‹ Chirurgie réparatrice et orthopédiqueChapitre 161 sur 257 · ABC · texte numérisé non relu

ABC

Hallux valgus, procédé de Juvara.

Fig. 388. — A. Les deux flèches indiquent les sens dans lesquels il faut pratiquer les corrections, la phalange doit être ramenée en dedans, le métatarsien en dehors. On voit indiqué en hachures noires Je coin osseux qu'il faut réséquer pour redresser et raccourcir le premier métatarsien, coin à base externe ; sur la portion interne de la capsule les hachures indiquent la portion de la capsule qu'il faut réséquer. — B. Enclouage combiné avec la ligature au fil métallique. — C. L'orteil étant ramené en portion normale, on résèque la portion exubérante de la capsule marquée en noir. La capsule est ensuite reconstituée par quelques points de suture.

coaptés sont ensuite solidement fixés, soit par enclouage simple, soit par l'enclouage combiné à la ligature.

La bourse séreuse est extirpée. La portion interne de la capsule articulaire est réséquée. Le gros orteil est ramené en bonne position.

La tête du clou et les chefs du fil métallique passeront au dehors entre les lèvres de la peau exactement affrontées.

Lésions dues aux traumatismes de guerre. — Les lésions de guerre du pied antérieur ont été encore plus variées et plus disparates que les lésions du temps de paix : elles ont donné lieu à une foule d'interventions atypiques : grattage d'ostéite, résections partielles portant sur les cunéiformes ou les métatarsiens.

Dans les cas où un seul cunéiforme avait été enlevé, l'impotence fonctionnelle était minime. La suppression des trois cunéiformes, au contraire, avait entraîné une déformation du pied assez sensible, effacement de la voûte du pied, saillies osseuses au niveau du dos du pied, raideur de la tibio-tarsienne en équinisme.

[DESFOSSES]

TRAUMATISMES DU TARSE ET DU MÉTATARSE

Plus nombreux étaient les cas où les lésions du scaphoïde, du cuboïde et des cunéiformes étaient accompagnées de résection du calcanéum, de l'astragale ou des métatarsiens.

On trouve dans les dossiers des blessés de la guerre des combinaisons de lésions excessivement variées :

Tarsectomies antérieures avec association de résection du tarse postérieur ;

Tarsectomies antérieures avec association de résection du métatarse ;

Fig 389. — Blessé par éclat d'obus. — Ablation du cuboïde, du 3e cunéiforme et de l'extrémité postérieure du 5e métatarsien. Raideur tibiotarsienne. Pied utilisable.

Fig. 390. — Pied droit. - Ablation des 4e et 5e métatarsiens et des orteils correspondants. Ablation du cuboïde et des cunéiformes. Atrophie de la cuisse et de la jambe. Gêne de la marche qui se fait avec une abduction très marquée, la marche devient rapidement pénible.

Résection des cuboïde et cunéiforme seuls ;

Résection des cuboïde, cunéiforme et tarse postérieur ;

Résection des cuboïde, cunéiformes et métatarse ;

Résection du scaphoïde et cunéiforme ;

Résection portant sur scaphoïde, astragale et calcanéum en totalité ou en partie ;

Résection du scaphoïde avec métatarsien.

Les tarsectomies antérieures avec résection du tarse postérieurontdonné des résultats tout à fait défavorables ; le pied déformé était dévié en varus ou plus rarement en valgtis; les mouvements de flexion et d'extension du pied étaient abolis ; les orteils étaient enraidis, la Fig- 39L __ GL j. Blessé par balIe qui a traversé ,e tarse

jambe atrophiée. antérieur de dehors en dedans. Destruction du sca-

T , . phoïde, du cuboïde et des cunéiformes, attitude de

Les resections aSSO- l'avant-pied en varus équin.

