RÉGIME DES MALADES ET DES BLESSES
demandait sa retraite1. Ne croirait- on pas entendre les doléances d’un fonctionnaire de nos jours ?
Ne pouvant frapper à la tête, on s’en prit aux subalternes; controleurs, médecins et chirurgiens pris en faute furent envoyés en prison et les abus n’en continuèrent pas moins.
Il fut interdit aux membres du corps médical, sous peine d’être cassés, « de recevoir aucune rétribution, d’avoir liaison ou intérêt avec les entrepreneurs ».
De nouvelles précautions furent prises, pour empêcher les fraudes trop communes de l’entreprise sur la nature, le poids, la qualité des denrées et médicaments ; un sergent de planton veillait à la pesée de la viande et du pain, tandis qu’une sentinelle, placée près de la marmite, assistait à la répartition des aliments dans les salles, assurait l’exécution des ordonnances du médecin.
En dépit de ces mesures, on continuait à se plaindre que la charpie n’était pas renouvelée ; qu’on la tenait dans des lieux trop humides 2. On dissimulait le jour de la mort des malades, afin de compter un plus grand nombre de journées. A énumérer toutes les « prévarications » qui se commettaient dans les hôpitaux militaires, un volume suffirait à peine.
A première vue, rien de plus louable, en apparence, que l’institution de ces hôpitaux :
Un vaste édifice, uniquement destiné à la guérison des soldats ; une grande quantité de médecins, de chirurgiens, d’aides-chirurgiens, d’infirmiers, de domestiques, etc., employés et payés pour veiller à la santé des malades; des ordonnances très sages concernant les remèdes, la nourriture, les soins que l’on doit avoir; des officiers nommés pour tenir la main à leur exécution ; tout, enfin, semble concourir d’abord à faire de ces maisons l’établissement le plus utile... ; mais cet appareil s’évanouit, quand on veut entrer dans les détails, et l'on est bien aisément convaincu des dangers, quand on voit plusieurs malades entassés dans chaque lit, quand des malheureux se portent des uns aux autres les germes pestilentiels de leurs infirmités, quand l’atmosphère empestée répand les maladies et la mort dans un hospice destiné à rendre les hommes à la vie 3...
1 Le Comte de Gisors (1732-1768), étude historique, par G. Rousset, 21* édition; Paris, 1868, 43o- 1 .
- Cependant le chirurgien contrôlait (ou était censé contrôler ) l'état de la charpie à son entrée à l’hôpital et la faisait (ou devait la faire) brûler, si elle était de mauvaise qualité. Dans le cas où la provision de charpie avait été épuisée par l’imprévoyance de l’entrepreneur, sans être remplacée immédiatement, on en achetait où l’on pouvait, aux frais de l’entrepreneur. (Queyrat, Du service de santé dans les armées de l'ancien régime , thèse de Paris, iyo3, 82.) Ge qui est en italique, et entre parenthèses, a été ajouté par nous.
3 Le Soldat citoyen , passim.
CHIRURGIENS ET BLESSES A TRAVERS l’hISTOERE
Le patriote éclairé (Servan, avocat au Parlement de Grenoble), qui reproduit ce réquisitoire, y ajoute des réflexions rien moins que favorables au système alors en pratique. Tenu par son état à faire quelquefois des visites dans les hôpitaux, il déclare n’avoir « jamais parcouru ces maisons qu’avec horreur et compassion » .
J’y ai vu, poursuit-il dans un élan d’indignation, l’avarice décorée du nom d'attention; j’y ai vu des moribonds, pressés dans le même lit confondre leurs haleines et précipiter le trépas des compagnons de leurs misères ; j’y ai vu la douleur et les plaintes n’attendrir personne; la mort, frappant de tous les côtés, avoir l’air d’abattre de vils animaux; et des hommes endurcis à ce spectacle s’étonnoient qu’on pût y être sensible ! Ces mêmes hommes dénaturés, qui s'engraissent de la substance des misérables qui leur sont confiés, étoient heureux des douleurs de leurs semblables et ils avoient l’air d’avoir conclu un marché avec la mort.
