‹ Chirurgie réparatrice et orthopédiqueChapitre 62 sur 257 · SCAPULAIRE, TRAPÈZE, RHOMBOÏDE, GRAND DENTELÉ · texte numérisé non relu

SCAPULAIRE, TRAPÈZE, RHOMBOÏDE, GRAND DENTELÉ

FIXATION COSTO-SCAPULAIRE.

[Mme ATHANASSIO-BENISTY.]

Les muscles trapèze, rhomboïde et grand dentelé qui fixent l'omoplate à la cage thoracique peuvent être paralysés à la suite d'une blessure haute des racines cervicales ; mais alors, on voit très souvent s'ajouter à leur paralysie celle des muscles tributaires des racines C 5 et C 6, donnant un syndrome Duchenne-Erb, plus ou moins complet.

Plus d'une fois cependant, on s'est trouvé en présence de paralysies du grand dentelé isolées ou associées à celles des muscles trapèze et rhomboïde et dont l'étiologie était quelque peu spéciale.

MM. Henri Claude, Vigouroux et Lhermitte ont décrit en octobre 1915, sous le nom de dystrophies musculaires du type myopathique, des paralysies avec amyotrophies limitées aux muscles trapèze et grand dentelé, tantôt d'un seul côté du corps, tantôt symétriques occupant les deux épaules. Ces paralysies survenaient à la suite de blessures éloignées, nullement en rapport avec une lésion des nerfs de ces muscles, quelquefois à la suite dune chute que faisait le blessé en portant un fardeau sur l'épaule. Nous eûmes également l'occasion d'observer quatre cas de paralysie isolée du grand dentelé ou associée à celle du trapèze, au cours desquels souvent les réactions électriques n'étaient modifiées que quantitativement.

Antérieurement, Claude et Descomps avaient déjà attribué la paralysie isolée du grand dentelé à l'inflammation de la bourse séreuse sous-scapulaire contre laquelle chemine le nerf du grand dentelé.

Quoi qu'il en soit de Tétiologie de ces affections, voyons comment se manifeste cliniquement la paralysie de ces muscles fixateurs de l'omoplate. A l'état normal chez un adulte qui laisse tomber ses membres supérieurs naturellement, de chaque côté du tronc, le bord spinal de l'omoplate esta peu près parallèle à la colonne vertébrale et éloigné en général de la ligne médiane de 5-6 c. m. En cas de paralysie isolée de la portion inférieure du trapèze, dont les fibres s'attachent à la moitié interne de l'épine de l'omoplate et à lacromion, le bord spinal de l'os s'éloigne de la ligne médiane, et cela d'autant plus que l'atrophie est plus prononcée. Le moignon de l'épaule

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est tombant par rapport à celui du côté sain, l'épaule est portée en avant, la poitrine se creuse.

Si l'atrophie porte sur toutes les fibres omoplatiennes du trapèze, le moignon de l'épaule s'abaisse davantage, l'omoplate bascule de sorte que son angle interne s'éloigne de la ligne médiane, au contraire de son angle inférieur qui, lui, remonte et se rapprochede cetteligne,enfaisantune saillie sous la peau.

Si l'on dit alors au sujet de rapprocher ses épaules, on voit entrer en jeu le rhomboïde qui décrit une forte corde oblique de bas en haut, allant de l'angle inférieur de l'omoplate vers la colonne cervico-dorsale. Si le trapèze est paralysé dans sa totalité, l'épaule semble se détacher de la cage thoracique.

Quand le rhomboïde est paralysé en même temps que le trapèze, la gouttière entre la colonne vertébrable et l'omoplate se creuse davantage.

Malgré cette double paralysie que l'on pourra apprécier par la vue (bascule de l'omoplate, abaissement du moignon de l'épaule) et par la palpation (disparition de la corde du rhomboïde), le sujet pourra encore rapprocher les bords spinaux de ses omoplates avec énergie, grâce aux faisceaux supérieurs du grand dorsal. (Duchenne de Boulogne.)

