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LA CHIRURGIE MILITAIRE AU SIÈGE DE ROME

En 1849, Louis-Napoléon Bonaparte, alors Président de la République, décidait l’envoi de troupes, placées sous les ordres du général Oudinot, pour mettre le siège devant Rome, d’où les républicains italiens venaient de chasser le Souverain Pontife. Le 30 août, vers onze heures du matin, la première division se ruait contre une porte, depuis longtemps murée, devant laquelle vinrent se briser les baïonnettes françaises.

Le corps d’armée se partagea, en deux sections : l’une qui se dirigea vers la Porta Cavalligeri ; l’autre, vers la Porta Angelica , qui donnait accès dans Rome.

Les chirurgiens durent panser les blessés sous un feu nourri, au milieu de la route, sans autre assistance que celle d’un soldat portant dans un sac quelques bandes, un peu de linge et deux ou trois flacons contenant des médicaments. Et c’est ainsi qu’ils eurent à remplir leur office, faute d’organisation, au milieu du sifflement des balles, du grondement des canons, des plaintes des blessés qui, gisant en tas autour d’eux, réclamaient leur tour et demandaient à grands cris le pansement ou l’opération qui pût les soulager. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’on dirigea ceux qui étaient en état de supporter cette translation vers les ambulances centrales.

Trois ou quatre camarades aidaient les blessés ou les portaient; mais, en revenant sur les pas de la colonne, le petit cortège comptait quelquefois un blessé de plus: un des porteurs était tombé! Ceux que le chirurgien ne jugeait pas convenable d’envoyer à l’ambulance étaient couchés dans l’endroit le plus abrité : c’est là qu’ils recevaient les premiers secours ; là que plusieurs difficiles extractions de balles furent opérées ; là que l’on parvint à réprimer plusieurs hémorragies inquiétantes1.

1 Mélanges médico-littéraires , par le D' Félix Jacquot, 336 et suiv. (Paris, i854).

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