RÉSULTATS DE LA RÉSECTION
La flexion du coude est le mouvement qui gagne le plus après l'opération. C'est d'abord une flexion passive, puis, peu à peu, en général au bout de trois semaines, les premiers mouvements de flexion active apparaissent, gagnent en force et en amplitude. D'une façon assez rapide, dans les premières semaines, les muscles du bras reprennent leur tonicité et la saillie de la contraction bicipitale se dessine sous la peau.
Les mouvements actifs d'extension de l'avant-bras apparaissent plus tardivement au bout de 40 à 60 jours et ils sont pendant très longtemps faibles, parce que le triceps brachial est toujours très atrophié, parce que, malgré les précautions, il souffre d'être désinséré de l'olécrâne, parce qu'enfin à l'état normal l'extension n'a pas la même puissance que la flexion. Nous parlons d'extension active, car il ne faudrait pas prendre pour telle l'extension passive due au simple relâchement progressif du biceps et du brachial antérieur. L'extension active peut être appréciée par ce fait que lorsqu'on soulève le coude en extension, l'avant-bras ne tombe pas brusquement en flexion sous l'action de la pesanteur lorsque le bras dépasse l'horizontale.
Ce sont les muscles périarticulaires, épicondyliens et épitrochléens qui jouent le rôle d'attelles latérales et empêchent le ballottement de l'avant-bras. Le bras étant au repos dans l'extension, on peut imprimer quelques mouvements de latéralité au coude. Si le malade vient à contracter ces muscles, on s'aperçoit que les mouvements de latéralité diminuent d'amplitude, souvent même deviennent nuls. En pratique, quand les mouvements de latéralité sont légers, ils n'enlèvent que très peu de solidité à la néarthrose.
La pronation et la supination sont nettement améliorées par la résection ; en règle générale, la main a été placée, le pouce en l'air, en demi-pronation : le blessé peut assez bien faire des mouvements de pronation plus marquée, mais la supination gagne beaucoup moins et il est exceptionnel qu'elle puisse être complète. Ces mouvements se passent en partie dans les articulations radio-cubitales, et, il faut bien le dire, les légers mouvements de latéralité permettent un peu aux deux os de l'avant-bras de pivoter ensemble, ce qui amplifie les mouvements suivant l'axe.
La résection du coude pour ankylose est une bonne opération, si elle a été pratiquée suivant une bonne technique, c'est-à-dire sous-capsulo-périostée et suffisamment large, chez des sujets jeunes, pourvus d'une musculature satisfaisante et prêts à suivre rigoureusement jusqu'au bout un traitement postopératoire long et astreignant. On a en général exagéré les mauvais résultats de cette opération d'après des observations de cas disparates, opérés dans des conditions défectueuses et encore plus mal soignés après l'opération.