[DE S FOSSES

ciées portant sur le tarse antérieur et sur les métatarsiens, quand elles ne sont que partielles et n'intéressent qu'un seul bord du pied, sont compatibles avec une assez bonne utilisation du pied, le blessé possédant un point d'appui talonnier et un des points d'appui plantaire, on peut suppléer au troisième par une chaussure appropriée.

Les cicatrices longitudiaales, adhérentes et douloureuses, qui existent

Fig. 392. — Ablation de tout le tarse Fig. 393. — Disparition de tout le tarse antérieur et de antérieur (cunéiformes, scaphoïde, l'astragale, pied œdématié, difforme, peu utile, quoique cuboïde) et de la partie antérieure 1 intervention chirurgicale eût été très bien conduite, du calcaneum et de l'astragale.

Effondrement de la voûte plantaire, mauvais pied.

souvent sur les bords du métatarse gênent considérablement le port de la chaussure ; il en est de même des positions vicieuses des orteils immobilisés en hyperextension ou en griffe.

D'une façon générale, les résections ayant porté sur le tarse antérieur ont donné des résultats dont la déficience dans le fonctionnement du pied

Fig. 394. — Quelques exemples de pertes de substance des métatarsiens. A. Ablation des deux premiers cunéiformes, d'une partie du cuboïde, de la plus grande partie des 3 premiers métatarsiens, des 2 premiers orteils en totalité, d'une partie du 4* métatarsien. — B. Destruction large du tarse antérieur et des 3 premiers métatarsiens. — C. Fracture de la partie moyenne de tous les métatarsiens.

[DESFOSSES]

TRAUMATISMES DU TARSE ET DU METATARSE

était en rapport avec l'étendue du dégât osseux d'une part, d'autre part avec les lésions des muscles et des tendons ; et enfin avec les soins chi-

Fig. 395. — Destruction de l'extrémité supérieure des 2e et 38 métatarsiens, cicatrice plantaire douloureuse, marche difficile sur le bord externe du pied.

rurgicaux. Le résultat fonctionnel dépend de l'aplomb du pied, du maintien de la voûte plantaire, de l'intégrité des parties molles.

C'est ainsi que, sur un blessé atteint de fracture du tarse, la disparition

totale du scaphoïde avec ankylose des cunéiformes et de l'astragale n'amena une diminution de capacité au travail que de 10 pour 100, parce que le pied avait gardé sa forme normale et les téguments toute leur souplesse. Au contraire, un autre blessé, atteint d'une simple perte de subs-

Fig. 396. — Quelques cas de conservation inutile de métatar- tance de la Dartie exsiens, de tels cas sont justiciables d'une intervention plus "

radicale (Lisfranc atypique). terne du cuboïde ,

avait perdu 20 pour

100 de sa capacité au travail, parce que les derniers orteils étaient enraidis.

Quand tout le tarse antérieur a été évidé avec une partie de l'astragale

[DESFOSSES]

Fig. 397. — G. M. Résection du 2e métatarsien avec conservation de l'orteil. La flexion active ou passive du pied ne dé

et du calcanéum, le pied se présente avec un raccourcissement variant de trois à cinq centimètres. Il est ramassé sur sa longueur, son diamètre vertical est augmenté, la voûte plantaire est affaissée, le pied est dévié en talus, en varus, en valgus ; très souvent il y a abolition des mouvements des orteils, qui sont enraidis en flexion, plus rarement en hyperextension.

L'articulation tibio-tarsienne est très souvent enraidie ou ankylosée. L'ensemble du pied est infiltré, œdématté avec téguments blafards ou violacés.

Il existe une atrophie considérable des muscles de la jambe ; la marche est difficile, douloureuse. Le blessé ne peut se déplacer sans canne.

Dans les traumatismes de guerre des métatarsiens, la question la plus impor-

passe pas l'angle de 90', son extension tante a ete ceUe Je la cicatrice plancelui de 110(>. Les mouvements actifs des . l

orteils sont nuls, le premier orteil est taire; quand les téguments sont restés

dévié en dehors, il est chevauché sur souples indolores, le résultat a été sa lace dorsale par les 2e et 3e. Cyanose r > ■

et cryesthésie du pied. Le blessé ne peut bon, même si la perte osseuse a été

marcher qu'avec l'aide de béquilles. .. j j i •. .

