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TRAITEMENT DE QUELQUES MALFORMATIONS DE L'ÉPAULE

§ i. — Traitement de l'élévation congénitale de l'épaule.

■ La malformation constituée par l'élévation congénitale de l'omoplate est une de celles qui ne reconnaissent guère de traitement opératoire : les moyens orthopédiques, le massage, les tractions exercées sur le membre dans le but d'abaisser l'omoplate, ont été employés sans aucun succès, bien que, dans quelques cas, le traitement ait été suivi pendant très longtemps.

Quelques chirurgiens cependant ont eu recours aux interventions sanglantes. Kôlliker, attribuant la déformation au développement d'une exostose del'omoplaU\dontl'existence n'a pu d'ailleurs être constatée au coursdc l'opération, ou aune déformation de l'angle interne du scapulum, a réséqué le bord supérieur de l'omoplate, et sectionné en môme temps le trapèze et l'angulaire. Il dit avoir réussi à corriger dans une certaine mesure la difformité (1).

Iloffa a eu recours à la myolomic, en sectionnant largement tous les muscles qui s'insèrent au bord supérieur de l'omoplate au ras de ce bord.

Comme, dans l'élévation congénitale de l'omoplate il n'y a aucune espèce

(i) KOlliker (de Leipzig), Verhandlungen der deulschen GeseUschaft /'. Chirurgie XXXI" Congrès, avril kjo'2.

BERGER ET BANZET. , ,

l6'2 TRAITEMENT DES DIFFORMITÉS DU MEMBRE SUPÉRIEUR

de contracture, que les muscles sont souples et fonctionnent parfaitement, il ne faut pas se laisser entraîner à faire, clans un but purement plastique, des sacrifices considérables qui peuvent laisser des troubles fonctionnels sérieux. Il est donc indiqué de réserver les tentatives opératoires, dont le résultat est d'ailleurs très douteux, pour les cas où la difformité est extrêmement accusée.

§ 2. — Traitement des luxations congénitales et des luxations paralytiques de l'épaule.

A. — Luxation congénitale de l'épaule

La luxation congénitale de l'épaule, dès qu'on en reconnaît l'existence, doit être traitée par des procédés de réduction analogues à ceux qu'on emploie pour les luxations traumatiques, et, le plus souvent, on arrive sans trop de difficultés à remettre la tôle humérale en place. Néanmoins, dans certains cas, on a dû recourir aux tractions continues.

La réduction en est plus facile que celle de la luxation congénitale de la hanche; mais ces deux affections relèvent de la même cause anatomique: l'insuffisance de développement de la cavité articulaire de réception; aussi retrouve-t-on à l'épaule les mêmes difficultés de contention qu'à la hanche. 11 faut, après avoir obtenu la réduction, la maintenir au moyen d'appareils qui seront laissés en place un temps très long. Plusieurs mois sont nécessaires pour obtenir des adhésions capables d'empêcher un nouveau déplacement.

Dans les cas seuls où la persistance du déplacement est une cause d'impotence complète du membre supérieur, on peut recourir à l'intervention chirurgicale sanglante : celle-ci consiste en une arthrotomie qui permet de remettre en véritable place la tète humérale et de la fixer à la cavité glénoïde par une arthrodèse.

B. — Luxation paralytique de l'épaule

Le traitement des luxations paralytiques de l'épaule dépend essentiellement de la limitation de la paralysie infantile aux muscles moteurs de cette articulation, particulièrement au deltoïde, ou de la participation d'un nombre plus ou moins considérable des groupes musculaires du membre supérieur aux troubles moteurs et à l'atrophie.

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