Le grand dentelé se contracte surtout puissamment dans l'acte de pousser en avant avec le moignon de l'épaule ; il est aidé dans cette action par le grand pectoral. En s'associant au deltoïde il concourt à l'élévation du bras. En cas de paralysie isolée du grand dentelé le malade exécutera donc incomplètement ces deux fonctions musculaires. Au repos, l'attitude de l'omoplate n'offrira rien de particulier, cet os étant maintenu appliqué contre la paroi thoracique par le trapèze et le rhomboïde. Mais si l'on demande au malade de porter les bras enavantet horizontalement, il se produit alors une déformation très caractéristique : la face antérieure de l'omoplate se détache du thorax, son bord spinal s'écarte de la ligne médiane et vient former une forte saillie sous la peau. En même temps l'élévation du bras est moins complète que du côté sain, car l'omoplate n'étant plus fixe, le deltoïde ne peut agir efficacement. Si on demande au malade de lever les bras latéralement on constate la même impotence, la même difficulté pour atteindre l'horizontale, mais la déformation précédemment décrite sera moins apparente.

Lorsque à la paralysie du trapèze et du rhomboïde s'ajoute celle du grand dentelé, l'omoplate s'abaisse complètement, l'angle inférieur de l'os se rapproche davantage de la ligne médiane et son bord axillaire devient presque horizontal.

Dans les cas de paralysie isolée du grand dentelé ou associée à celle du trapèze, observés par nous, l'amélioration se produisit au bout de dix mois à un an, et une fois la guérison fut complète au bout de dix-huit mois. Les mêmes résultats ont été constatés par M. Paul Descomps. Le traitement consistera en massage et électrisation.

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PARALYSIES DU PLEXUS BRACHIAL i83

PARALYSIE DU DELTOÏDE [Mme ATHANASSIO-BENISTY.]

L'action du muscle deltoïde étant de produire l'élévation du bras jusqu'à l'horizontale, sa paralysie isolée entraînera une abolition complète de cette fonction. Le malade, pour lever le bras, fera soulever son épaule, en contractant fortement tous les muscles péri-scapulaires et en particulier le trapèze et le grand dentelé.

La parah'sie isolée du deltoïde est rare, car les blessures par projectiles entraînent toujours la lésion de plusieurs troncs nerveux en dehors du circonflexe ; il en est de même des traumatismes de l'épaule et notammeht des luxations de la tête humérale.

Nous étudierons la symptomatologie de cette paralysie avec celle des paralysies du plexus brachial et sa prothèse au moment où nous parlerons de l'appareillage du membre supérieur.

PARALYSIES DU PLEXUS BRACHIAL [Mme ATHANASSIO-BÉNISTY]

Les paralysies du plexus brachial sont dues le plus souvent à une blessure de la région axillaire ou de la région cervicale. Dans l'immense majorité des cas elles sont immédiates, survenant aussitôt après la pénétration du projectile qui a pu couper, écraser ou érafler un ou plusieurs des troncs nerveux constitutifs du plexus.

Plus rarement la paralysie s'installe dans les heures ou les jours qui suivent la blessure, elle est provoquée alors par une compression, par un hématome des creux axillaires ou susclaviculaires, par une cicatrice scléreuse ou un cal osseux consécutif à une fracture de la clavicule.

Il n'est pas rare enfin de rencontrer des paralysies plexuelles reconnaissant pour cause une luxation de l'épaule réduite ou une élongation des racines constitutives du plexus, lorsque le sujet a subi un tiraillement du bras, celui ci se trouvant le plus souvent en abduction etélévation.

La constitution anatomique du plexus, l'intrication des gros troncs nerveux au niveau du cou et de l'aisselle, les nombreux filets nerveux qui en partent, expliquent la grande variété des aspects cliniques des lésions plexuelles.

Pour se rendre compte de la situation et de l'étendue d'une lésion — principalement lorsque la question d'une intervention chirurgicale serait

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Fig. 154. — Plexus brachial (d'après Tinel).

PLEXUS CERViCAL

Droit latéral '

Petit Droit An téripur Ci Grand Droit Antérieur__Ci,r 2

\ A , \ Hypoglosse •

Anastomose \Pn Gastrique

B. /Pfasâo/d/enne - Longdu cou

or Auriculaire .

—an Cervical (ransv. C2.Cj

- - Sterno- mastoïdien O.Cj

-—Trapèze C3

--Angulaire Cj.CV

Sus- Sâcrnaux

Sus-C/av/culaire - - ~!us-Acron?/aï 'calène Antérieur-

Br descen dant in t. -

-C3.C4 -Cz. c3

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