TRAITEMENT DES CALS VICIEUX DE L'HUMÉRUS
Les cals vicieux ne réclament pas nécessairement un traitement chirurgical puisque leur inconvénient est plus souvent esthétique que fonctionnel.
Qu'importe un cal en crosse si les mouvements des articulations voisines, épaule, coude, ont conservé leur amplitude normale, si le jeu des muscles, des tendons, n'offre aucune gêne, si le nerf radial ne présente aucune atteinte ?
L'indication de « raboter » la saillie de ce cal peut être fournie, en l'absence de tout trouble fonctionnel, par une aspérité gênante ; une incision menée droit sur cette saillie permet au ciseau d'abattre l'épine osseuse ; il faut l'abattre largement.
Une autre indication assez rare, spéciale aux fractures avec plaie, est offerte par une adhérence à l'os, soit des téguments, soit des muscles et des tendons (biceps, triceps, etc.). On réséquera complètement avec le plus grand soin par une incision elliptique la cicatrice adhérente. Il faut enlever le bloc scléreux comme une tumeur, jusqu'à ce qu'on arrive en tissu sain, si l'on ne veut pas, d'une part, s'exposer à une récidive, d'autre part réveiller le microbisme latent de ces cicatrices dont la sclérose est survenue par suite de l'infection. Il va sans dire que cette excision de cicatrice ne doit être pratiquée que plusieurs semaines après la fermeture définitive de la plaie quand on est aussi sûr que possible de la disparition de tout phénomène inflammatoire.
Si la résection cicatricielle présente une certaine étendue, elle laisse une brèche que le chirurgien fera bien de combler soit avec des greffes graisseuses, soit plus simplement, à mon avis, toutes les fois que la chose sera possible, avec des lambeaux musculaires prélevés soit dans le même muscle, soit dans un muscle voisin, comme le brachial antérieur, en le faisant pivoter sur son pédicule. Par-dessus le muscle, on suture à étages et l'aponévrose et la peau, après les avoir décollées avec soin, de façon à rapprocher leurs lèvres sans traction. Après l'opération, il faut immobiliser le membre.
Plus fréquente et plus pressante encore est la nécessité d'intervenir dans les cas de lésion du nerf radial, qui peuvent s'observer aussi bien à la suite des fractures fermées qu'à la suite des fractures ouvertes. Mais ici deux cas sont à considérer : s'il s'agit d'une section du nerf dans une
[A. MOUCHET
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fracture par arme à feu, il faut attendre avant d'opérer que la suppuration du foyer de fracture soit tarie depuis quelques semaines, que l'infection soit refroidie. La suture nerveuse n'a de chances de succès en effet que si elle est obtenue par première intention ; cette condition ne peut pas être réalisée en foyer infecté.
S'il s'agit de compression du nerf (que ce soit par enclavement dans un tunnel osseux, par soulèvement par une arête osseuse, par englobement dans une gaine de sclérose cicatricielle, ou par plusieurs de ces modes à la fois), il ne faut pas attendre, même au cas de fracture ouverte suppurant encore ; il faut libérer le nerf le plus tôt possible ; et le plus complètement possible il faut l'isoler de l'os, niveler cet os, réséquer tout le tissu scléreux avoisinant, replacer le nerf dans un lambeau de muscle sain emprunté au voisinage.
Ce n'est pas le lieu d'insister sur les indications opératoires présentées par Yostéite qui accompagne le cal vicieux d'une fracture ouverte infectée ; Tévidement osseux devient indispensable pour tarir la fistule et donner issue aux séquestres. Quel que soit le siège de la fistule, il faut seulement se souvenir qu'en raison du trajet spiroïde du nerf radial, l'incision externe ou antéro-externe, sur le bord externe du biceps, le long de la face antérieure de l'humérus, constitue l'incision de choix. A larigueur, au tiers inférieur de l'os, on peut profiter des fistules postérieures en traversant le triceps. La technique de l'évidement osseux est la même pour toutes les ostéomyélites fistuleuses.
PSEUDARTHROSES DE L'HUMÉRUS [CH. DUJARIER]