‹ Chirurgiens et blessésChapitre 48 sur 122 · MP · texte numérisé non relu

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Dans Garengeot se trouve également l’idée de nos appareils amovo-inamovibles. Pour les fractures du membre inférieur, on ne se servait plus de bandes roulées sur de simples attelles, mais l’on mettait déjà le membre dans des gouttières en carton ou écorce d’arbre, premier rudiment de la gouttière de Bonnet. Garengeot et J.-L. Petit reconnurent bien vite que ces substances, sous l’influence de l’humidité et de la chaleur, cessaient bientôt d’offrir une résistance suffisante ; aussi conseillèrent-ils, avec raison, de les remplacer par des gouttières en fer-blanc G

La réputation de Garengeot, quelque grande qu’elle fut, n’est point parvenue à éclipser complètement celle de Bagieu, chirurgien-major des gendarmes de la garde du roi, dont les tendances conservatrices se sont affirmées dans maints écrits, que nous avons antérieurement analysés; pas plus qu’elle ne doit nous faire oublier Andouillé, chirurgien-major, puis démonstrateur royal, dont le successeur à la chaire de pathologie fut le célèbre Tenon qui, lui aussi, servit comme chirurgien de lru classe aux armées, de même que Faget et son neveu, Dufouart, furent, tous deux, chirurgiens-majors des gardes françaises.

Aux noms que nous avons cités, il convient de joindre ceux de Le Vacher, chirurgien des hôpitaux de Besançon, qui combattit avec énergie la doctrine du vent du boulet et reconnut la possibilité de la déviation des projectiles par les tissus, « que quelques modernes croient avoir trouvée 1 2 » ; de Faure, chirurgienmajor du régiment de Boyal-Vaisscaux , qui conseillait de « ne recourir à l’amputation immédiate des membres que dans les cas pour lesquels l’indication n'en parait pas douteuse » ; de Pibrac, chirurgien-major du Boyal-Dragons, qui eut, peut-être le premier, l’idée d’une étude médicale générale sur le recrutement 3.

Loubet, chirurgien-major des régiments de Santerre et de Touraine, très préoccupé, bien avant Lisfranc et Verneuil, des états constitutionnels, relativement à leur influence sur les plaies, a insisté surtout sur la syphilis 4 et le scorbut ;

1 Th. cil., 35o.

2 Delokme, op. rit.

3 Id., 102.

4 On doit à ce chirurgien une observation de syphilis extra-génitale, très curieuse pour l’époque ; depuis, on a signalé quelques cas analogues, mais ils sont encore relativement rares. \ oici celui que notre auteur a rapporté: « Des cavaliers, sortant de table après un repas de récréation et un peu trop pleins de nourriture, rencontrèrent sur leur chemin de fausses vestales. Le vin anima les cavaliers ; ils prirent des libertés avec ces filles attaquées de virus;

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mais il lait aussi la part de ce qui revient aux fatigues de la guerre, à la nourriture insuffisante, à l’alcoolisme, comme aux cachexies et à la vieillesse, etc.

Laurent Heistër, Médecin et Chirurgien allemand.

Pour certaines blessures, cet avisé praticien se servait de vessies remplies d’eau

tout se borna à des jeux de mains, après lesquels les filles s’éclipsèrent. L’un des cavaliers, sans réfléchir à ce qui venait de se passer, prit une prise de tabac avec ses doigts, qui avaient été introduits dans les parties naturelles d'une de ces créatures. Peu de temps après, il lui survint au nez un bouton qui, par la suite, est devenu chancreux et lui a rongé une partie du nez. > Ce cavalier guérit rapidement, grâce aux frictions mercurielles.

CHIRURGIENS ET RLESSES A TRAVERS L’HISTOIRE

chaude, ou les soumettait au rayonnement de briques chaudes. Comme le remarque le professeur Delorme, « il y a bien des idées toutes modernes dans ces pratiques ». Moins bien inspiré fut-il, quand il se mit à employer, pour les plaies qui avaient tendance à s’enflammer, des cataplasmes de navets, ou de l’étoupe fine!

Encore un nom à retenir, celui de Ravaton, à qui l’on doit la conception et la description d’un manuel opératoire de la désarticulation coxo-fémorale et l’application des pansements occlusifs au diachylon, bien avant Chassaignac.

Ravaton avait conçu le projet de former « des brigades destinées à suivre les gros détachements de l’armée qui vont à la guerre, afin que les troupes pussent avoir des secours prompts et assurés ». Ces brigades devaient être composées d’un chirurgien aide-major, cinq élèves, un aumônier, un apothicaire, cinq infirmiers, un commis de la direction, et « un caisson sur lequel on chargerait une caisse d’instruments de chirurgie, un ballot d’appareils et des draps, une boite de plumaceaux, des médicaments, un petit tonneau de vin, du pain frais, six brancards, etc... » Il présentait en ces termes l’économie de son projet :

On évitèrent .par là les accidents que j’ai vu arriver bien des fois, où les blessés ont été plusieurs jours sans secours ; outre qu’on pourrait charger sur le [caisson ceux des blessés qui ne pourraient point marcher.

