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AMPUTATION DU BRAS

L'aptitude au travail des moignons de bras dépend de trois facteurs : la souplesse de l'épaule, la force des muscles et la longueur du moignon. Ce dernier facteur est le plus important, et c'est d'après lui qu'il faut classer les moignons au point de vue de leur appareillage.

Les amputations très hautes, intradeltoïdiennes, doivent être traitées de la même façon que les désarticulations de l'épaule. Le relief de la tête

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humérale donne assurément un meilleur appui à la prothèse, mais le moignon n'est pas assez long pour s'individualiser du tronc.

Les moignons qui mesurent de 10 à 15 centimètres à partir de Tacromion sont déjà dans des conditions meilleures. Ils jouissent de mouvements étendus et assez forts, les insertions du deltoïde étant conservées, et ils débordent assez du côté de l'aisselle pour pouvoir retenir et actionner des appareils. Mais la brièveté du levier osseux est telle qu'ils ne peuvent pas développer une trèsgrande force ; aussi ont-ils besoin d'un appareillage spécial.

Au-dessus de 15 centimètres, les moignons deviennent normaux et les appareils qui leur conviennent peuvent être utilisés également dans les amputations basses et même dans les désarticulations du coude.

Nous avons donc à décrire deux sortes d'appareils, ceux des moignons normaux et ceux des moignons courts de 10 à 15 centimètres.

l°Moignons normaux.— Le bras d un brassard engainant le moignon, et à assujettir le brassard sur le corps du mutilé.

a) Brassard. — Le brassard est généralement fait en cuir moulé et doublé de peau de chamois (fig. 201).

Il a la forme d'une gaine fendue en avant et fermée à ce niveau par un laçage ou par des courroies. Sa longueur est telle qu'il dépasse le moignon de 4 centimètres environ, pour ne pas le blesser dans les efforts.

Son bord supérieur remonte en dehors jusqu'à un travers de doigt de l'acromion, il est échancré en dedans pour bien dégager l'aisselle.

En bas, il se termine par une cupule métallique sur laquelle les outils sont fixés, soit par un pas de vis, soit par une trappe-guillotine.

De cette cupule se détachent deux attelles métalliques qui vont, l'une en dehors, l'autre en dedans, armer le brassard ; elles sont reliées entre elles par un demi-cercle postérieur qui assure la rigidité de l'appareil et évite le serrage exagéré du moignon.

e travail se compose de deux parties : une suspension à l'épaule destinée

Fig. 201. — Bras de travail en cuir, monté avec le coude articulé et la pince Lumière.

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On peut aussi faire des brassards en bois creusé, en fibre américaine, en celluloïd. Ces substances ont l'avantage de ne pas s'imprégner de sueur et de prêter mieux que le cuir aux soins de propreté. Mais la gaine est alors rigide, et ne peut pas s'adapter aux variations de volume du moignon comme le cuir lacé.

Enfin on a construit aussi des brassards avec des a /telles métalliques,

particulièrement pour en faire des appareils de secours. Tel est le bras Gillet dont la monture est en aluminium. Ce métal est propre et léger, mais un peu cassant ; c'est pourquoi bien des constructeurs l'ont remplacé par de la tôle d'acier. En voici la description (fig. 202).

Le corps de l'appareil est formé de trois attelles en aluminium de 35 millimètres de largeur sur 2 millimètres d'épaisseur qui correspondent l'une au côté externe, la seconde au côté antéro-interne et la troisième au côté postéro-interne du moignon. Les deux montants internes sont reliés entre eux près de leur partie supérieure par un demi-cercle en aluminium pour donner de la rigidité à l'appareil et éviter la compression des nerfs. En bas, les trois montants sont rivés sur une cupule en aluminium dont le centre est muni d'un fort épaulement en acier taraudé pour recevoir les outils ; une ou deux courroies circulaires assurent l'adaptation de l'appareil sur le moignon.

Fig. 202. — Bras de travail Gillet monté avec l'agriculteur Jullien.

b) Attache à l'épaule. — C'est la partie capitale de l'appareil. Elle doit être assez bien ajustée pour que la prothèse fasse corps avec le mutilé dans toutes les positions, sans cependant gêner les mouvements de l'épaule ni du reste du corps.

De nombreux dispositifs ont été étudiés, mais ils tendent à s'uniformiser sur le principe d'une plaque de cuir reposant sur l'épaule et supportant le brassard par une double suspension interne et externe.

Nous allons décrire la suspension du modèle Gillet qui est une des plus usitées en France.

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A PPARE1LLA GE DES AMP U TA TIONS

La plaque d'épaule est une pièce de cuir souple de forme rectangulaire qui recouvre toute la région sus-claviculaire (fig 203) Elle est échancrée en dehors au niveau de l'acromion, en dedans à la base du cou, et mesure de 25 à 30 centimètres de longueur sur 8 à 10 de largeur à sa partie moyenne et 12 à 16 à ses extrémités.

