OU PAR L'ANESTHÉSIE CHLOROFORMIQUE
| 1. — La base du traitement réside dans le repos complet au lit, qui doit être rigoureusement observé pendant tout le temps nécessaire pourvoir la déviation du pied en valgus disparaître, le pied redevenir mobile et souple et la marche s'effectuer sans claudication et sans douleur ; on peut en quelques jours atteindre ce but; mais un repos aussi court ne saurait suffire à donner un résultat permanent, et quelques semaines sont toujours nécessaires pour que la guérison puisse être considérée comme durable.
On utilise ce temps de repos pour activer le traitement par le massage et par l'électrisalion.
La faradisation des muscles de la jambe, celle surtout des péroniers latéraux, doit être répétée tous les jours : les séances ne se prolongeront pas au delà de 5 à 10 minutes ; il ne faut jamais pousser l'excitation faradique des muscles jusqu'à la fatigue.
On peut, de la sorte, en quelques semaines, voir disparaître complètement la contracture et les phénomènes douloureux. La mobilité se rétablit dans les articulations tibio et médio-tarsiennes, la déviation de la pointe du piezl en dehors disparaît, on peut sans peine abaisser le bord externe du pied et faire tourner la plante en dedans ; la corde dessinée au-dessous de la malléole externe par la tension des tendons des péroniers latéraux cesse d'être perceptible; mais, chez les sujets à pied plat (tous les adolescents tarsalgiques n'ont pas le pied plat) l'aplatissement de la voûte plantaire persiste, et, pour l'empêcher de s'affaisser sous le poids du corps qu'elle supporte, il est nécessaire de lui donner un soutien, qui combatte en même temps la tendance à la déviation de l'avant-pied en valgus.
On a fait porter aux patients des chaussures orthopédiques spéciales, dans lesquelles l'axe du talon et celui de la semelle formaient un angle obtus, ouvert en dedans, le côté interne de la semelle étant, en outre, beaucoup
plus élevé que l'externe : c'est sur ce modèle que sont fabriqués les chaussures de Miller et Thomas (fig. 457, 458 et 459) et le soulier de Beely.
Fig. 4&7- — Chaussure de Miller et Thomas avec surélévation du bord interne du talon et de la semelle.
Fig. 4^8. — Inclinaison du talon dans la chaussure de Miller et Thomas.
Fig. 4^9- — La même chaussure vue par la face inférieure de la semelle.
Quand on emploie ces chaussures, on voit rapidement des lésions de com-
Fig. 4G0.
Semelle de Whitmann; face interne.
Fig. 461. — Semelle de Whitmann ; face plantaire.
pression, des cors, des durillons se développer sur le bord externe du pied, qui glisse d'ailleurs en dehors el déforme la chaussure de ce côté. Il est bien préférable de placer dans l'intérieur delà chaussure une semelle
TRAITEMENT DU PIED PLAT VALGl'S
surélevée du côlé interne, au niveau de la concavité maximum de la voûte plantaire.
On fait ces semelles en celluloïd, en bronze d'aluminium ; la semelle de
Fia. 462. — Semelle de Whitmann; bord externe.
Whitman (fig. ffiu, ^61 et ^62) est un excellent modèle de semelle métallique soutenant la plante du pied cl maintenant ses bords interne et externe ; mais nous lui préférons encore la simple semelle de liège placée dans la chaussure découpée suivant les contours de la plante (fig. 463) ; elle fait au niveau du bord interne du pied une saillie d'un centimètre environ, qui correspond à la clef de la voûte astragalo-scaphoïdiennc ; à partir de ce point elle s'amincit vers ses bords, en formant de la sorte un dos d'âne qui
Fig. 463.
Semelles intérieures surélevant le bord interne de la plante du pied et maintenant la concavité de la voûte plantaire.
soulève et soutient le bord interne du pied et qui le force à se mouler sur sa convexité.
Ces semelles peuvent être faites sur le moulage d'un pied normal. Si la difformité se corrige complètement par le repos, le mieux est de les faire sur le moulage du pied redressé du sujet auquel elles sont destinées. Les
TRAITEMENT ORTHOPEDIQUE
Fig. 464. — Appareil Courtault et Vermeulen. Mouvement par force centrifuge ; mobilisation passive du cou-de-pied ; flexion et extension.
Fig. 465. - Appareil Courtault et Vermeulen. Mouvement par force centrifuge; mobilisation passive du cou-de-pied ; circumduclion.
semelles de liège, les plus usitées, doivent être recouvertes d'une enveloppe de peau.
Des exercices orthopédiques spéciaux, ayant pour but de fortifier les muscles et l'appareil ligamenteux de la plante, seront prescrits lorsque la déviation et la contracture auront complètement disparu par le repos. Voici les mouvements qu'il faut surtout faire exécuter : Le sujet debout place les deux pieds parallèlement l'un à côté de l'autre
Fig. 4*56. — Appareil Zander : Combinaison du levier et du balancier : a) mouvement i de pronalion, d'abduction et de flexion ; 6) mouvement de supination, d'adduction et d'extension.
et fait un mouvement d'élévation du corps sur la pointe des pieds, répété un certain nombre de fois à une cadence lente ; le même mouvement est fait ensuite, les pointes des pieds se touchant et les talons écartés. On fait exécuter ensuite un mouvement de flexion forcée des genoux, suivi de redressement, le poids du corps reposant dans ce mouvement sur la pointe des pieds, les talons écartés (Hoffa).
Enfin et surtout, le malade étant assis les jambes allongées, et reposant sur un appui quelconque, on lui fait exécuter des mouvements actifs de circumduction avec la pointe du pied, mouvements auxquels le masseur oppose une résistance calculée ; les appareils mécaniques des systèmes Zander, Courlault et Vermeulen (fig. 4^4^ 465 et 466), seront utilement employés à ces exercices.
§ 2. — Quand la déviation du pied persiste malgré un repos au lit complet et suffisamment prolongé, mais que, par la résolution obtenue dans l'anesthésie chloroformique, on voit la contracture céder et l'attitude vicieuse dispa-