Il se passera environ un demi-siècle, avant que ce projet soit réalisé par Larrey et Rercy, sous le nom d’ ambulances volantes.

Ravaton était le type du chirurgien d’armée ; il comptait trente- sgi années de pratique dans les camps et hôpitaux militaires. Longtemps il était resté attaché comme chirurgien à l’hôpital de Landau, qui, pendant la guerre de la succession d’Autriche et la guerre de Sept Ans, fut un de nos principaux hôpitaux d’évacuation1. A l’étranger, peu de praticiens ont joui d’une notoriété aussi considérable; nous ne voyons guère à mettre en parallèle avec Ravaton que Ranby, en Angleterre: Laurent Heister, en Allemagne; Acrel, en Suède; Jacob van der Haar, en Hollande.

En France, la province n’était pas restée en arrière de la capitale. Caqué, chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu de Reims, servit dans les hôpitaux militaires,

1 Sur le service de santé en campagne et le service des évacuations, à cette date, cf. Les Campagnes du maréchal de Saxe, Ire partie, par J. Colin, 2a3 et s.

SERVICE DE SANTÉ. MILITAIRE A LA VEILLE DE LA REVOLUTION

de 1714 à 1747 : « c’est là, dit Louis, dans l’Éloge de ce praticien, qu’il développa son habileté chirurgicale, et qu’il recueillit les observations intéressantes auxquelles il dut plus tard le titre de correspondant de l’Académie ». Au siège de Fribourg, Caqué donna un exemple de dévouement digne d’être rappelé : « pendant huit jours et huit nuits , il pansa Sans relâche les blessés dans la tranchée ». Il quitta t’armée après la paix de Maëstricht (1748).

Chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu de Lyon, Flurant fut employé dans nos ambulances et nos hôpitaux, en Italie et en Espagne, sous le règne de Louis XV ; il comptait au nombre de ses ascendants Flurant apothicaire-major des armées de Louis XIV. On a prétendu que Molière se serait souvenu de cet apothicaire, quand il créa le type de Fleurant, du Malade imaginaire ; cette assertion a donné lieu à beaucoup de controverses 4, et il ne semble pas que le problème soit définitivement résolu.

Voici la yersion qu’en donne Antoine Louis ; comme il avait pu recueillir la tradition orale, son opinion n’est point négligeable :

Claude Flurant, dit-il, dès l’exorde de son Eloge, naquit à Lyon le 18 juillet 1721. !1 descendait d’un Flurant, ancien apothicaire des armées de Louis XIV, dont le nom a été transmis à la postérité, dans la scène si ingénieusement comique qui sert de début à la pièce du Malade imaginaire. Ce Flurant, étant jeune élève chez un apothicaire de Paris, dans le voisinage de Molière, eut quelques occasions de lui rendre des services utiles à sa santé, et il devint son ami par une tournure d’esprit naturellement portée à la gaieté et à la bonne plaisanterie.

Encore un provincial, comme Flurant, que Claude * Nicolas Lecat, qui porta l’habit ecclésiastique pendant dix ans et soutint une thèse sur toutes les parties de la philosophie, puis étudia les mathématiques et les fortifications -, avant de se déterminer à embrasser la carrière qu’il devait illustrer.

Bien que Lecat n’ait pas fait partie du corps de santé militaire, il n'est pas

4 Cf. la Chronique médicale . 1 5 avril 1898 : Où Molière a-t-il pris le tgpe de M. Fleurant ? Et dans le môme recueil (V mai 1900 ï : La légende de M. Fleurant.

2 « Il se fit connaître, en 1724, par une dissertation sur le phénomène des arcs-boutants de l’église Saint-Nicaise de Pveims, lesquels, tandis que l’on sonne, éprouvent un balancement très sensible. En 172b, il publia une lettre sur 1 aurore boréale, nouveau meteore qu on avait observé cette année. » Eloge de Lecat , par Louis. (Eloges lus dans les séances publiques de l’Académie royale de Chirurgie, de 1760 à 17925 Par Louis, recueillis et publiés... par E.-Fréd. Dubois, d’Amiens. Paris, 1 85q .)

CHIRURGIENS ET BLESSES A TRAVERS l’iIISTOIRE

oiseux de relater qu’il a composé plusieurs mémoires sur le traitement des plaies par armes à feu : à ce titre, son nom méritait d’être rappelé.

Si Lecat s’est occupé, incidemment, de chirurgie militaire, Bordenave, mettant à profit l’expérience qu’il avait acquise au siège de Maëstricht, en a recueilli les fruits dans un Précis , qui peut être encore utilement consulté

Dans un chapitre précédent, nous avons fait allusion à la dissertation du chirurgien prussien Bilguer, sur l’inutilité de l’amputation des membres : c’est pour répondre aux arguments qui y sont exposés que La Martinière, alors directeur de l’Académie Royale de Chirurgie, prit la plume afin de prouver que la doctrine dont on faisait tant de bruit n’était pas nouvelle, que lui-même l’avait vue appliquer par nombre de ses collègues, et qu’il l’avait personnellement mise en pratique, « depuis la guerre de 1733, jusqu’à la dernière, en Italie, én Bohême, en Allemagne, en Flandre ».