On a parlois incriminé les médecins ; mais « s’il est très difficile qu’un médecin connaisse et guérisse la maladie d’un citoyen bien soigné dans sa maison, que sera-ce de cette multitude de maux compliqués et accumulés les uns sur les autres dans un lieu pestiféré » ?
En réalité, conclut l’impitoyable critique, les abus qui se sont glissés dans la régie des hôpitaux ; les malversations qui semblent attachées à toute institution publique qui prête quelque côté à l’avidité ; la nécessité où l’on est de recevoir beaucoup de malades dans le même lieu, la presque impossibilité de les guérir quand ils sont accumulés ; enfin, le mal que les hôpitaux font aux troupes qu’elles énervent, toutes ces causes se réunissent depuis longtemps pour faire changer la manière dont on veille à la santé du soldat et y substituer des méthodes moins onéreuses et plus sûres pour la guérison d’une partie précieuse de nos citoyens.
1 Jusqu’à la dévolution, écrit un historiographe de V Armée de l'ancien régime , il a été impossible d’assurer au soldat la jouissance exclusive de son lit. C’est déjà une sorte de privilège que d’avoir un lit pour deux ; c’est un avantage réservé aux bas officiers, aux « maîtres » dans la cavalerie, et quelquefois aux grenadiers, mais les fusiliers couchent trois à trois. « Il est affreux, écrit, de Calais, un commissaire des guerres, de loger les soldats dans de petites chambres basses, mal aérées, humides, malsaines, en face d’égouts où séjournent des eaux croupissantes ; de mettre dix-sept lits dans une petite chambre et surtout trois soldats dans un petit lit. » On en était encore, en 177b, à chercher les moyens de faire coucher les hommes deux à deux. (Cf. notre article de Y Intermédiaire des chercheurs et curieux , 20 septembre 1913, col. 3^4-5.) A la veille de la I révolution, cette mesure n’était pas encore réalisée : « Le roi, écrit Necker. dans le temps de mon administration avait ordonné que les malades couchés dans un même lit seraient désormais séparés; » or, en 1797, à l’hôpital Necker, pour dix-huit cents malades, il n y avait que cent vingt-huit lits. (L'Armée de l'ancien Régime, de Louis XIV à la Révolution, par Léon Mention, docteur ès lettres. Paris, s. d.)
LA SANTÉ DU SOLDAT AU XVIIIe SIECLE
Trop souvent nous accusons la guerre d occasionner la perte de nos soldats : elle est bien moins cruelle que la maladie, et la maladie est moins dangereuse que les traitements qu'on emploie dans nos hôpitaux.
U n jeune homme accoutu méà une vie sédentaire s’engagea servir sa patrie : presque aussitôt il est renfermé dans une ville de guerre et il est soumis à tous les exercices et à tous les devoirs minutieux de notre vie militaire. Les membres faibles peuvent à peine se charger des armes qu’on lui remet, et il est déjà forcé de supporter plus de fatigues que le soldat vétéran, dont le corps est endurci, et à qui l’habitude a fait une seconde nature de la vie pénible qu’il mène. Bientôt une nourriture mauvaise et insuffisante, une mauvaise boisson, un air pernicieux, quelques heures de faction dans un endroit malsain, ont donné la fièvre au nouveau soldat; on se hâte de le conduire à l’hôpital qu’il va connaître à ses dépens et où, en lui assignant un lit, on néglige souvent d’en changer les draps, quoique le nouveau malade remplace presque toujours ou un homme mort ou un homme qui a essuyé quelque maladie dangereuse. Etendu sur ce lit de douleur, il ne peut plus s’adresser pour ses besoins qu’à des infirmiers durs et insolents, qui oublient qu'ils ne sont payés que pour soulager les malades et leur donner des soins continuels. A peine dans le cours de sa maladie aperçoit-il le médecin, dont les visites journalières ne sont, pour ainsi dire, que d’appareil. Ainsi, ou la médecine le tue, ou la nature le guérit. Le voilà convalescent; mais il est si peu et si mal nourri, il est si resserré, on a tant de soin de lui disputer un air dont il aurait besoin pour se remettre; enfin, il est encore si fort exposé à retomber malade, qu’il se hâte de solliciter sa sortie. Cette grâce lui est encore disputée, parce qu’il procure du gain aux entrepreneurs, trop souvent d’accord avec les médecins, chirurgiens, etc. Cependant, il obtient sa liberté, et il sort avec des maux qu'il n’avoit point apportés, et qu’il va communiquer au dehors. Encore faible et convalescent, il reprend son service pour éviter les propos de ses camarades ; mais il en est bientôt la victime, il retombe sérieusement malade ; il est porté de nouveau, malgré lui, dans cet hôpital qu’il a en horreur ; il se hâte d’en sortir ; il y rentre encore et il meurt ou il passe sa vie en rechutes, en convalescence et à l’hôpital L