^ H étendue, surtout quand les métatar-

siens Ier et Ve ont été respectés.

Les pertes de substance par projectiles ou par interventions ont été nombreuses sur les métatarsiens, sur leurs bases, sur leurs têtes, sur leurs corps. Quand les résections n'ont porté que sur les métatarsiens médians, les résultats étaient assez bons, les cas défectueux étaient dus à ce que la cicatrice était restée douloureuse.

D'après les observations de guerre, il est inutile, quand on enlève un métatarsien, decon-

server l'orteil correspondant : ces orteils sans soutien chevauchent leurs voisins et deviennent rapidement gênants. La conservation du gros orteil, quand le métatarsien a disparu, s'accompagne toujours de déviation de

Fig. 398. — N. C. Blessé en 1915 (éclat d'obus). Amputation des 4 premiers orteils et résection de la partie antérieure de la tète des métatarsiens correspondants. Le 5e orteil, replié fortement en dedans en crochet, recouvre la moitié environ de la partie antérieure du moignon et gêne le port de la chaussure.

[DE S FOSSE S

TRAUMATISMES DU TARSE ET DU MÉTATARSE

l'orteil et nécessite ultérieurement une ablation. La résection d'un orteil doit être faite jusqu'à l'articulation métatarso-phalangienne, car un moignon d'orteil reste exposé à l'irritation du fait de la chaussure (fig. 398).

Quand plus de trois métatarsiens sont détruits, il est le plus souvent inutile de conserver le reste de cette région. Ce blessé marchera mieux après avoir subi une intervention tranchant le métatarsien restant ou descendant jusqu'à l'articulation de Lisfranc.

Beaucoup d'impotences fonctionnelles et de frais de pension à la charge de l'Etatrésultent dune conservation irréfléchie d'orteils déviés en flexion, en hyperextension, en chevauchement sur les orteils voisins, d'orteils ou de moignons d'orteils à téguments amincis, cyanoses, intolérants pour les chaussures.

Traitement des difformités résultant des traumatismes du pied

antérieur.

Dans les suites éloignées des traumatismes du pied antérieur, orteils, métatarse et cunéiformes, la nécessité d'un bon appui doit guider le chirurgien dans ses décisions. La désarticulation des cinq orteils, lorsque la cicatrice est franchement dorsale, donne un résultat fonctionnel parfait; on ne sera donc pas trop ménager des orteils : un orteil ankylosé, hors du rang, en flexion, en extension, chevauchant le voisin, doit être désarticulé ; ces orteils violacés, à peau amincie, s'excoriant au moindre contact, tels que les ont laissés les gelures, doivent être désarticulés.

S'il ne reste au bout Fig. 399. — Conservation isolée du gros orteil

du oied au'un OU et ^e son métatarsien ayant nécessité une

., intervention secondaire pour l'ablation de

deux orteils, même cet appendice gênant.

sains, il faut les sacrifier ; le port de la chaussure en sera facilité ; on n'hési- Fig. 400. -Dés- tera m^me Pas s'il s'agit du gros orteil, la désarticulation du articulation gros orteil ne gêne pas la marche. Nous avons vu plu-

des orteils pour • j i , ., ,.

gangrène, sui- sieurs cas de conservation du gros orteil avec son metate de gelure, tarsien, après disparition des autres orteils avec leurs

un seul orteil , . , , . . . .

aétéconservé; métatarsiens, le résultat était curieux au point de vue

le frottement humoristique ; en fait, les blessés réclamaient l'ablation de la chaussure * .

l'ulcère. de cet appendice à la poulaine.

