LA XI TÉ ARTICULAIRE ET GENOU BALLANT
mouvements d'hyperextension plus ou moins étendus. Cela se voit après toutes les fractures du genou et aussi après certaines fractures du fémur où il n'est pas rare de voir le genou bloqué avoir une certaine tendance au genu recurvatum. L'indication de l'arthrodèse est indiscutable (fig. 292 et 293).
Dans le premier cas, le membre ayant conservé toute sa longueur, il sera bon, en cherchant la fixation du genou, de réséquer une tranche osseuse de 2 à 3 centimètres, ce qui aura l'avantage de faciliter la marche une fois lankylose obtenue.
Dans le second cas, il existe le plus souvent déjà un raccourcissement assez marqué qui nécessite même le port d'une chaussure spéciale
avec semelle soulevée. On devra Fig. 292. — Laxité du genou j î consécutive à une plaie péné-
QOnC se DOrner, trante du genou avec fracture dans 1 interven- du fémur et patellectomie. . Cas à arthrodèse du genou.
tion, a enlever seulement ce qu'il
faut de cartilage et d'os pour avoir un bon avivement. L'arthrodèse ainsi obtenue donne d'excellents résultats, et elle a le grand avantage de diminuer la surcharge du membre malade du poids d'une genouillère, qu'il aurait fallu ajouter à la chaussure orthopédique. Le raccourcissement du membre qu'elle ajoute est trop minime pour entrer en ligne de compte. J'y ai eu personnellement recours plusieurs fois et j'ai toujours obtenu une ankylose solide en bonne position qui a réduit beaucoup l'impotence existante.
Comme technique, j'ai toujours fait l'incision de résection d'Ollier ; puis le genou Fig. 293. — Laxité articulaire du ouvert et fléchi j'ai abrasé d'un coup de scie
genou consécutive à une fracture 11 r .. ,, . , r, .-•
du fémur avec genu recur- les deux surfaces articulaires du iemur et du vatum (Ce blessé a subi une tibia, dont j'ai seulement enlevé le cartilage.
arthrodèse et a obtenu un bon A ° . . .
résultat fonctionnel ) De même pour la rotule, je me suis toujours
contenté d'abraser sa surface cartilagineuse. Il est bon pour maintenir plus exactement les surfaces osseuses au contact de les suturer avec un fil métallique ou mieux de les fixer avec deux agrafes de Dujarier. La consolidation s'obtient souvent en moins de cinquante jours.
[G. COTTE
II. — Genou ballant. — Dans la pratique de guerre, les genoux ballants que l'on peut voir succèdent soit à une perte de substance osseuse étendue (résections ballantes) (fig. 294 et 295), soit à une destruction étendue de l'appareil rotulien, d'où impotence du quadriceps et genou ballant d'origine musculaire, soit enfin à une paralysie des muscles de la cuisse, principalement du quadriceps, par paralysie du crural.
1° Genou ballant par perte de substance osseuse étendue. — Il s'agit presque toujours d'une résection ballante consécutive à une interven-
Fig. 294 et 295. — Genou ballant à la suite de résection étendue du fémur. Membre de polichinelle. La guérison a été obtenue après implantation fémoro-tibiale.
tion pour gros fracas du fémur. L'épiphyse inférieure tout entière a été sacrifiée, et pour compenser cette perte de substance, le chirurgien a quelquefois laissé intacte l'extrémité supérieure du tibia, ce qui crée une condition éminemment favorable à la production de la pseudarthrose. La soudure osseuse n'a pu se faire et le membre est resté complètement ballant. Il semble inutile d'insister davantage sur les caractères de cette lésion.
Au point de vue thérapeutique, certains auteurs hantés par la gène qu'occasionne le genou ankylosé ont prétendu qu'il était inutile chez de tels blessés de chercher l'ankylose et qu'il valait mieux faire porter une genouillère articulée munie d'un cuissart à point d'appui ischiatique qui laisse la flexion libre dans la station assise. Il nous semble toutefois que les cas où la mobilité prime la solidité sont bien exceptionnels, et, pour ma part, les blessés que j'ai vus et que j'ai opérés ont toujours préféré avoir un membre solide qui les dispense de porter un appareil.
Pour obtenir ce résultat, le plus simple est de faire, après avivement, une ostéosynthèse des deux os, ou d'implanter le fémur dans le
[G. COTTE