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BRAS ARTIFICIELS AUTOMOTEURS

Les appareils qu'il nous reste à décrire sont les véritables bras artificiels ; ils nous présentent à étudier : l'organe de préhension, qui est habituellement une main; l'appareil de prothèse, et enfin la commande des mouvements qui l'animent.

1° Main articulée. — Depuis la main de fer de Goertz von Berlichingen, de nombreux systèmes de mains ont été proposés. Nous ne décrirons que celles qui ont un intérêt actuel.

En principe, la main artificielle doit être de forme élégante, de dimensions correspondantes à celles de la main saine, légère et enfin capable de remplir le mieux possible les fonctions du membre qu'elle remplace.

Les substances qui se prêtent le mieux à sa confection sont le bois ou l'aluminium. Le bois a l'avantage de la légèreté, mais il casse facilement et ne se prête pas très bien à un montage solide des parties métalliques.

Nous avons dit plus haut que les fonctions essentielles de la main peuvent se schématiser dans trois actions : celle d'un crochet pour porterou soulever un objet, d'un anneau ou d'un cylindre pour tenir le manche d'un outil, et enfin d'une pince pour saisir les objets. La main artificielle n'est pas encore arrivée à remplir ces diverses fonctions. Elle peut à la rigueur servir de crochet, si l'on donne aux derniers doigts une courbure convenable, mais elle ne permet pas la prise solide à pleine main qui nécessiterait la flexion isolée de tous les doigts et de toutes les phalanges, avec en outre une certaine malléabilité des doigts leur permettant de se mouler sur la surface du corps qu'ils doivent embrasser. En réalité, les fonctions de la main artificielle se résument à Faction d'une pince, et celle-ci peut être réalisée de diverses façons.

Dans le modèle le plus simple, le pouce est seul articulé. Les quatre derniers doigts font corps avec le métacarpe ; ils sont en attitude de flexion légère pour les deux premiers, un peu plus accentuée pour les deux derniers. Le pouce est au contraire en rectitude ; son extrémité est élargie et un peu aplatie, et il est souvent utile de lui ajouter à la place de l'ongle un onglet

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en cuivre qui permet de soulever plus facilement les objets minces pour les saisir. Ce pouce s'oppose avec les deux premiers doigts pour former la pince, et il peut le faire de deux façons : dans la première il s'applique exactement sur la face palmaire de la dernière phalange de l'index, qui est également élargie, aplatie, et peut être garnie d'une pastille de caoutchouc pour éviter le glissement; dans la seconde, il vient se placer dans l'espace interdigital de l'index et du médius réalisant avec eux une prise par trois points sensiblement plus forte que celle du dispositif précédent. L'articulation du pouce se trouve soit au niveau de l'articulation métacarpophalangienne, soit plus ordinairement au niveau de la carpo-métacarpienne, afin de permettre une ouverture aussi large que possible.

Dans un autre système de main, le pouce est fixe, et la partie mobile est formée par un bloc réunissant les quatre derniers doigts, articulé avec le métacarpe par un axe transversal. Telle est par exemple la main de Landini et de Gevolani. Ce dispositif a certains avantages mécaniques, mais il a l'inconvénient d'une faible ouverture de la main.

Les appareils de Maublanc, de Casalini, ont un double mouvement du pouce et des quatre derniers doigts, ces derniers formant un bloc unique. L'ouverture est alors excellente, mais on perd en force ce que l'on gagne en amplitude de mouvements.

Enfin, dans les mains articulées de Cauet, de Gelli, de Carnes, tous les doigts sont mobiles isolément, mais ils sont généralement actionnés simultanément ; leur flexion se fait soit seulement dans la métacarpo-phalangienne, soit dans toutes les articulations.

En général, les mains sont montées de telle façon que les doigts sont maintenus fléchis par un ressort et que l'action volontaire du mutilé a seulement pour effet de produire l'extension des doigts, c'est-à-dire l'ouverture de la main. Cela est imposé par la faiblesse de l'action volontaire qui serait insuffisante pour donner une prise solide et permanente. Mais les ressorts eux-mêmes ne peuvent pas avoir une très grande force, parce que leur résistance à l'action volontaire serait alors trop grande. C'est pourquoi la prise par les mains artificielles ne peut jamais être très solide. On remédie à cet inconvénient par le moyen de crans d'arrêt qui fixent les doigts automatiquement dans la position où ils se trouvent. Ce système est particulièrement bien étudié dans la main Carnes. Ici, la traction du lac qui commande les mouvements produit alternativement la flexion et l'extension des doigts, et le mécanisme est disposé de telle façon que le blocage se fait dans chaque position.

La mise en action des doigts se lait par des procédés assez variés. Le plus simple, celui qui est utilisé par exemple dans les mains où le pouce seul est mobile, consiste à attacher le tracteur à la base du pouce. Mais la traction se fait alors au début du mouvement presque suivant Taxe du doigt, de sorte que la force est très faible : on peut l'augmenter en fixant le tracteur sur un levier coudé. C'est également par un système de levier placé

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sur le côté radial de la main qu'est actionné le bloc métacarpien de la main de Casalini : le levier est alors à double effet, dont l'un agit sur le pouce et l'autre sur les derniers doigts. Un dispositif original a été proposé par Landini et Cevolani : sur l'axe du bloc métacarpien est fixé un segment de roue hélicoïdal dans les dents de laquelle s'engrène un disque fileté fixé sur le bloc carpien, et qui porte lui-même une gorge sur laquelle passe un câble de cuir ou de métal ; la main s'ouvre ou se ferme suivant que le cable fait osciller la roue dans un sens ou dans l'autre. Enfin, dans les mains artificielles dont tous les doigts sont mobiles, les dispositifs mécaniques sont trop compliqués pour qu'il soit possible de les décrire ici en détail.

