LIMITATION DES MOUVEMENTS DU GENOU
Les lésions de l'appareil rotulien, les fractures de la rotule surtout, les patellectomies môme, entraînent souvent, après elles, une limitation des mouvements du genou : celle-ci peut aller de la simple raideur articulaire à l'ankylose la plus absolue.
1° Ankylose complète. — Nous insisterons peu ici sur les cas où l'ankylose est en bonne position. Le blessé, dans la plupart des cas, a retrouvé l'usage du membre. Il est dans les conditions d'un réséqué du genou, à cela près que le membre ankylose, ayant gardé toute sa longueur, la marche est un peu plus difficile qu'après la résection : le blessé, pour porter la jambe en avant et éviter de racler le sol, est obligé de porter successivement le membre en dehors et en avant, en lui faisant faire un arc de cercle plus ou moins accusé, ce qui rend la marche disgracieuse. A l'examen, on constate que les mouvements du genou sont complètement supprimés ; la soudure témoro-tibiale est généralement totale : mais la radiographie montre qu'il s'agit là presque toujours d'une ankylose fibreuse, liée à un processus d'arthrite plastique cicatricielle. Les surfaces articulaires ontgardé un aspect normal et on ne voit aucune jetée osseuse entre le fémur et le tibia.
Dans quelques cas exceptionnels la rotule seule est soudée au fémur, et cette adhérence anormale est seule en cause dans la perte des mouvements du genou. On peut alors songer à les rétablir en faisant l'ostéotomie fémoro-rotulienne.(V. infra IV.) Mais, ces cas mis à part, nous estimons que l'ankylose complète en bonne position consécutive à une plaie du genou doit être respectée, et que toutes les manœuvres, sanglantes ou non, pour rétablir les mouvements doivent être rejetées. Sans doute, la marche estelle peut-être moins aisée qu'avec un genou souple, et lorsque le malade est assis surtout, le membre est-il souvent encombrant. Mais, à tout prendre, lorsqu'on fait le bilan de la gravité des plaies pénétrantes du genou et des séquelles graves qu'elles entraînent, il faut bien reconnaître que la terminaison par ankylose totale représente un résultat fort satisfaisant, et il faut bien dire que beaucoup des impotents du genou, que nous avons vus dans les services d orthopédie ou les conseils de réforme, auraient gagné à être ankylosés complètement. Lorsque la marche est mal aisée du fait de la longueur du membre, il est souvent possible de l'améliorer en surélevant simplement le membre sain à l'aide d'une semelle.
2° Ankylose incomplète ; raideurs articulaires. — Dans un certain nombre de cas, il persiste au niveau du genou des mouvements de flexion et d'extension dont l'amplitude varie de 10 à 90°. Lerésultat est d'autant meilleur qu'ils atteignent l'angle droit, à condition toutefois qu'il n'y ait pas en même temps des mouvements de latéralité qui enlèvent au genou sa solidité et nécessitent le port constant d'une genouillère. Lorsqu'ils le dépassent il est peut-être excessif d'employer le terme d'ankylose, même en quali-
[G. COTTE