AMPUTATIONS PARTIELLES DE LA MAIN
Les amputations partielles de la main sont presque toujours atypiques ; on peut cependant les classer au point de vue de la prothèse, en deux catégories : les amputations des doigts et les amputations carpo-métacarpiennes.
1° Amputation des doigts- — Lorsqu'il reste un moignon de doigt mobile, et ayant plus d'un c/m de longueur, l'appareillage est des plus simples.
Fig. 217. — Amputation partielle du pouce et totale de l'index.
Le doigt artificiel, le plus souvent en bois, est monté sur une cupule en cuir moulé ou en celluloïde qui coiffe exactement le moignon, et se fixe,
Fig. 218. — Appareillage de la main représentée fig. 220, avec un pouce artificiel permettant la préhension.
soit par un gant, soit par une courroie qui va s'attacher au poignet (fig. 217 et 218).
Cet appareillage est particulièrement délicat au pouce, en raison de la variété et de l'importance des fonctions de ce doigt. Tous les soins doivent s'appliquer à assujettir exactement la cupule sur le moignon avec de
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APPAREILLAGE DES AMPUTATIONS
petits tracteurs élastiques reliés au bracelet, afin d'utiliser le mieux possible la force du moignon.
Dans les amputations totales d'un ou de deux des quatre derniers] doigts,
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Fig. 219. — Amputation partielle de l'index et totale du pouce.
on peut actionner le doigt artificiel en le jumellant avec le doigt sain au moyen d'une bague fixée à la première phalange.
Lorsque c'est le pouce qui manque complètement, on peut monter~surwun
Fig. 220. — Appareillage de la main représentée fig. 222 avec des doigts artificiels : le pouce est rigide, l'index mobile et capable de préhension.
bracelet de cuir moulé un pouce en bois, sans articulation, en le disposant dételle sorte que les autres doigts puissent venir s'opposer à lui pour faire la préhension (fig. 219, 220 et 221). Si les autres doigts sont enraidis, il est
Fig. 221. — Amputation partielle du pouce et des 2e, 3e et 4e doigts. Le pouce artificiel s'oppose aux moignons des autres doigts et permet la préhension.
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Fig. 222. - Main carpierme (d'après Délitât a).
encore possible d'articuler ce pouce et de le mettre en action par un des moyens que nous étudierons plus loin.
2° Amputations carpo-métacarpiennes. — Delitata a particulièrement étudié cette amputation, dont il distingue deux variétés : la main carpienneet la main métacarpienne.
La main carpienne correspond à la désarticulation carpo-métacarpienne, Le moignon qui en résulte a la forme d'une palette dont la longueur est
assez grande et les mouvements de flexion et d'extension assez forts pour actionner une prothèse.
L'appareil se compose d'une main en bois (fig 222), dont la face palmaire est largement évidée pour loger le moignon, et dont la face dorsale se prolonge en gouttière jusque sur l'avant-bras pour assurer sa contention. Le pouce est fixe; les quatre derniers doigts forment un seul bloc qui s'articule avec le reste de la main par un axe transversal, et est maintenu en extension par un ressort. De la base des doigts part un tracteur qui va se relier à un capuchon engainant exactement le moignon carpien sans entraver ses mouvements. La flexion du poignet produit ainsi la fermeture de la main et permet une préhension assez forte.
La main métacarpienne qui correspond à la désarticulation métacarpophalangienne possède un moignon beaucoup plus long et plus fort. On peut l'utiliser de deux façons.
a) Les quatre derniers doigts sont montés sur un cornet en celluloïde moulé sur le moignon (fig. 223); le pouce immobile est simplement fixé sur une gouttière qui recouvre la face antérieure de lavant-bras et s'y fixe par une courroie. Les deux parties de l'appareil sont reliées entre elles par un tracteur élastique. La préhension est produite par une action directe du moignon qui, en se fléchissant, entraîne les doigts et les oppose au pouce ; elle est assez forte pour atteindre 6 kilos.
b) Les quatre derniers doigts sont immobiles et maintenus par une gouttière dorsale qui se prolonge sur l'avant-bras. Le pouce est monté sur le cornet en celluloïde qui coiffe le moignon. La préhension se fait donc par
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Fig. 223. — Main métacarpienne (d'après Delitata).
APPAREILLAGE DES AMPUTATIONS
un mouvement de flexion dorsale du poignet; elle est naturellement beaucoup moins puissante qu'avec l'appareil précédent, mais la prothèse est plus esthétique.
2° AMPUTATION DE L'AVANT-BRAS Utilisation des mouvements de pronation et de supination.
Nous avons dit que l'idée d'utiliser les mouvements de pronation et de supination pour actionner la prothèse est assez ancienne, puisqu'elle a été réalisée déjà au siècle dernier par Charrière et par Dalisch.
Au cours de cette guerre, deux appareils ont été construits dans ce but : ce sont ceux de Beaugrand et de Pedrazzoli.
L'appareil de Beaugrand est remarquable par sa simplicité. L'auteur a délibérément abandonné la main, qui est un instrument de préhension trop compliqué, et il l'a remplacée par une simple pince, légère et pratique, avec laquelle les amputés arrivent à accomplir les travaux les plus variés.
Il se compose (fig. 224) d'une partie fixe et d'une partie mobile. La partie fixe est un étrier métallique qui entoure le moignon sans lui adhérer et s'articule au coude avec les montants d'un petit brassard destiné à le fixer en place. A son extrémité est rivée une rondelle de métal, qui se prolonge par une pièce métallique perforée à son centre, et porte à son extrémité un des mors de la pince de préhension. La partie mobile est constituée par un petit étrier qui s'adapte sur les faces du moignon d'avant-bras par deux plaquettes métalliques reliées par une courroie. Cet étrier se prolonge par un axe qui passe dans le trou percé dans la pièce métallique de l'étrier fixe, et porte à son extrémité la branche mobile de la pince de préhension. Celle-ci est constituée par deux mors coudés à angle droit ; le dispositif est fait de telle sorte que la pronation détermine l'ouverture de la pince, et la supination sa fermeture. Il suffit de creuser dans le manche des outils deux gouttières longitudinales correspondant aux mors de la pince, pour pou-
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Fig. 224. — Appareil de Beaugrand pour l'utilisation de la pronation et de la supination dans les amputations de l'avant-bras.
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voir les tenir avec beaucoup de force. Les doubles amputés peuvent ainsi prendre eux-mêmes les objets qui leur sont nécessaires.
L'appareil de Pedrazzoli procède d'un principe peu différent. La partie fixe est formée par le corps d'un avant-bras artificiel quelconque, assez large pour que le moignon puisse tourner librement à son intérieur. La partie mobile est un bracelet monté sur une sorte d'étrier qui fait tourner un cylindre métallique. Celui-ci porte deux rainures hélicoïdales par lesquelles il actionne un tirant qui est poussé ou retiré suivant les mouvements de rotation du cylindre, et agit ainsi soit sur les lacs actionnant une main artificielle, soit sur un instrument quelconque de préhension.