[ DESFOSSES

Dans les suites éloignées des destructionsdes métatarsiens, le chirurgien n'aura d'autre guide que le fonctionnement physiologique ; le bottier estil arrivé à rendre supportable telle cicatrice sensible, telle saillie osseuse anormale ? est-il arrivé par un artifice à suppléer un point d'appui manquant ? on laissera en l'état le pied difforme.

Si l'art de la prothèse est impuissant à permettre une marche tant soit

Fig. 401. — A. Gelure des pieds avec conservation de moignons d'orteils douloureux à peau mince, B. La désarticulation a donné un excellent résultat.

peu prolongée, on n'hésitera pas à s'armer du bistouri et à régulariser le pied par une amputation partielle du pied.

La peau dorsale du pied ne s'adapte pas à supporter le poids du corps ; le grand point à réaliser dans les amputations partielles du pied, comme l'a précisé Souligoux à la Société de Chirurgie, c'est d'obtenir que Yextrè-

Fig. 402. — A. Conservation des deux derniers orteils avec leurs métatarsiens, plaie mal cicatrisée à la partie antéro-interne du pied. — B. Le blessé a marché parfaitement après désarticulation de ces métatarsiens (Lisfranc, atypique à lambeau externe).

mité du moignon soit recouverte de peau plantaire, que Y appui du pied porte sur la peau plantaire . C'est à cette condition primordiale que doit être subordonnée la taille des lambeaux et la coupe des os ; on ne se préoccupera pas des interlignes articulaires, on sectionnera transversalement le squelette de lavant-pied comme s'il s'agissait d'un seul os ; on en coupera autant qu'il sera nécessaire pour que le moignon restant ait son extrémité terminale recouverte de peau plantaire.

On ne s'arrêtera qu'aux limites de l'arrière-pied. Le minimum osseux qu'on doive conserver, ce sont les os du pied postérieur, calcanéum, astragale, scaphoïde, cuboïde. Amputation transmétatarsienne, qu'elle soit faite à la partie antérieure ou à la partie postérieure du métatarse, désarticula-

[DESFOSSES]

TRAUMATISMES DU TARSE ET DU METATARSE

Fig. 403. — Pied droit: amputation atypique des orteils. — Pied gauche: Chopart avec conserv. duscaphoïde et du cuboïde, excellents moignons, marche parfaite même sans chaussures.

tion de Lisfranc avec ou sans les cunéiformes, voilà d'excellentes interventions, sur lesquelles tous les chirurgiens sont d'accord.

La désarticulation médio-tarsienne de Chopart est une opération plus discutée, elle a été beaucoup pratiquée en France au cours de cette guerre. Sur 3.000 cas de blessures du pied ayant entraîné la réforme, j'ai relevé en 1918 à la commission consultative comme opérations typiques :

Désarticulations de tous les orteils.

Amputations transmétatarsiennes.

Désarticulations de Lisfranc. .

Désarticulations de Chopart.

rig. 404.— Pied droit, Désarticulation de ...

Lisfranc. Pied gauche, désarticulation Désarticulations sous-astragahende Chopart avec conservation du cuboïde, marche aisée même sans chaussures, malgré un léger équinisme du moignon gauche.

nés

Sur un total de 4.000 gelures des

[DESFOSSES]

458 CHIRURGIE REP iRATRICE ET ORTHOPÉDIQUE

pieds, la statistique de la même période fournit comme opérations typiques :

Désarticulations des orteils 689

Amputations transmétatarsiennes 115

Désarticulations de Lisfranc 236

Désarticulations de Chopart 195

Désarticulations sous-astragaliennes 26

Il faut noter qu'un grand nombre de ces opérations dites de Chopart étaient atypiques : le cuboïde, le scaphoïde, avaient été laissés dans le

mm .'■-

Fig. 405. — Quelques cas de Chopart typiques et atypiques. A. A. Moignon basculé avec excoriation à la partie antérieure du moignon. — B.

