‹ Chirurgiens et blessésChapitre 37 sur 122 · ET SOUS LOUIS XV · texte numérisé non relu

ET SOUS LOUIS XV

En même temps que le maréchal de Villars, un autre personnage, dont le père occupait à la Cour une situation éminente, avait été non moins grièvement blessé : le jeune Courcillon, qui avait eu la jambe fracassée à Malplaquet, était le fils unique de Dangeau, 1 historiographe-courtisan de Louis XIV, dont le mémorial journalier a légué à la postérité les moindres faits et gestes du grand Roi.

Le marquis de Courcillon avait reçu, à la cuisse, une balle de mousquet de fort calibre, qui nécessita l’amputation du membre, sur le champ de bataille même. Transporté au Quesnoy, comme l’avait été le maréchal de Villars, il ne fut en état de faire le voyage de Versailles que quelques semaines après ; son arrivée précéda de peu de jours celle du maréchal.

Quatre mois plus tard, « les chirurgiens ayant trouvé que la plaie du marquis de Courcillon allait très mal, et que les chairs étaient si pourries que l’os les excédait de beaucoup, ils avaient pris le parti de lui recouper la cuisse, sans néanmoins recouper le gros vaisseau, mais mettant le feu aux chairs, et même en mettant un bouton dans la moelle de l’os, qui était corrompue, de sorte que peu de gens espéraient qu’il en pût revenir1 ».

Le jeune colonel fut plusieurs jours à l’extrémité, et ce n’est que le 10 septembre suivant que Dangeau pouvait écrire, dans son Journal : « Mon fils vint à Marly; sa plaie est complètement fermée. »

La seconde intervention pratiquée sur le brillant officier laisse supposer qu’il avait été mal opéré la première fois et l’on se remémore, à ce sujet, le propos qu’avait coutume de tenir le chirurgien La Peyronie. La Peyronie était si persuadé

1 Mémoires du marquis de Sourches , t. Xll (Mareschal de Bievre, op. cit., a65).

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