‹ Chirurgie réparatrice et orthopédiqueChapitre 20 sur 257 · A. M 01 C H ET · texte numérisé non relu

A. M 01 C H ET

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La déviation angulaire des fragments peut atteindre un degré considérable : elle donne lieu à un cal en crosse saillant en dehors avec raccourcissement marqué. L'inconvénient n'est pas aussi grand à l'humérus qu'au fémur ou au tibia.

La déviation des fragments peut s'accompagner de décalage, c'est-àdire dune rotation du fragment inférieur en vertu de laquelle Taxe de l'articulation sous-jacente est déplacé, par exemple déplacement en dedans eten arrière de l'extrémité inférieure de l'humérus, gênant les mouvements de l'épaule en dehors. Mais comme l'excursion de l'humérus est compensée par les mouvements de l'omoplate, on conçoit aisément que le décalage de l'humérus n'ait point de conséquence pratique appréciable. Il en est tout autrement à lavant-bras où, le fragment inférieur du radius étant consolidé en pronation, on assiste à la perte de la supination.

2° Cals hypertrophiques ou exubérants.— Le volume exagéré du cal tient à deux causes : le chevauchement des fragments mal réduits, c'est

presque la seule cause de « gros cal » dans la pratique civile; la production sous-périostée excessive. Celle-ci prédomine dans les fractures de guerre peu ou prou infectées, peu si ce sont des fragments de chemise de balle, beaucoup si ce sont des morceaux de shrapnells ou éclats d'obus plus ou moins incrustés de débris vestimentaires et, par conséquent, septiques.

Ces cals hypertrophiques passent généralement par une phase d'accroissement progressif qui peut durer plusieurs mois, après quoi on les voit se résorber peu à peu. S'ils sont causés par la présence de corps étrangers infectés, ils ne diminuent de volume qu'après suppuration et après élimination spontanée ou opératoire de ces corps étrangers infectés et des portions osseuses nécrosées qui les avoisinent.

Le cal exubérant présente souvent à sa surface des aspérités osseuses sous forme d'ostéophytes, se prolongeant à des distances variables dans les muscles et les tendons qui s'insèrent sur l'os. C'est de cette façon qu'au niveau des épiph}rses, un cal exubérant peut troubler le jeu de l'articulation, soit par lui-même, soit par les stalactites osseuses qui émanent de lui ; au coude surtout, à l'épaule plus rarement, les mouvements articulaires peuvent subir ainsi une limitation appréciable. Mais à la diaphyse de l'humérus, le gros inconvient d'un cal hypertrophique est le soulèvement ou l'élongation ou la compression des nerfs, principalement du nerf radial, que son trajet en spirale autour de l'humérus prédispose à cette atteinte. Quel que soit le méca-

[A. MOUCHET

Fig 32. — Gros cal avec chevauchement (Collect. A. Broca).

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