B. L. Persistance du scaphoïde et d'une lamelle du cuboïde, moignon parfait. — C.

C. Chopart avec excès de peau plantaire, persistance d'une lamelle du scaphoïde et du cuboïde, bon moignon malgré sa forme bizarre.

moignon, séparément ou simultanément, en totalité ou en partie, volontairement ou involontairement par le chirurgien.

Les archives du service de santé contiennent donc un nombre imposant de dossiers concernant la désarticulation de Chopart. L'étude de

[DESFOSSES]

TRAUMAT1SMES DU TARSE ET DU METATARSE

ces dossiers permet de se faire une idée, avec un recul de temps suffisant, de ia valeur pratique de cette opération. La conclusion qui se dégage, c'est que la désarticulation de Chopart a une valeur médiocre. L'équinisme est le grand écueil de l'opération de Chopart : sur presque toutes les radiographies jointes aux dossiers de Chopart on observe un certain degré de bascule du calcanéum par rétraction du tendon d'Achille; rares sont les cas où le calcanéum est horizontal, alors que, sur un pied normal, la direction du calcanéum est légèrement ascendante d'arrière en avant. Cette bascule du calcanéum existe même dans les cas où se trouve mentionnée la section du tendon d'Achille pour remédier à l'équinisme. Cette section tendineuse,

Fig. 406. — Astragalectomie secondaire pour lutter contre l'équinisme d'un Lisfranc, on a avivé la surface articulaire de la mortaise tibiopéronière et réuni par un fil d'argent. La malléole externe a été abrasée en partie. (Archives du service de santé).

Fig. 407. — Résection de Wladimirofî-Mikulicz. Opération à ne pas faire.

satisfaisante a priori, est en réalité inopérante. L'équinisme, du reste, n'est pas incompatible avec un assez bon usage du moignon, si la peau qui recouvre l'extrémité antérieure du moignon est de la peau plantaire doublée d'un bon tissu adipeux et si l'appareil de prothèse est judicieusement combiné.

La fréquence de cet équinisme doit inciter le chirurgien à fixer les tendons dorsaux du pied à la lame fibreuse plantaire. Frœlich a fait remarquer que les bons résultats de sa statistique de Chopart sont ceux dans lesquels les extenseurs des or-

Fi*r 43 .7" ?é!?lt?.t, d'une résection teiis ont pu être suturés à la partie antéde Vladimirofi-Mikulicz. Pied pra- . .

tiquement inutilisable. rieure du lambeau plantaire.

[DE S FOSSE S

4Go

Un bon moyen de remédier à la bascule du Chopart, c'est d'enlever l'astragale (fig. 406).

Les attitudes vicieuses du pied résultent le plus souvent d'ankyloses

médio- tarsiennes ou tibio-tarsiennes ; rares seront donc les indications de sections ou de transplantations tendineuses ; ces attitudes vicieuses, suites de traumatismes de guerre, nécessiteront des opérations sur le squelette :

Ablation de l'astragale quand lankylose siège au coudu-pied.

Tarsectomie cunéiforme externe à base dorsale et externe

Fig. 409. — Aspect d'un moignon de désarticulation Fig. 410. — Amputation du pied gauche,

sous-astragalienne. Radiographie face et profil du opération par le procédé de Ricard,

moignon. Excellent moignon. ^Collection Desfosses). avec conservation du calcanéum. Marche

* possible sur le moignon nu.

pour l'ankylose médio-tarsienne en varus avec chute de l'avant-pied en équinisme.

Amputation tibio-calcanéenne Amputation tibio-calcanéenne Amputation tibio-calcanéenne, de Pirogoff. de Sedillot. Pasquier-Lefort.

Fig. 411. — Amputations ostéoplastiques de Pirogoff, Sedillot, Le Fort.

[DES FOSSES

TRAUMATISMES DU TARSE ET DU MÉTATARSE

Fig. 412. — A et B. Exemples de Pirogoff. atj'piques avec moignons relativement bons. (Archives du service de sanlé).

Traitement des difformités résultant des traumatismes du pied

postérieur.

