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C. R. o. — 6. [A. MOLCHET

8a CHIRURGIE REPARATRICE ET ORTHOPEDIQUE

Opérés suivant les indications précises et avec une technique impeccable, on ne compte plus les réséqués du coude qui sont capables décrire sans fatigue, de se coiffer, de porter à la bouche une cuiller pleine sans laisser tomber une goutte de liquide.

Deux écueils menacent le réséqué du coude : la réankylose postopératoire et le coude ballant.

Le coude ballant est à peu près toujours imputable à une technique défectueuse : trop grande étendue de la résection osseuse, section des ligaments etrugination sous-périostée insuffisante, atrophie musculaire excessive qui aurait dû interdire au chirurgien la résection du coude ankylosé. Car nous ne parlons pas ici, bien entendu, des résections plus ou moins primitives pratiquées sur des coudes infectés par plaies de guerre, et à la suite desquelles le coude, même le plus « activement ballant » (Quénu), vaut encore mieux que l'absence totale du membre.

Uankijlose postopératoire est rare après une résection bien conduite et longtemps suivie par le chirurgien; mais elle a été observée. Certains disent quelle peut toujours être évitée ; cette affirmation nous paraît exagérée.

Evidemment l'ankylose postopératoire est due le plus souvent à ce qu'on n'a pas enlevé les débris osseux libres ou adhérents à la capsule qui peuvent devenir des centres secondaires d'ossification, à ce qu'on a respecté des débris périostiques qui séparés de la gaine capsulo-périostée se recroquevillent autour des extrémités osseuses ou se prolongent plus ou moins dans les muscles, mais il n'en est pas moins vrai que les chirurgiens les plus attentifs et les plus rompus aux résections, ont vu survenir chez leurs opérés l'ankylose. Ils avaient trop compté sur la patience et le courage d'un malade qui s'est vite refusé à une mobilisation même douce et discrète. En outre, certains sujets jeunes « font trop d'os », l'activité exagérée de leur périoste cause la production d'ossifications, surtout à la face antérieure de la néarthrose, que rien ne peut empêcher.

Quoi qu'il en soit, la résection orthopédique pour ankylosé du coude fournit de bons résultats fonctionnels, et on ne doit pas hésiter à }r recourir dans les conditions que nous avons définies. C'est en présence des ankyloses par blessures de guerre qu'on se montrera le plus réservé : les muscles ont parfois périclité à un tel point que le résultat risque d'être défectueux ; d'autre part, on peut craindre le réveil d'une ostéomyélite qui ne demandait qu'à s'éteindre.

[A. MOUCHET

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