Nous 11e contesterons pas la pureté d’intentions, voire le courage de notre pourfendeur d’abus, mais il faut bien reconnaître que, par endroits, sa diatribe emprunte le ton du pamphlet. Le passage qui suit ne démentira pas cette appréciation ; il s’agit toujours des hôpitaux militaires :
Ce que j’ai ouï dire et ce que j’ai vu de nos hôpitaux à l’armée, n’est pas moins effrayant pour l’humanité. A la course de Zell, les soldats qui tomboient malades étoient envoyés de dépôts en dépôts dans des hôpitaux qui étaient à plus de cent lieues de l’endroit d’où ils étoient partis. L’hôpital de Hanovre étoit si mal servi qu'il y est mort jusqu’à cinq cents hommes par jour : il y avoit quatre doigts de fumier dans les chambres. Un chirurgien-major, bien digne de foi, m’a assuré qu’ayant eu le malheur de tomber malade et d’être porté à l’hôpital, il y manqua souvent de bouillon, de tisane e de nourriture. Il voulut saisir, pour se plaindre, le moment que M. d’Armentières, qu’il connoissoit, faisoit sa visite; il ne put jamais en trouver le moment,
1 Le Soldat citoyen, loc. cit.
tant le commissaire des guerres qui accompagnoit l'officier général mit d’adresse à l’enlever d’un lieu où l’on prétendoit qu’il n’étoit pas sain de s’arrêter L..
N’avait-on rien fait pour remédier à un pareil état de choses ? De bons esprits s’y étaient essayés ; mais, soit que leurs efforts n’aient pas été soutenus, soit que le mal fût supérieur à l’insuffisance de leurs ressources, il ne parait pas qu’ils aient réussi à modifier une situation inhérente à un vice d’organisation.
Déjà, sous Louis XIV, des hommes, comme Louvois et Vauban, avaient échoué, ou presque, dans leurs tentatives2. Vauban s’était beaucoup préoccupé de la nourriture du soldat : quand il fut désigné, en 1659 et 1660, pour le commandement effectif de la compagnie du régiment de la Sarre, dont il avait été nommé capitaine, il s’empressa d’introduire dans l’ordinaire un aliment nouveau, dont il se montrait d’autant plus fier qu’il en avait lui-même imaginé la formule. On a retrouvé, il y a quelques années, dans les papiers de l’illustre ingénieur, la recette de la « soupe au bled, inventée par M. de Vauban, en faveur de scs vieux amis du régiment de la Sarre ». Comme elle n’a été publiée que dans un ouvrage 3 que son prix élevé rend accessible à peu de bourses, nous la reproduisons ci-dessous :
SOUPE AU BLED INVENTEE PAR M. DE VAUBAN EN FAVEUR DE SES VIEUX AMIS DU RÉGIMENT DE LA SARRE.
Prenez une livre de bon bled-froment, lavez-le et en ôtez tout ce qui nagera sur l’eau, après quoi, faites chauffer d’autre eau jusqu’à bouillir : mettez-y tremper le bled couvert d’un linge ou d’autre chose et si c'est le soir, laissez-le tremper toute la nuit. Le lendemain, il n’y aura qu’à jeter l’eau dans laquelle il aura trempé, y en mettre de la nouvelle et le faire bouillir jusqu’à ce qu’il soit crevé. Otez-en le trop d’eau et l’écrasez avec la cuiller à pot, comme
1 Op. cit., 520.
2 C’est à Louis XIV que remonte l’idée de construire des casernes proprement dites; il devait en être construit sept ; mais, pour des raisons multiples, ces projets n’aboutirent que sous le règne suivant. C’est Louis XV’ qui, vers 1709. date de la construction de l’hôpital du üros-Caillou, prit à cet égard une décision définitive; et ce n’est qu’en 1763 que, trouvant le moment favorable pour l’exécution projetée, le monarque autorisa le maréchal de Biron « à contracter des baux de longue durée avec les particuliers qui consentiraient à prendre sur eux les frais d’acquisition des terrains et ceux de construction des bâtiments ». Cf. Paris militaire au xvme siècle : les Casernes ( Mémoires de la Société de V Histoire de Paris et de V Ile-de-France, t. XXXI, 1904).