Quand les lésions portent sur le tarse postérieur et lorsque la marche

reste très gênée et pénible malgré

la prothèse, il faut sans hésiter

recourir au sacrifice du pied.

On ne s'attardera pas à des

opérations fantaisistes telles que

la résection de Wladimiroff-Miku-

licz (fig. 407 et 408).

La désarticulation sous-astra-

galienne exécutée par le procédé

de Farabeuf donne un beau

moignon, un bon point d'appui

au membre inférieur (fig. 409).

Il en est de même des amputations du pied avec conservation totale ou partielle du cal-

canéum, opération de Ricard,

opérations de Pirogoff, de Sedillot, de Pasquier-Lefort, de J.-L. Faure, où

s'est donné carrière l'imagination des chirurgiens. Bien exécutées, avec

une taille ingénieuse des lambeaux, ces opérations donnent en général des moignons très bons, quoiqu'il ne soit pas rare, dans les amputations os téo pi as tiques tibio-calcanéenne, d'observer cette bascule du calcanéum en avant qui est l'écueil de l'opération de Chopart (iig. 413).

Désarticulations sous-astragaliennes, opération de Ricard, opérations

Fig. 413. - Deux cas de déplacement se- de Pirogoff et de ses imitateurs, sont

condaire du fragment calcanéen, après des opérations à conserver ; elles

l'opération de Pirogoff. (Archives du ser- , , .

vice de santé.) donnent des moignons sur lesquels le

blessé peut marcher pieds nus sans chaussures, sans appareils; mais dans Vètat actuel de la prothèse du membre intérieur, leur appareillage est plus difficile que celui du moignon d'amputation basse de jambe ; il est moins parfait.

En pratique, quand le chirurgien ne pourra conserver le pied postérieur en entier, il devra pratiquer une amputation basse de jambe qui bien appareillée permet une marche vraiment normale.

[ DES FOSSES

APPAREILLAGE DES LÉSIONS DU PIED [ANDRÉ TRÊVES

Raccourcissement. — 11 est consécutif à des fractures de cuisse, de jambe, à des résections de la hanche ou du genou. Nous l'avons vu atteindre jusqu'à 15 centimètres après certaines fractures de cuisse consolidées en crosse. Lorsqu'il ne dépasse pas trois centimètres, tout appareil est inutile.

Appareillage provisoire. — La fabrication de la chaussure orthopédique demandant un certain temps, nous confectionnons rapidement un soclet en bois avec talon, établi exactement d'après la forme de la semelle de la chaussure et que l'on place au-dessous d'elle. Deux courroies fixées aux bords latéraux de ce socle viennent se boucler au niveau du cou-de-pied. Deux petites attelles métalliques plates, placées aux bords de la semelle de bois à la partie moyenne de l'avant-pied, viennent encadrer la chaussure. Deux autres sont placées de même de chaque côté du talon, une dernière en arrière. La semelle de bois peut être ainsi adaptée à n'importe quelle chaussure et enlevée presque instantanément. Elle est parfaitement fixée, très légère (on l'évide en dedans dans les raccourcissements prononcés) et le blessé qui en est muni marche parfaitement, en attendant sa chaussure orthopédique.

Lorsque le raccourcissement atteint ou dépasse dix centimètres, nous remplaçons la semelle en bois par l'appareil dont la figure indique bien l'aspect. Il ... .,. . ., ... est également en bois, avec sabot de

rig. 414. — Appareil amovible pour ° .

grands raccourcissements du membre caoutchouc, et complètement îndépeninférieur (Centre de Rennes). dant dfî ^ chaussure jfig. 414).

Appareillage définitif. — Ce sujet a été étudié par Ducroquet, dans

ouc.

APPAREILLAGE DES LESIONS DU PIED

son livre sur la prothèse fonctionnelle des blessés de guerre, d'une manière très complète ; nous ne pouvons que le résumer ici.

Lorsque le pied a conservé ses mouvements, on place sous la semelle

Fig. 415. — Socle en bois et bout simulé flexible. Le chausson de correction est indépendant (Ducroquet).

