‹ Chirurgie réparatrice et orthopédiqueChapitre 18 sur 257 · CALS VICIEUX DE L'HUMÉRUS [ALBERT MOUCHET · texte numérisé non relu

CALS VICIEUX DE L'HUMÉRUS [ALBERT MOUCHET

Les cals vicieux sont monnaie courante à la suite des fractures de l'humérus par armes à feu; cette fréquence est due à plusieurs causes :

1° Etendue et profondeur de la plaie des parties molles nécessitant des pansements répétés et prolongés et empêchant l'application d'un appareil rigoureusement immobilisateur ;

2° Perte de substance plus ou moins grande de l'os, soit immédiate, soit consécutive au traitement ou à la séquestration par infection ;

3° Enfin infection plus ou moins intense et plus ou moins prolongée de la substance osseuse.

On ne saurait trop insister, avec Aug. Broca, sur l'analogie de Yostéomyélite traumatique avec l'ostéomyélite spontanée de l'enfance, sur son évolution lente, mais de durée persistante, avec formation de séquestres tardifs éliminés par des trajets fistuleux souvent indéfinis, avec réveils inflammatoires répétés, d'allure subaiguë ou même aiguë. On ne saurait oublier l'association de ces deux processus dans le foyer osseux infecté : 1° raréfaction par nécrose ou mortification du cylindre osseux diaphysaire ; 2° condensation par ostéogénèse exagérée du tissu sous-périosté.

A la nécrose succède le séquestre qui, plus ou moins mobile dans la cavité suppurante, communique avec l'extérieur par des perforations plus ou moins larges de l'os où viennent aboutir les fistules des parties molles.

Dans le tissu spongieux des épiphyses où la prolifération sous-périostée est presque nulle, c'est surtout la raréfaction qui domine ; quand elle est diffusée à l'épiphyse, elle amène cet état de carie, c'est-à-dire de ramollissement de l'os où la curette « pénètre comme dans du beurre ».

Ce n'est pas le lieu de décrire plus longuement cette ostéomyélite traumatique, mais la part qu'elle prend à l'évolution du cal est malheureusement si prépondérante dans les fractures de l'humérus par armes à feu, qu'à la méconnaître on aurait peine à s'expliquer la fréquence des cals vicieux de l'humérus.

Nous n'aurons en vue dans ce chapitre que les cals vicieux de la diaphyse humer aie ; ceux de l'épiphyse supérieure sont étudiés avec les lésions de

[A. MOUCHET

Page 1