3 Œuvres de Vauban (Correspondances et Oisivetés), édition A. de Rochas, t. Ier, 285-6.
Infirmiers allemands, au xviii' siecle
(Collection du Dr Tuffier.)
on fait des pois. Cela fait, prenez un quarteron de lard coupé par petits morceaux, gros comme de gros lardons, faites-Ies fondre à part avec un oignon ou des poireaux, des ciboules, même de toute autre sorte de bonnes herbes, coupées bien menues, avec du sel. Fricassez cela avee le lard fondu 5 après quoi versez-le dans la marmite; remuez-le bien et le laissez derechef bouillir un peu de temps, moyennant quoi la soupe sera en état d’être mangée.
Le bled préparé de la sorte peut tenir lieu de pain et de potage et ne saurait manquer de faire une nourriture excellente, parce que le bled sera net et purgé de toutes ordures, d’un fort bon goût et à fort bon marché, puisque la livre de bled ne coûtera le plus souvent au soldat que la peine de le battre pendant et après la moisson et qu’il s’en trouve presque partout. Il n'y a donc que le lard qui pourra coûter quelque six à sept sols la livre, auxquels cas un quarteron leur reviendra à dix-huit deniers, c’est-à-dire à neuf deniers par chaque homme, car deux ou trois feront un très bon repas avec une livre de bled et un quarteron de lard ainsi accommodés; pour lequel lard pouvoir acheter, chaque chambrée pourra vendre la moitié ou- le tiers de son pain. Par ce moyen, ils trouveront celui d’apaiser leur faim très agréablement, à juste prix, parunebonne nourriture, qui ne les exposera pas à toutes les saletés et corruptions des farines des vivres, qui sont souvent échauffées et à demi-pourries ; le pain mal cuit, mal levé, mal pétri, avec de méchantes eaux troubles, le plus souvent sales et remplies d’ordures, ce qui cause la plus grande partie des maladies dont ils sont affligés pendant le cours des campagnes. Il est enfin constant que cette nourriture les entretiendra sains et gaillards, leur donnera de l’embonpoint et des forces en leur conservant la santé.
Tout comme Vauban, Louvois, pendant son ministère, voulut, lui aussi, tenter une innnovation : à l’exemple des Orientaux, il fit distribuer aux troupes de la poudre de viande ; mais, ajoute celui qui rapporte le fait, comme dans les pays chauds, c’est le soleil qui fait cette poudre et qu’il n’a pas assez de force dans nos contrées pour opérer le même effet, le ministre avait fait construire de grands fours de cuivre, « capables de contenir huit bœufs 1 ».
l)e la sorte, on obtenait une « poudre », dont une once bouillie dans l’eau suffisait pour nourrir quatre hommes. La livre de viande fraîche donnait une once de cette « poudre ». Plus tard, furent fabriquées des tablettes de bouillon, qui rendirent d’incontestables services en campagne et dans les hôpitaux de villes assiégées. Ces lablettes de bouillon étaient, en réalité, de l’extrait de viande, ayant « la consistance d’une gelée ferme, épaisse et brune » ; quand cette gelée était suffisamment refroidie, on la mettait sécher dans un four modérément chaud ou à l’étuve, et lorsqu’elle était devenue aussi dure que de la colle forte et friable, on en faisait des tablettes, d’une once et de deux onces.
