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CHAPITRE XVII

DES DIFFÉRENTS MODES DE TRANSPORT DES BLESSÉS LA BLESSURE DU MARÉCHAL DE VILLARS A MALPLAOUET LE TRAITEMENT THERMAL DES BLESSÉS MILITAIRES

On est frappé, quand on lit les auteurs anciens, de la pénurie de renseignements qu’ils nous fournissent sur le transport des blessés. Est-ce à dire qu’on les abandonnait, sans leur venir en aide, sur les champs de bataille ? Nous avons pu constater qu’à toutes les époques, ils ont reçu plus ou moins de soins, selon les moyens dont on disposait; mais pour les porter dans un lieu où ils fussent à même de recevoir des secours, de quoi se servait-on ? Il semble qu’on se soit peu préoccupé de le rechercher.

Au siège de Troie, Homère rapporte qu’on les plaçait sur des chars, qui étaient rapidement conduits vers la flotte où se trouvaient les ambulances. Diomède, blessé par Pâris, se retire sur son char de combat; de même Ulysse, après le coup de lance qu’il a reçu de Socus. Hector, blessé par Ajax, fut également emporté sur son char, ainsi que Machaon , quand il fut touché l’épaule par la flèche à trois pointes que lui avait décochée Paris1.

Dans les armées romaines, c’était le plus souvent sur leurs armes qu’on transportait les guerriers mis hors de combat par une blessure : dans l’Enéide, Virgile relate qu’on rapporta ainsi à Mézence son tils Lausus, qui venait de succomber sous les coups d’Enée.

Qu’il fût étendu sur des piques, des lances ou des javelines, le blessé devait être assez mal à son aise; ce mode de transport a, cependant, longtemps persisté, puisque, au début du siècle dernier, le chirurgien Percy 2 s’en plaignait encore, c Des porteurs de brancards, écrivait-il, marchant à pas inégaux,

1 Homère, Iliade , passim.

2 Dict. des Sciences médicales , 1 8 1 4 , t. VIII : article Despotats.

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