CALS VICIEUX D1APHYSAIRES DE LA JAMBE
d'une lame métallique prenant point d'appui sur le bord supérieur du calcanéum (fig. 303 et 304), entre le bord postérieur de l'articulation tibiotarsienne et le tendon d'Achille. Pour une description plus complète et la technique, se reporter à l'article de Chutro (Presse méd., 1916, n° 13, p. 101 et suiv.).
L'allongement du membre serait particulièrement utile dans les grands accourcissementspar perte de substance. Heitz-Boyer a essayé de l'obtenir au moyen de greffes osseuses, remplaçant tout ou partie du segment tibial disparu. Mais cette opération n'a été exécutée jusqu'à ce jour que dans des cas peu anciens et les résultats sont trop récents pour permettre un jugement définitif.
En présence d'accourcissements énormes, on a été amené à supprimer lavant-pied, gênant pour l'application des appareils et sans utilité. On peut, en pareilles circonstances, réaliser d'excellents moignons à appui direct (amputation ostéo-plastique tibio-calcanéenne de Pirogoff, par exemple), c'est-à-dire transformer le sujet en amputé de jambe, dans les meilleures conditions pour la prothèse.
INFLEXIONS OU INCURVATIONS
Les inflexions peuvent être réparties en quatre catégories principales, suivant que l'extrémité de la jambe est déviée dans le plan sagittal, — en avant, en arrière ; ou dans le plan frontal, — en dedans, en dehors. La déviation commande l'attitude du pied. Et comme celle-ci apparaît au premier coup d'œil, elle permet de repérer et de définir le déplacement : inflexion de la jambe avec pied talus, équin, valgus ou varus. Ces difformités sont souvent associées et compliquées de chevauchement.
Beaucoup d'inflexions ont pour cause première un traitement orthopédique imparfait de la fracture à son début, soit qu'on ait négligé de corriger le déplacement initial, soit qu'on ait fait appel à des moyens insuffisants, soit enfin que les conditions de la fracture, lorsqu'il s'agit de lésions ouvertes, n'aient pas permis de faire ce qu'il aurait fallu et ce qu'on aurait voulu.
Il est classique, dans le traitement des fractures de jambe, de combattre avant tout la tendance au valgus et à l'équinisme. Pour cela, on s'efforce de réaliser un léger varus et un léger talus. Mais, la hantise d'éviter les déviations les plus redoutables amène parfois les chirurgiens novices à dépasser le but. L'excès de correction aboutit à la création d'une déviation en talus ou en varus, qui peut atteindre un haut degré et constituer une infirmité aussi grave que celle qu'on désirait prévenir.
Dans la genèse des cals vicieux de jambe, comme pour ceux de la cuisse, on doit tenir un très grand compte des déviations secondaires, consé-
[P. FfiEDET]
CHIRURGIE RÉPARATRICE ET ORTHOPÉDKjl E
quences de la malléabilité du cal, lorsque la marche est permise de façon trop précoce, sans la garantie d'un tuteur temporaire inflexible.