Ces dernières servaient « pour les soldats sains, dans les marches forcées,
1 Préceptes sur la santé des gens de guerre , par M. C. Paris, M DCC L XXV.
LA SANTÉ DU SOLDÂT AU XVIIIe SIÈCLE
dans les sièges, en un mot dans tous les cas où les troupes ne peuvent pas avoir la commodité de faire cuire la marmite (sic) et dans ceux où la distribution de la viande est difficile ou impossible, et dans les grandes chaleurs, où les viandes se corrompent très facilement ». Il suffisait d’une tablette pour la soupe d’un soldat, à chaque repas : on faisait dissoudre cette gelée dans l’eau, et quand on y voulait joindre des légumes, il fallait les avoir fait cuire auparavant dans cette tablette. On voit que le chimiste allemand Liebig a une part d’inventeur bien restreinte i.
Nos anciens ne se sont pas seulement préoccupés de l’alimentation du soldat, ils ont eu également le souci de tout ce qui concerne sa santé ou son bien-être. Ils avaient observé qu’il périssait beaucoup plus d’hommes par les maladies que par les armes, et que les épidémies étaient plus meurtrières que les batailles. « Ménagez vos soldats, écrivait César à un de ses lieutenants qui s’acheminait vers le lieu ou devait se livrer un combat, afin que les maladies ne vous en privent point au moment où il sera nécessaire d’agir2. »
Au cours d’un entretien avec Cyrus, Cambyse ne manque pas de lui demander si ses maîtres lui ont indiqué les moyens de préserver une armée des maladies, « puisqu’il n’y a rien dont un capitaine doive être plus curieux » ; à quoi le jeune prince répond qu’il s’est pourvu des plus habiles médecins qu’il a pu trouver. — « Mais, réplique Cambyse, les médecins ne font que réparer de mauvais bâtiments; vous auriez, ajoute-t-il, un bien plus noble soin de la santé, si vous tâchiez de
1 Avant Liebig, en 1775, un sieur Bouche, chirurgien-major du régiment suisse de Salis, faisait des expériences avec une « poudre nourrissante », sur <c quatre particuliers, bien portants et de différents âges... Nourris pendant douze jours avec six onces de cette poudre par jour, divisées en trois distributions, n’ayant bu chacun qu’une chopine de vin à chaque distribution pendant les quatre premiers jours, une chopine de bière pendant les quatre suivants, et de l’eau pendant les quatre jours derniers ». L’essai réussit parfaitement; la poudre se conservait, paraît-il, très bien, sans la moindre altération, et le prix de chaque ration n’excédait pas le prix ordinaire du pain du soldat. Le comte de Broglie soumit la requête de l’inventeur au ministre de la guerre, le comte de Saint-Germain, mais nous ignorons la suite que celui-ci lui donna. (Cf. Le comle de Saint-Germain et ses réformes , par L. Mention; Paris, 1 884, 220-1.)
2 Médecine d'armée , ou Traité des maladies les plus connues parmi les troupes, dans les camps et les garnisons, par M. Monro, médecin des armées britanniques ; traduction de l’anglais, avec des augmentations considérables, par M. Le Bègue de Presle, docleur-régent de la Faculté de Médecine de Paris, censeur royal ; t. Ier; à Paris, MÜCCLXIX.
prévenir les maladies et si vous empêchiez qu’elles se répandissent dans vos troupes. — Et comment cela se pourrait faire ? reprend Cyrus. — Quand vous aurez à faire séjour dans quelque pays, réplique Cambyse, il faut regarder à vous camper en un lieu sain ; ce qui vous sera confirmé par la disposition du corps, la couleur des habitants, etc... »
Ce n’est pas seulement Xénophon 1 , c’est encore, c’est surtout l’auteur du premier traité d’art militaire, Végèce, qui a donné à cette question tous les développements qu’elle comporte. «On n’aura, écrit- il, de bonnes armées que si on y maintient la santé : les moyens pour obtenir ces résultats comprennent les lieux, les eaux, les saisons, les exercices. Les camps doivent toujours s’établir dans un endroit où l’on puisse avoir, en abondance, de l’eau, du bois et du fourrage et où l’air soit sain... On doit éviter en tout temps de manquer de blé, de vin, de vinaigre et même de sel. »
Quand on sait que Végèce a étudié, pour composer son traité, s’est assimilé les écrits de tous ceux qui l’ont précédé, ou qui furent ses contemporains, on ne songe pas à révoquer en doute son autorité.
1 Retraite des Dix Mille.