COMMENT TRAITER LES CONTRACTURES RÉFLEXES
A vrai dire, il est trop tôt pour répondre définitivement à cette question.
Avant tout, il faut éviter de laisser se développer la contracture et, pour cela, il faut soigner complètement les blessés, pour leur éviter les cicatrices douloureuses qui, plus que les autres, sont le point de départ de l'affection, et les surveiller pour dépister à temps la mauvaise attitude.
Quand un blessé du membre inférieur est autorisé à poser le pied à terre, il faut veiller à ce qu'il exécute tout de suite les mouvements normaux de la marche et lui interdire toute position vicieuse du pied ou de la jambe.
Les cannes et les béquilles sont dangereuses si leur utilisation n'est pas strictement contrôlée.
Au point de vue psychique, il est indispensable d'éviter la contagion ; certains centres de mécano ou de physiothérapie se sont montrés de réelles cours de miracles où se cultivaient et s'épanouissaient les psychoses et les difformités.
La contracture une fois installée, pouvons -nous lutter efficacement contre elle?
Oui, mais ce traitement curatif doit varier suivant les cas.
Il importe, avant tout, de faire de l'affection un diagnostic aussi précis que possible. L'association fréquente de la contracture réflexe et d'autres états pathologiques rend nécessaire de serrer de près ce diagnostic, et de rendre à chaque élément ce qui lui appartient dans le complexus symptomatique.
Si des lésions réelles des nerfs périphériques accompagnent les troubles purement névropathiques, elles nécessitent un traitement direct. Des attitudes vicieuses d'origine mécanique seront combattues par la section ou la résection de brides, de cicatrices avoisinant la contracture. Chez un blessé ayant subi l'extirpation du deuxième orteil avec son métatarsien pour une fracture par coup de feu, une contracture du pied en talus était associée à une flexion forcée des premier et troisième orteils. L'intervention montra que la flexion des orteils était exclusivement d'origine cicatricielle et liée à la rétraction des brides fibreuses périarticulaires profondes, alors que le talus était dû à une contracture réflexe.
Les contractures ischémiques, celles en particulier qui sont consécutives à l'application d'un appareil trop serré, sont à distinguer des contractures réflexes.
Ces lésions associées doivent être reconnues et traitées par des moyens
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5oo CHIRURGIE REPARATRICE ET ORTHOPÉDIQUE
appropriés, d'autant plus que la contracture réilexe ne saurait être que très heureusement influencée par le traitement des lésions concomitantes.
Ceci établi, on peut mettre en fait que le traitement des contractures réflexes proprement dites est surtout un traitement médical, et que la ciwv psychique y joue le plus grand rôle.
Par la méthode lente ou la méthode brusquée, associées à la préparation du malade par l'isolement, la cure psychique procure la guérison ou l'amélioration chez beaucoup de sujets et doit être essayée dans la presque totalité des cas.
MM. Roussy et Boisseau ont montré que les méthodes suggestives sont souvent efficaces chez les sujets atteints de troubles physiopathiques et non pas seulement chez les pithiatiques purs, mais, comme l'affirme M. Vincent, c'est l'élément pithiatique qui disparaît, l'élément physiopathique persiste; aussi sera-t-on fréquemment obligé de recourir à diverses méthodes adjuvantes.
Le traitement par la mécanothérapie, le massage, la mobilisation, les agents physiques, employé seul, est loin de donner les résultats qu'on pourrait en espérer. Beaucoup de contractures ont été aggravées par des tentatives de redressement ou des manœuvres violentes. Ce traitement exige de l'attention et de la sagacité clinique.
Il est, dans tous les cas, nécessaire d'associer la cure psychique à la cure physiothérapique, et celles-ci peuvent être très utilement aidées par l'anesthésie partielle provoquée par une injection intra-rachidienne de stovaïne (H.Claude, 1917).
Contre la contracture au début, l'immobilisation en bonne position du membre dans un appareil à valves, permettant une prudente mobilisation journalière, nous a parfois rendu les plus grands services.
Il faut interdire rigoureusement les appareils prothétiques dans tous les cas, et c'est l'immense majorité, où l'élément pithiatique joue un rôle. MM. Meige et Béhague en ont montré avec raison les dangers et la Société neurologique de Paris a confirmé officiellement leur opinion dans sa séance du 7 mars 1918.
