NG VE-JOSSEBA ND
CHIRl RGIE RÉPARATRICE ET ORTHOPEDIQUE
Il semble qu'ainsi le travail soit impossible, et pendant longtemps en a cru en effet que les désarticulés de l'épaule devaient se contenter d'un simple bras de parade. Mais l'expérience a montré, au contraire, que ces mutilés peuvent arriver à accomplir la plupart des travaux des champs et même de petits ouvrages ou de menuiserie ou de charronnage.
Pour permettre ces travaux, il faut que le porte-outil soit fixé solidement
contre le tronc du mutilé, et qu'il dispose de mouvements suffisants pour permettre le jeu des outils, sans que l'homme ait à faire de trop grands déplacements du tronc, mais assez limités cependant pour offrir une résistance permettant des actions de levier.
En général, on a résolu ce problème au moyen d'appareils de prothèse rigides, la mobilité nécessaire étant donnée par les articulations des porte-outils ; ces appareils sont de deux sortes, suivant qu'ils se fixent sur l'épaule, ou simplement comme une ceinture sur le tronc du mutilé II serait assurément désirable d'avoir pour certains travaux, tels que le fauchage, la mobilité un peu plus grande d'une prothèse articulée, mais la difficulté est grande d'établir une articulation assez solide pour résister aux efforts brusques et violents de ces travailleurs, et susceptible aussi de se bloquer lorsque c'est nécessaire. Nous décrirons plus loin l'appareil construit dans ce but par MM. Trêves et Lavigne.
Fig. 199. — Bras de travail pour la désarticulation de l'épaule.
1° Bras de travail rigide. — 11 est en cuir moulé et se compose d'une partie thoracique et d'une partie brachiale.
La partie thoracique forme un demi-corselet qui recouvre la région susclaviculaire (fig. 199) en se modelant exactement sur les saillies de l'acromion, de la clavicule et de l'épine de l'omoplate, et qui s'étend sur le thorax
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APPAREILLAGE DES AMPUTATIONS 235
en avant jusqu'au mamelon, en arrière jusqu'au bord interne du scapulum et en bas jusqu'à 4 centimètres au-dessous delà ligne mamelonnaire. Ce corselet est bordé d'une armature métallique pour éviter sa déformation. Il est maintenu en place par deux larges sangles dont l'inférieure est en tissu élastique ; au niveau de l'aisselle du côté sain, ces sangles se confondent, et elles se relient à la ceinture du pantalon par une bretelle qui les empêche de remonter et de gêner l'aisselle.
Le brassard, en cuir moulé, fait corps avec le corselet, par rapport auquel il est en légère abduction pour dégager l'aisselle. Sa longueur ne dépasse pas 15 centimètres, à partir de l'acromion. Il porte à son extrémité une cupule métallique d'où se détachent deux attelles qui vont se relier solidement à l'armature du corselet.
Pour le travail, on fixe le porte-outil tantôt directement sur la cupule, tantôt sur une tige de longueur appropriée. La transformation en bras de parade se fait par l'adjonction d'une tige recouverte d'un manchon de cuir jusqu'au coude, sur laquelle on fixe un avant-bras porteur d'une main.
2° Bras de travail articulé. — L'appareil de Trêves et Lavigne se compose d'un corselet en cuir moulé engainant le moignon de l'épaule, sur lequel est rivée une ferrure en U renversé dont les branches correspondent aux faces antérieure et postérieure du thorax. Cette ferrure supporte, au niveau delà cavité glénoïde, une pièce d'acier orientée suivant le plan sagittal et dont la face externe est creusée d'un orifice tronconique. Une seconde pièce semblable, portant également sur sa face interne un orifice tronconique, s'articule avec la première par une charnière postérieure et se fixe en avant par une vis de serrage.
La partie brachiale est représentée par une tige métallique portant à son extrémité supérieure une rotule inclinée sur la tige à 120°, qui vient se placer dans la cavité comprise entre les deux volets de la pièce scapulaire. Cette rotule peut être à volonté bloquée ou laissée libre, suivant le serrage donné par la vis qui réunit les deux volets.
3' Ceinture de travail. — L'idée de fixer le manche de l'outil contre le tronc pour pouvoir le manœuvrer avec la main saine est déjà ancienne. Nous en avons vu un modèle intéressant au stand italien de l'Exposition interalliée de Paris en 1917. Mais l'expérience nous a amené à modifier cet appareil et à adopter celui qui a été imaginé par l'infirmier Jullien (fig. 200).
Il se compose d'une ceinture en sangle de 20 centimètres de largeur, qui porte sur le côté une plaque d'acier de 16/16 emboutie pour épouser exactement la forme du corps, et recouverte d'une plaque de cuir qui la déborde, et est cousue fortement à la ceinture. Au centre de cette plaque est une douille au pas de 100/150 pour recevoir le porte-outil.
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Deux sous-cuisses assurent la fixité de l'appareil et l'empêchent de remonter.
Cet appareil permet le maniement de la fourche et de la pelle avec
Fig. 200. — Ceinture de travail pour la désarticulation de lépaule (modèle Jullten dit Gersonniennej.
plus de facilité que le bras de travail : c'est un bon accessoire, particulièrement pour les gens de la campagne qui ont à s'occuper du bétail.