Elle est fixée sur l'épaule par une sangle qui, partant de son angle antéro-

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Fig. 203. — Suspension à l'épaule d'un bras de travail, vue par la face interne.

interne, contourne le thorax pour venir rejoindre son angle postéro-interne. Au niveau de l'aisselle du côté sain, cette sangle passe dans une coulisse fixée sur une bretelle verticale qui s'attache d'autre part à la ceinture du pantalon, et qui a pour but de la maintenir éloignée de l'aisselle. Une autre bretelle se détache de l'angle postéro-interne de la plaque d'épaule et descend verticalement pour s'attacher à la ceinture du pantalon. Elle a pour but de l'empêcher de glisser en avant lorsque le blessé travaille courbé. Le brassard est relié à la plaque d'épaule par une double attache. En dehors, c'est une courroie simple ou branchée en Y ou en V pour mieux

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dégager la saillie de l'acromion. Kn dedans, c'est une corde à boyau, qui s'attache aux angles externes de la plaque d'épaule, et passe sur une poulie fixée sur le montant interne, à son tiers supérieur, par un morceau de cuir qui lui permet de s'incliner de façon à travailler normalement dans toutes les positions du bras.

Putti a fait connaître récemment un système d'attache à l'épaule qui ressemble beaucoup à celui que nous venons de décrire. Il s'en distingue Fig. 204. — Suspension à l'épaule du bras de tra- par la largeur moins grande

vail (modèle Putti)

est à mon avis une erreur, mais il présente un dispositif intéressant pour l'attache interne (fig. 204). Celle-ci est faite par un lac de cuir qui se fixe sur la plaque d'épaule par une boucle analogue à celle de la bride des chevaux. Elle a ainsi une très grande mobilité et peut accompagner le bras plus facilement, notamment dans les mouvements étendus d'abduction.

Le système d'attache belge représenté figure 205 peut aussi rendre des services. Il se compose d'une double bretelle, Tune en cuir, l'autre en tissu élastique.

La première comprend deux chefs : l'un anté-

de la plaque d'épaule, ce qui

Fig. 205. — Suspension à l'épaule modèle belge.

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rieur, l'autre postérieur, qui se fixent sur le brassard au niveau de l'axe du bras, et sont reliés par des courroies transversales au niveau du bras et sur l'épaule; ils vont se réunir au niveau delà nuque et forment une brassière qui va entourer l'épaule du côté sain. La seconde représente la suspension interne de l'appareil (fig. 205) ; elle est formée également de deux chefs qui s'attachent plus bas et plus en dedans que les précédentes et vont se réunir sur l'épaule en un chef unique qui forme la partie postérieure de la brassière dont la bretelle en cuir forme la partie antérieure.

Ce système, qui ressemble à celui du bras Carnes, a l'avantage de laisser la paroi thoracique antérieure tout à fait libre ; mais il a l'inconvénient d'entraver l'épaule du côté sain, ce qui n'est pas favorable pour les travaux de la culture dans lesquels le blessé est penché en avant.

2° Moignons courts. — L'appareil classique pour les moignons courts est .un brassard en cuir qui se prolonge en haut par une calotte en cuir moulé recouvrant l'épaule jusqu'au milieu de la clavicule et de l'épine de l'omoplate (fig. 206). Il est fixé par une ceinture analogue à celle que nous avons décrite plus haut. Cet appareil n'utilise pas les mouvements propres de l'épaule, mais seulement ceux de la ceinture scapulaire ; la mobilité ainsi obtenue est

assez grande dans le sens antéro-postérieur, mais très réduite dans le sens de l'abduction, ce qui est gênant pour un grand nombre de travaux.

Lorsque le moignon est bien formé, l'articulation de l'épaule souple et les muscles actifs, on peut utiliser mieux les mouvements au moyen d'un brassard en bois creusé très bien adapté, qui coiffe exactement le moignon, de façon à multiplier le plus possible les contacts du levier osseux avec l'appareil. En dehors, ce brassard s'étend jusqu'à l'acromion, dont il recouvre le bord externe sur une petite étendue (fig. 207) ; en dedans, il remonte le plus haut possible dans l'aisselle. L'attache à l'épaule est la

Fig. 20ô. — Bras de travail avec épaule rigide pour moignon court, monté avec l'agriculteur Jullien.

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Fig. 207. — Bras de travail pour moignon court, en bois creusé, monté avec un coude articulé et un cultivateur Jullien.

même que pour les amputations du bras à la partie moyenne, mais son réglage doit être fait avec un soin encore plus minutieux.

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