CALS VICIEUX DE L'HUMERUS
nisme par lequel le nerf est irrité, tension comme par un chevalet, pénétration dans son tronc d'une arête osseuse, engainement total, — et souvent plusieurs de ces modes de compression sont associés, — la névrite radiale n'est que trop fatale avec ses troubles moteurs, sensitifs et trophiques.
Dans les fractures de l'humérus par armes à fe-u, si Ton ne voit le blessé que très tardivement, il peut être difficile de reconnaître si l'on a affaire à une section nerveuse survenue au moment de la fracture ou à une compression secondaire du nerf radial par le cal exubérant, à moins que le blessé ne puisse nous affirmer avec précision que la paralysie a été brusque et totale aussitôt après l'accident.
3° Cals douloureux. — Les cals douloureux sont presque toujours des cals difformes ou des cals hypertrophiques.
A l'humérus, les cals difformes — au moins au niveau de la diaphyse — ne risquent guère d'être douloureux. Les cals vicieux de l'humérus qui causent des douleurs sont ceux qui sont exubérants et qui englobent le nerf radial.
Une mention à part doit être attribuée aux cals de fractures ouvertes infectées ; ces cals rentrent ainsi dans le cadre des foyers d'ostéomyélite traumatique susceptibles de présenter des poussées inflammatoires plus ou moins répétées et plus ou moins durables avant d'aboutir à la nécrose osseuse et à l'élimination de séquestres (fig. 33).
En dehors des causes que nous venons de signaler, nous n'avons pas à invoquer à la diaphyse numérale pour expliquer la production des phénomènes douloureux, ces troubles osléotrophiques signalés autrefois par Sùdeck, Destot, Jeanne, Imbert et Gagnière et consistant dans une décalcification plus ou moins diffuse des os, surtout au voisinage des articulations.
Telles sont les diverses variétés de cals vicieux observés à l'humérus.
Ce que nous devons retenir, c'est que ces cals sont assez fréquents, particulièrement dans les fractures par armes à feu, en raison des difficultés d'un bon appareillage et de l'état d'infection de la substance osseuse; c'est aussi qu'en dehors des accidents causés par cette ostéomyélite et ses suites éloignées, poussées inflammatoires répétées, élimination de séquestres, le cal vicieux a peu d'inconvénients en ce qui concerne la diaphyse numérale. Les cals en crosse, les exostoses osseuses, n'ont point là les fâcheuses suites qu'ils peuvent avoir au voisinage des articulations et au membre inférieur.
Fig. 33. — Cal infecté exubérant (Collect. A.
Broca).
[A. MOLCHET]
5o CHIRURGIE RÉPARATRICE ET ORTHOPÉDIQUE
Le gros danger du cal vicieux de l'humérus, c'est l'atteinte du nerf radial par soulèvement, embrochement ou englobement de ce nerf.
Une éventualité dont il est bon d'être prévenu est la possibilité de fractures secondaires du cal, lorsqu'il s'agit d'un foyer de fracture qui a été longtemps infecté. Cet accident n'est point exceptionnel : il doit inviter le sujet à quelques précautions dans l'usage de son membre.