Chirurgie orthopédiqueChapitre 128 sur 237 · TRAITEMENT DE QUELQUES AUTRES DEVIATIONS RACHITIQUES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE QUELQUES AUTRES DEVIATIONS RACHITIQUES

Enfin, chez les anciens rachiliques qui présentent une déformation très accusée, on a recours quelquefois avec avantage aux interventions san-

Nous pensons avec Ollier que les opérations d'ostéotomie doivent être réservées pour les cas où la déformation est définitivement fixée par l'éburnation du tissu osseux ; c'est dire que l'opération pratiquée pour le redressement des courbures rachitiques sera toujours assez laborieuse.

L' ostéotomie longitudinale ci Ollier est le procédé auquel on recourt d'ordinaire ; une section presque verticale du tibia, pratiquée au point où

Fio. 34o et 34i. — Ostéotomie longitudinale pour redressement d'une courbure rachitique du tibia ; glissement des surfaces de section pour allonger le membre.

siège le maximum de courbure, permet de faire glisser les deux surfaces de section l'une sur l'autre, d'allonger l'os et de le redresser tout à la fois (fig. 3/|0 et 34i).

Une longue incision, pratiquée sur la face interne du tibia, sur les extrémités de laquelle on peut brancher deux incisions transversales de manière à la transformer en une incision en H, donne accès jusqu'à la surface de l'os dont on dégage également, à la faveur de la môme incision et en faisant glisser la peau sur les parties sous-jacentes, la face externe et môme la face postérieure. Onincise le périoste sur toute la ligne que doit suivre la section des os et on détache avec la rugine les bords de celte incision périostique de l'os Mjus-jacent dans une étendue de quelques millimètres. Puis on attaque l'os dans le plan que l'on a choisi pour en faire la division.

4a8 TRAITEMENT DE QUELQUES AUTRES DEVIATIONS RACIIITIQUES

S'il s'agil d'une courbure à concavité externe, on donne à la section une obliquité dirigée de bas en haut et de dedans en dehors; si la courbure est à concavité interne, la section doit être dirigée de bas en haut et de dehors en dedans; enfin, si la courbure est antéro-postérieure, le plan de section transversal se dirigera de bas en haut presque directement ou légèrement d'avant en arrière. Il faut, bien entendu, toujours attaquer l'os par sa convexité elle faire de bas en haut, pour que le biseau du fragment supérieur recouvre le biseau du fragment inférieur.

La section doit être amorcée avec la scie a volant ou avec une scie circulaire quelconque quand on en a une à sa disposition, mais on peut très bien la pratiquer avec une scie à main, en faisant attention que l'extrémité de la scie ne vienne pas blesser les parties molles du côlé externe, où elle pourrait atteindre le nerf libial antérieur et l'artère du même nom. Pour la môme raison, c'est toujours au ciseau et au maillet que s'achèvera la division du libia. Pour obtenir le redressement, il faut encore fracturer le péroné ou, s'il résiste, le découvrir par une petite incision pratiquée à sa face externe et le rompre d'un coup de ciseau, ou bien encore le sectionner avec une pince coupante.

.Mais il ne faut pas croire qu'après la section du squelette le redressement s'opère sans difficulté. « Indépendamment, dit Ollier, des déceptions que peuvent occasionner des tibias aplatis et tortueux dont on n'a pas pu calculer l'inclinaison générale relativement auxplans articulaires, on éprouveles plus grandes difficultés à mettre les deux segments dans la même direction. Tout résiste du côté delà concavité: les insertions fibreusesdes muscles, les insertionsaponévrotiques, les gaines musculaires, et l'on est souvent obligé, pourcoapter les os, d'enlever un coin épais ou un fragment trapézoïdal, ce qui diminuera d'autant la longueur du membre déjà raccourci... D'après nous l'opération n'est réellement simple que quand elle n'est pas nécessaire.»

Pour obtenir la correction, il faut, dans les cas de ce genre, non seulement acheverla division du périoste, maisledélacherdes fragments avec la rugine, pour permettre à ceux-ci de glisser l'un sur l'autre, libérer les extrémités osseuses des insertions musculaires qui s'y font encore, enfin faire la ténotomie du tendon d'Achille qui, tendu comme une corde en arrière du squelette raccourci, s'oppose à la fois à la correction de la courbure et à celle du raccourcissement. Cela fait, on immobilise le membre dans un appareil à extension continue au moyen d'attelles plâtrées latérales qui le maintiennent dans la rectitude, tandis qu'avec des poids on établit une traction suffisante sur le segment inférieur du membre au moyen de bandelettes en diachylon ou même d'une cravate, ou mieux encore d'un appareil ouaté dont on entoure le pied et sur lequel se fixent les lacs extenseurs ; l'appareil à traction continue d'Hennequin pour les fractures obliques de la jambe répondrait à merveille à cette indication.

Page 1