DU GENOU
Nous avons assez insisté sur la symptomatologie des séquelles des entorses du genou pour pouvoir être bref sur leur diagnostic. Les laxités articulaires sont assez faciles àconstaterpour qu'il n'y ait pas lieu d'y insister. Toute les autres lésions résiduelles se traduisent en somme par une hydarthrose douloureuse à rechutes qui doit d'abord être distinguée d'une arthrite, ensuite sera précisée la lésion originelle.
Il faut tout d'abord rappeler qu'il est des arthrites post-traumatiques traînantes qui ne sont entretenues par aucune des lésions que nous avons envisagées: une hémarthrose guérie laissesur la synoviale des dépôts fibrineux qui l'irritent dans les mouvements et ramènent de l'hydarthrose à la reprise de la marche. Cet épanchement articulaire cède au repos et récidive ensuite de nouveau ; ces rechutes font partie de révolution normale d'une hémarthrose un peu importante et peuvent persister des mois, j'en ai vu durer un an sans que l'arthrotomie ait montré autre chose que de la synovite chronique. Il faut donc, en face de ces cas, savoir attendre, quand un examen soigneux n'a montré aucune cause mécanique à l'hydarthrose récidivante.
Le diagnostic différentiel le plus intéressant est celui des arthrites tuberculeuses greffées sur un traumatisme. J'ai dit déjà la rareté de ces cas et combien ce diagnostic est porté trop souvent à la légère ; il ne doit être accepté qu'en présence d'une arthrite tuberculeuse vraie avec limitation des mouvements, épaississement de la S3^noviale, ganglions inguinaux ; Yhydarthrose tuberculeuse, qui ressemblerait bien plus aux hydarthroses post-traumatiques qui nous occupent, est si rare, qu'après une entorse ce diagnostic ne doit être porté qu'après élimination très soigneuse de tout signe d'origine mécanique des accidents, et même après arthrotomie exploratrice.
Le diagnostic entre les différentes lésions résiduelles de l'entorse est basé sur Y interrogatoire, Y examen de V articulation, la radiographie.
L'examen de l'articulation pourra montrer une laxité latérale ou antéropostérieure révélatrice d'une lésion ligamentaire. Il pourra révéler un corps étranger articulaire que le plus souvent le malade connaît lui-même, plus rarement une frange synoviale. La douleur à la pression sur le ménisque est un signe de haute valeur, toujours révélateur d'une lésion lorsque la douleur est bien localisée.
L'interrogatoire révèle les blocages le plus souvent symptomatiques d'une lésion du ménisque ; quand ils seront frustes, la radiographie per-
[L. TAVERNIER
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mettra d'éliminer leur origine possible dans un corps flottantostéo-carlilagineux. Il est parfois difficile de différencier, dans les explications d'un malade, un blocage fruste rapidement réduit, d'un dérobement douloureux du genou par insuffisance des ligaments croisés.
Ces notions permettront le plus souvent d arriver à un diagnostic précis : les cas les plus délicats resteront les cas légers à symptomatologie Houe où traînent après une entorse un peu de gène douloureuse dans les marches prolongées avec point douloureux sur le ménisque : pour peu que ces accidents se montrent trop tenaces, il ne faudra pas hésiter à faire une arthrotomie exploratrice qui aura grandes chances de devenir curatrice.