II. — APPAREILS AUTOMOTEURS
Les premières mains articulées, telles que celles de Goertz von Berlichingen, de Serré et du petit Lorrain, n'étaient pas à proprement parler automotrices ; elles étaient actionnées par l'autre main, et un mécanisme leur permettait de garder la position qui leur avait été donnée pour jouer ainsi un rôle de contention analogue à celui de nos porte-outils actuels.
Au début du xvie siècle, un artiste de Nuremberg eut l'idée d'actionner la main de fer avec un tracteur fixé sur le gilet. Les doigts maintenus fléchis par des ressorts portaient à leur face dorsale des tracteurs qui allaient se fixer sur le bras ou sur l'épaule, de sorte que l'extension du coude les mettait en tension et ouvrait la main qui se refermait par l'action des ressorts. C'est là la véritable première tentative de main automotrice. En 1812, Ballif réalisa un appareil construit sur le même principe.
Un nouveau progrès fut réalisé par van Petersen (1844). Ayant à appareiller un amputé du bras, il chercha à réaliser les mouvements du coude en même temps que ceux de la main. Son appareil portait des tracteurs fixés en haut sur le gilet, et tendus de telle sorte que la projection du moignon en avant produisait la flexion du coude, sa projection en arrière, l'extension de l'avant-bras, et enfin l'abduction faisait ouvrir la main.
Mais ces tentatives intéressantes restèrent des essais isolés. Ce fut seulement dans la deuxième moitié du xixe siècle que Ton vit l'étude des appareils automoteurs prendre tout son essor.
Successivement, toutes les sources de mouvement furent essayées. Mathieu utilisa les mouvements de l'épaule du côté sain ; Collin, Dalisch, la pression du moignon contre le tronc; Collin, la flexion latérale du tronc; Dalisch et Charrière, les mouvements de pronation et de supination de l'avant-bras. Enfin, plus près de nous la cinématisation des moignons a ouvert une voie nouvelle dont l'étude est encore à peine ébauchée.
En même temps, on cherchait à perfectionner les mains artificielles, en les allégeant, en imaginant des dispositifs pour permettre des mouvements combinés du coude, du poignet et des doigts, et pour bloquer les doigts dans diverses positions, afin de leur donner une préhension plus solide que celle des simples ressorts.
Pour exposer l'état actuel de la question, nous envisagerons d'abord le cas le plus simple des amputations partielles de la main, dans lesquelles les mouvements propres du moignon peuvent actionner la prothèse. Nous étudierons ensuite l'utilisation des mouvements de pronation et de supination dans les amputations de l'avant-bras, et nous terminerons par une courte description des bras artificiels.
[ KO VÊ-JOSSERA ND]