2° L'appareil de prothèse. — Dans un bras artificiel, l'appareil de prothèse doit avoir pour caractéristique de reproduire le mieux possible la forme du membre, et d'être léger et aussi peu encombrant que possible, afin de laisser au moignon toute la liberté de ses mouvements.

Sous ces réserves, il n'y a pas de particularités véritablement importantes au point de vue de la construction de ces appareils, et nous ne croyons pas utile d'en donner une description détaillée, les principes généraux étant les mêmes que ceux des appareils passifs que nous avons étudiés précédemment.

Signalons toutefois l'utilité du mouvement de pronation de l'avant-bras, qui est réellement importante pour permettre à la main artificielle de se placer dans la position la plus commode pour saisir les objets. Ce mouvement peut être passif, en montant la main sur une rotule, par exemple, ou bien sur un cercle mobile à l'extrémité inférieure de l'avant-bras. Il peut être aussi actif ; ainsi dans le bras Carnes, la pronation est associée à la flexion du coude : lorsque le coude est en extension, la main est en demipronation, celle-ci devient complète quand la flexion du coude est moyenne, dans la flexion forcée la main se met en supination.

3° Commande des mouvements. — Toutes les sources de mouvement que nous avons énumérées à propos de l'historique sont utilisées suivant les cas. Le meilleur moyen de faire comprendre leur emploi est de décrire les principaux sj'stèmes actuellement en usage. Pour ce qui concerne la cinématique, nous renvoyons au chapitre spécial qui lui est con sacré.

Dans les appareils ordinaires, où il s'agit simplement d'actionner le pouce d'une main artificielle, c'est le mouvement de l'épaule saine qui est généralement utilisé comme étant de beaucoup le plus commode. De la base du pouce part un tracteur qui remonte le long du bras en glissant dans des passants, et va se fixer sur une bretelle qui, croisant transversalement la lace postérieure du thorax, vient former une boucle entourant l'épaule du côté sain. Lorsque le blessé muni de cet appareil fait le mouvement de porter l'épaule saine en avant et d'arrondir le dos, il met le

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tracteur en tension et provoque ainsi l'ouverture de la pince formée par le pouce, pince qui est refermée par l'action du ressort.

Ce mouvement est utilisé également dans l'avant-bras Cauet, mais la transmission se fait alors par un câble Bowden, d'après le dispositif suivant (fig. 225): une bretelle rigide embrasse chaque épaule ; les deux bretelles sont reliées en arrière par une tige métallique qui coulisse dans la bretelle du côté amputé et actionne ainsi le câble Bowden qui va transmettre les mouvements à la main. Dans les amputations du bras, le même mouvement est utilisé pour produire la flexion du coude, et la commande des doigts se fait par l'ampliation thoracique. Une ceinture entoure le thorax à la hauteur du mamelon ; elle se ferme à sa face antérieure par un dispositif analogue à celui des épaulières, de sorte que le blessé, en remplissant sa poitrine d'air, parvient à obtenir une excursion d'environ 2 centimètres, suffisante pour actionner la main.

Le système Maublanc, applicable seulement aux amputations de l'avant-bras, utilise aussi le mouvement des épaules, mais d'une façon un peu différente. L'appareil de prothèse est fixé sur un gilet ordinaire dans la partie dorsale duquel sont noyées deux baleines transversales qui ont pour but de maintenir les épaules en arrière et le dos plat, à l'état de repos. Le câble de commande, qui est un simple tirant, coulisse dans une doublure de la face postérieure du gilet, formant une sorte de tunnel, et vient se fixer au voisinage de l'aisselle du côté sain. Ce câble est mis en tension par le simple mouvement de faire le dos rond ; un dispositif spécial permet de maintenir sa tension constante dans toutes les attitudes du bras, de sorte que l'ouverture de la main se fait aussi bien lorsque le coude est en extension que lorsqu'il est fléchi (fig. 226).

Le bras Carnes utilise à la fois l'action de l'épaule saine et les mouvements du moignon. La suspension de l'appareil est réalisée par trois bretelles qui se rejoignent sur l'épaule en un chef unique pour croiser la face

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Fig. 225. — Bras artificiel Cauet avec le dispositif de commande des mouvements par les épaules.

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postérieure du tronc un peu au-dessous de la nuque et aller entourer l'épaule du côté sain. La commande des mouvements est faite par trois tracteurs. Celui qui produit les mouvements des doigts se rattache au système de suspension de l'appareil, et il est actionné par l'épaule du côté

Fig. 226. — Avant-bras Maublanc.

sain, ou plutôt parla mise en tension de l'appareil de suspension, résultant d'un effort du blessé pour enfoncer son moignon dans le brassard. Le second produit la flexion du coude, il est mis en tension par un mouvement du moignon en avant ; l'extension est passive. Enfin le troisième tracteur, mis en action par l'abduction du moignon, permet d'arrêter le mouvement de pronation qui se produit pendant la flexion du coude, à la position la plus opportune pour l'utilisation de la main.

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