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CHAPITRE PREMIER

REDUCTION MANUELLE EXTEMPORASXEE PAR LA METHODE NON SANGLANTE DE LA LUXATION UNILATÉRALE

« Deux bras vigoureux sont le seul matériel nécessaire à l'opération.

(Lorenz )

| 1 r. — Préparatifs opératoires.

L'enfant sera baigné à plusieurs reprises les jours qui précèdent l'intervention ; il prendra un purgatif L'avant-veille.

Le moment de l'opération venu, l'enfant, endormi au chloroforme, est placé sur une table étroite et solide, couché sur le dos, le siège relevé par un coussin dur ou par une alèze pliée.

1° Fixation du bassin. — Le bassin esl fortement immobilisé par un ou deux aides le maintenant par des pressions énergiques exercées sur les épines et les crêtes iliaques. Pour obtenir la fixation du bassin on peut aussi fléchir fortement la jambe sur la cuisse et maintenir ces deux segments du membre fléchis dan- l'articulation coxo-fémorale, repliés sur le bassin, de sorte que la face antérieure de la cuisse touche l'abdomen (fîg. 2-38) ; l'aide, appuyant sur le membre porté dan- la flexion complète, comme s'il voulait l'enfoncer dans l'abdomen, maintient 1res efficacemenl le bassin Brun .

On procède alors à la réduction, qui comprend les différents actes opératoires suivants :

■1" Actes mécaniques préparatoires ayant pour but de triompher de la résistance musculaire. — a Myorhexis des adducteurs (fig 239). — Le chirurgien, placé en dehors du membre luxé, le saisit au niveau du genou et le porte en abduction forcée, jusqu'à ce que ce mouvemenl d'abduction soit

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REDUCTION MANUELLE EXTEMI'OHANEE

arrêté par la tension des muscles adducteurs poussée jusqu'à son extrême limite Sur la corde que dessinent alors les adducteurs, immédiatement au-

Fic. 20S. — Fixation du bassin par la flexion forcée du membre inférieur (Brun).

dessous du pubis, il exerce avec le bord cubital de la main, ou en agissant le poing fermé avec les articulai ions pbalangicnnes des doigts, des mouvements de sciage énergiques, jusqu'à ce qu'il sente que la corde se rompt,

Fig. 239. — Rupture (myorhexis; des adducteurs (d'après Brun).

et qu'il constate même la formation d'une dépression qui se creuse au niveau de l'insertion supérieure des adducteurs, dépression dans laquelle la

RÉDUCTION PAR-DESSUS LE BORD POSTÉRIEUR DU COTYLE 3oi

peau se laisse enfoncer. Lorsque la rupture des adducteurs est bien complète, le membre porté en abduction forcée n'a qu'une faible tendance à se replacer en adduction.

6) Quand on peut craindre que les muscles tenseurs du fascia lata et couturier opposent un obstacle considérable aux tentatives d'abaissement de la tète fémorale, on détermine leur rupture par des manœuvres analogues pratiquées au-dessous de l'épine iliaque antéro-supérieure.

Ce complément opératoire est rarement nécessaire.

c) Quand la rétraction des muscles pelvi-cruraux, biceps, droit interne, demi-tendineux, demi-membraneux, constatée dans la flexion forcée de la cuisse sur le bassin, semble devoir apporter un obstacle à la réduction, on pratique la lénotomie de ces muscles au niveau du creux poplité (1).

. o. — Réduction par-dessus le bord postérieur du cotyle.

ier temps. — Flexion et traction île bas en haut. — Le chirurgien, saisissant un peu au-dessus du genou la cuisse luxée (avec la main droite s'il s'agit du membre inférieur gauche), la place en flexion à angle droit sur le bassin. De la main gauche il embrasse le membre près de sa racine, la main étant placée en pronation, les quatre derniers doigts au niveau du pli génito-crural, le pouce enfoncé aussi fortement que possible derrière la saillie du grand trochanter. Avec sa main droite il exerce alors une traction aussi vigoureuse que possible de bas en haut, pour attirer en avant l'extrémité supérieure du fémur abaissée par la flexion (fig. 2/Jo).

2e temps. — Abduction. — Quand la traction exercée d'arrière en ayant sur le fémur a été portée à son maximum, le chirurgien, sans changer la position de ses mains, porte brusquement la cuisse dans l'abduction forcée, en ramenant le genou dans le plan transversal qui passe par le tronc du sujet. En môme temps il refoule énergiquement d'arrière en avant le grand trochanter avec le pouce gauche placé en arrière de celte éminence osseuse, de façon à ramener la tète fémorale en avant et à lui faire franchir le bord postérieur de la cavité cotyloïde (fig. 2^1).

Lorsque la réduction s'opère, la cuisse cède tout d'un coup cl bascule en quelque sorte; le grand trochanter, jusque-là saillant, disparait sous le pouce qui le refoule, et l'on perçoil un claquement, us-rz bruyant quelquefois pour être entendu par les assistants et presque toujours senti par la main du chirurgien. La tête fémorale se fixe et l'ait sur le côté du pubis, à la base

ii Le mai I opératoire 'le cette petite opération complémentaire sera décrit àl'oc-'

casion 'lu traitement des roideurs et des ankyloses 'lu genou v. p. 449).

REDUCTION MANL ICI.I.i: EXTEJ1 l'Otl AN EL

du triangle de Scarpa, une saillie à laquelle se transmettent les mouvemenls imprimés à la cuisse ; celle-ci prend une certaine fixité et résiste avec l'élasticité d'un ressort aux mouvements qu'on cherche à lui imprimer. Elle reste, en outre, légèrement fléchie, en raison de la tension des muscles extenseurs.

Si ces caractères manquent, c'est que la réduction n'a pas été obtenue;

Fig. 240. — Réduction de la luxation congénitale de la hanche d'après Lorenz ; premier temps : flexion et traction sur la cuisse fléchie à angle droit.

il faut recommencer aussitôt la môme manœuvre jusqu'à ce qu'elle réussisse.

La réduction a-t-elle été obtenue, on maintient le membre dans la position d'abduction à 900. Il suffit en effet de la moindre diminution de l'abduction pour que la tète franchisse à nouveau le bord postérieur de la cavité cotyloide et que la luxation se reproduise en arrière. Quand la reluxalion se produit, on n'a qu'à recommencer les mêmes manœuvres pour faire rentrer sans peine la tète dans la cavité colyloïde.

La reluxation de la tête fémorale, avec un ressaut brusque suivi de la .réapparition de tous les signes physiques de la luxation coxo-fémorale en arrière, donne une preuve nouvelle que la réduction avait bien été obtenue;

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