(Ducroquet), ou mieux entre la première et la semelle, une épaisseur de liège suffisante pour la correction. En dissimulant le liège sous la tige, on donne à la chaussure un aspect presque normal.

Lorsque le raccourcissement est important (au delà de six centimètres), il est bon d'évider le liège entre la partie antérieure et le talon, pour alléger la chaussure.

Lorsque au raccourcissement s'ajoute un certain degré d'équinisme, il faut confectionner l'assiette en liège en tenant compte de cette déformation.

Elle a l'avantage de pig. 416. — Correction par liège oblique, bout simulé et diminuer l'épaisseur assises horizontales. En I, le liège est vertical à l'arrière. En

du liège en avant, mais

II, correction plus importante avec liège biseauté à l'arrière (Ducroquet).

CHIRl HGIE REPARATRICE ET ORTHOPÉDIQUE

contrairement à Ducroquet, je n'ai jamais chaussé de parti pris en équin les blessés atteints de raccourcissement. Cette inclinaison du pied en vivant rend la marche plus fatigante au niveau de la tibio-tarsienne et le pied a, de plus, une tendance à descendre dans la chaussure, ce qui occasionne des douleurs au niveau des orteils, des durillons et des ongles

feutre

Fig. 417. — Correction d'un raccourcissement par pied simulé. Le pied simulé est indépendant de la chaussure ^Ducroquet).

incarnés. On sait combien ces diverses lésions sont fréquentes chez les femmes qui portent des talons élevés.

Dans les raccourcissements très importants, Ducroquet emploie les appareils de divers modèles dont je reproduis les figures qui en expliquent clairement la construction (fig. 415, 416 et 417).

Pour ma part, je n'ai jamais utilisé ces chaussures avec pied simulé, qui me paraissent lourdes. Lorsque le raccourcissement est très marqué, pour éviter la bascule latérale, j'adjoins à la chaussure deux attelles métalliques, articulées au niveau delà tibio-tarsienne, et fixées par une courroie au-dessus du mollet. Dans les cas de raccourcissement de plus de dix centimètres, un grand nombre de blessés préfèrent à toute chaussure l'appareil que j'ai décrit plus haut et figuré comme appareil provisoire.

APPAREILLAGE DES LÉSIONS DU PIED

Déviations.

Fig. 417 bis. — 1. Pied varus irréductible. — 2. Rétablissement de l'aplomb par liège intérieur.

Varus. — C'est une lésion très fréquente et succédant aux blessures et aux traumatismes les plus variés. Il se combine souvent à lequinisme.

Dans les cas légers, faciles à corriger, il suffit de placer une lame de liège en dehors, entre la première et la semelle, et de surélever un peu le talon du même côté. Cette correction est généralement insuffisante, même dans les varus réductibles.

Il faut alors désaxer le talon en dehors et lui donner une forme oblique en bas et en dehors. De même la semelle devra être plus épaisse en dehors. Lorsque ce procédé ne suffit pas, il est nécessaire d'adapter à la chaussure soit une attelle interne avec sangle externe large en T en entourant la malléole externe et fixation par un lac à la jambe Ducroquet), soit deux attelles latérales avec embrasse jambière postérieure et fermeture en avant à ce

niveau.

Lorsque le varus est irréductible, il faut se résoudre à fixer le pied en mauvaise position.

Une garniture en liège, reproduisant en creux la forme du pied, est placée dans la chaussure et constitue une sorte de gouttière (fig. 417) où le pied repose sans fatigue. Lorsque au varus se surajoute de l'équinisme, le liège doit être plus épais en arrière.

Valgus. — Il est beaucoup plus rare comme séquelle de blessure de guerre, mais nous avons eu souvent à chausser des

hommes des jeunes classes Fig' t18C7- L Pied P1** vf,guus irréd»içtible. - atteints du pied plat valgus habi-

Page 1