CALS VICIEUX DE L'HUMERUS
kl
l'épaule, ceux de l'épiphyse inférieure seront envisagés plus loin dans le chapitre des lésions traumatiques du coude.
Il y a trois variétés de cals vicieux :
1° Les cals vicieux proprement dits, appelés encore difformes par raccourcissement ou par déviation de l'axe ;
2° Les cals hypertrophiques ou exubérants ;
3° Les cals douloureux.
Il nous paraît que les retards et les absences de consolidation doivent être étudiés dans un chapitre spécial, distinct de celui consacré aux cals vicieux.
1° Cals difformes (fig 31). — — Le raccourcissement, à moins d'être excessif, n'a point à l'humérus d'inconvénient fonctionnel ; il n'a guère d'inconvénient esthétique non plus. Ce n'est qu'au membre inférieur qu'un raccourcissement de plus de 3 ou 4 centimètres devient gênant.
Ce raccourcissement peut être vrai sans chevauchement des fragments, sans déviation de l'axe ; il est dû alors à une perte de substance osseuse permettant la formation du cal par le rapprochement des fragments. Ce genre de raccourcissement est spécial aux fractures de guerre, que la perte de substance osseuse ait été primitive, produite par la lésion traumatique ou par l'esquillectomie de désinfection du chirurgien ou quelle ait été secondaire, plus ou moins tardive, succédant à révolution nécrosante de l'ostéomyélite.
Bien souvent dans ces fractures de l'humérus par armes à feu, tout comme dans les fractures de la pratique civile, le raccourcissement est associé au chevauchement des fragments ; le fragment inférieur, en remontant vers le supérieur, s'accole à lui sur
une plus ou moins grande étendue (fig. 32). Le mal n'est pas grand si les axes des fragments restent parallèles, le cal est simplement exubérant et cette exubérance n'a pas de résultat fonctionnel fâcheux. Il se peut d'ailleurs que le cal périostique se modèle sur les extrémités osseuses déplacées selon l'épaisseur et que, se résorbant ensuite dans une certaine proportion, il reste finalement peu volumineux.
Trop souvent dans ces lésions de l'humérus par armes à feu, les extrémités fracturées ayant perdu tout contact, la consolidation interfragmentaire a peine à se former entre les faces dénudées des diaphyses, et le cal qui est surtout périostique est à la fois très volumineux et dévié ; déviation quelquefois évitable ou corrigible avec une bonne technique d'appareillage, mais trop souvent aussi impossible à empêcher en raison du siège, de l'étendue ou de la septicité des plaies.
Fig. 31. — Cal difforme (Collect. A. Broca).