La rééducation est une partie importante de la cure médicale, elle ne saurait être négligée.
Tous les traitements médicaux ou mécaniques peuvent être insuffisants contre la contracture, et on peut être, exceptionnellement, amené à recourir à un traitement chirurgical.
Les traitements chirurgicaux sont d'ordres très différents :
A titre palliatif, et pour éviter les déformations secondaires ligamenteuses, tendineuses, etc., qui rendraient l'attitude définitive, les ténotomies, surtout celle du tendon d'Achille, et les arthrodèses, surtout celle de la tibio-tarsienne, ou mieux encore, des deux articulations médio-tarsienne et sous-astragalienne (Broca), permettent de redresser ou même de fixer le membre dans une bonne attitude permettant la marche.
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CONTRACTURES REFLEXES DU MEMBRE INFERIEUR 5oi
Ces opérations ne sont que des pis-aller qui consacrent l'échec de la thérapeutique. Il ne faut pas cependant hésiter à les entreprendre dans les cas rebelles.
Beaucoup plus intéressant est le traitement chirurgical curatif, mais ses indications sont jusqu'ici très limitées.
La réfection dune cicatrice réellement vicieuse ou infectée, point de départ du réflexe de contracture, peut exceptionnellement avoir un effet utile.
L'action sur le sympathique a pu, dans certains cas, donner de bons résultats par l'excision des gaines vasculaires artérielles dans lesquelles cheminent les plexus sympathiques (Leriche, Cotte, Le Fort). Après l'avoir utilisée à d'assez fréquentes reprises, j'ai noté des effets d'autant meilleurs que les troubles vaso-moteurs, cyanose, œdème, refroidissement, hypersudations, étaient plus accusés. Les contractures ont le plus souvent reparu peu de temps après l'intervention.
Cette opération ne saurait convenir qu'aux cas à prédominance nette des troubles sympathiques.
Dans certains faits exceptionnels où un nerf purement sensitif sert de voie centripète au trouble réflexe, la résection du nerf peut être indiquée, à la condition que l'anesthésie de ce nerf par une injection locale de cocaïne ou de novocaïne interrompe la contraction. J'ai pu ainsi, par la résection de la branche cutanée du petit sciatique, obtenir chez un nègre la guérison immédiate et définitive d'une contracture des muscles de la face postérieure de la cuisse.
Dans le même ordre d'idées, et sous réserve d'un examen approfondi permettant d'affirmer la nature purement physique et réflexe de la contracture, et en cas d'accidents sérieux entraînant une impotence très grave, et après épreuve de 1 anesthésie lombaire, la résection extra-durale d'une ou deux racines postérieures correspondant à la zone cicatricielle pourra être discutée (Le Fort).
Si la plupart des contractures sont améliorées et si beaucoup d'entre elles sont guéries par les divers traitements que nous venons de passer en revue, il n'en est pas moins certain qu'un certain nombre d'entre elles résistent aux efforts thérapeutiques et sont le point de départ de difformités et d'impotences durables et peut-être définitives.
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APPAREILLAGE DES PARALYSIES DU MEMBRE INFERIEUR
[Mme ATHANASS10-BÉNISTY]
La prothèse du membre inférieur se propose d'améliorer les troubles de la marche, fonction primordiale de cet organe.
Les lésions les plus fréquemment rencontrées et qui entraînent les plus grands désordres dans la marche sont celles des nerfs grand sciatique et sciatique poplité externe. Les paralysies isolées du sciatique poplité interne sont rares et entraînent rarement une déviation telle du pied qu'elles nécessitent un appareillage spécial.
Les paralysies du crural, également rares, s'accompagnent de certaines difficultés de la station debout et de la marche en terrain accidenté, assez prononcées pour qu'on se soit occupé d'y remédier par la construction d'appareils appropriés.
Fig. 431. — Appareil de Claude, vu de face el de profil. Le tracteur est constitué par une lame de caoutchouc qui s'accroche par deux anneaux à deux crochets fixés sur une jambière indépendante (d'après Chiray et Dagnan-Bouveret).
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APPAREILLAGE DES PARALYSIES DU MEMBRE INFÉRIEUR 5o3