Par un de ses biographes -, nous connaissons les états de service, à l’armé •, de La Martinière.

En 1733, il avait suivi le grand écuyer à l’armée d’Italie, commandée par le maréchal de Villars; au commencement de 1734, il rejoignait l’armée d’Allemagne ; il était au siège de Fribourg, où fut tué le généralissime Berwick.

11 était promu chirurgien-major le 1er avril de l’année suivante et, en novembre, dirigeait l’hôpital de Trêves.

En 1741, au mois de juin, il était attaché à l’armée de Bavière, qui ne tardait

pas à passer en Bohême ; il assistait à l’escalade de Prague, dans la nuit du

25 novembre. Il montra, pendant le siège de cette ville, un zèle infatigable, dont

les historiens ont rendu témoignage ; à son retour en France, il était nommé

chirurgien-major aux Gardes Françaises, aux appointements de 5.000 livres : en cette qualité, il prenait part aux sièges de Menin, d’Ypres et de Fribourg.

A Fontenoy, La Martinière était chirurgien-consultant de l'armée, tandis que

son élève et futur successeur, J. -B. Antoine Andouillé, lui était adjoint comme

chirurgien-major :i. La Martinière se distingua aux sièges de Mons, de Namur, à

la bataille de Raucoux et, d’une manière générale, pendant la campagne de 1740.

1 Gf. Mémoires de V Académie de Chirurgie , t. II. (Précis de plusieurs observations sur les plaies d’armes à feu en différentes parties.)

- D‘ Léo Desaivre, Germain Pichault de La Martinière. Blois, P. Girardot, 1 8r>5 .

3 Dans un mémoire, que présenta son élève Andouillé, sur un projectile qui avait traversé le bassin, du pubis au sacrum, celui-ci raconte qu’il administra le quinquina au malade (comme

Certificat de blessures reçues à la nalaille de Maestricht.

Il se montra aussi vigilant administrateur et organisateur, qu’il avait été praticien habile. Il existe, au Musée historique du Val-de-Grâce, un très beau portrait de La Martinière, que nous reproduisons (p. 299), peint par Latinville, où « le commensal favori de Louis XV » est représenté debout, jusqu’à mi-jambes. 11 est revêtu d’un riche costume ou habit ouvert, dans lequel passe le grand cordon de Saint-Louis. Presque sur le même plan que le personnage, l’artiste a figuré une scène qui nous intéresse particulièrement : des soldais, faisant office d’infirmiers, placent avec précaution un blessé sur un brancard et se disposent à le transporter aux voitures d’ambulances, qui sont proches. De sa main droite, le chirurgien montre la scène, semblant dire : « Voici mon œuvre! » A gauche, le peintre a figuré une scène allégorique, représentant « le Génie de l’Art, accueilli par la France, sous les traits de Minerve casquée et portant une draperie chargée de fleurs de lys: elle reçoit, avec l’expression d’une vive sollicitude, les deux Génies qui lui présentent, l’un le tableau de 1 ' K cote pratique, dont le nom est écrit au-dessus de l’image d’un blessé, étendu à terre; tandis que l’autre apporte les plans et parchemins chargés de leurs sceaux. On lit : Etablissements cT Ecoles publiques de chirurgie; et, au bas de chacun des parchemins déroulés, les noms des principales villes de France, où l’on avait établi, d’après les plans de La Peyronie et par les soins de La Martinière, des écoles pour les progrès et les illustrations de l’Art : Bordeaux, Toulon, Toulouse, Lyon, Orléans, Nancy* 1.

C’est La Martinière qui inspira l’ordonnance du 4 août 1772, en vertu de laquelle fut créée une commission permanente, pour l’administration des hôpitaux militaires, sous les ordres du secrétaire d'Etat au département de la Guerre. Celte commission était composée d’un médecin inspecteur général, de cinq médecins inspecteurs et de deux chirurgiens ayant aussi grades d’inspecteurs.

Les trois branches professionnelles du service de santé militaire ont toujours été distinctes, mais elles n’ont pas toujours été, tant s’en faut, sur un pied d’égalité.

Lors de l’organisation primitive de ce service, la médecine était en possession d’une suprématie, déjà contestée, mais généralement admise, sur la chirurgie

le lui avait appris ha Martinière, pendant la campagne de Bohême, où il l’employait), même en l'absence de fièvre. (Léo Desaivre, op. cit.).

1 Les Collections artistiques de la Faculté de Médecine de Paris , par L. Landouzy et Noé Legrand ; Paris, 1911,307.

SERVICE DE SANTÉ MILITAIRE A LA VEILLE DE LA REVOLUTION 2QQ

el la pharmacie : « celle-là n’occupait qu’un rang secondaire, tandis que celle-ci était reléguée dans une condition subalterne 1 ». Grâce aux talents déployés par

Le Chirurgien. La Martin’ièke. ( D’après une peinture du Val-de-Oràce.)

les chirurgiens et aux succès obtenus par eux, au couis des di\ erses guéri es, leur situation se releva progressivement; mais les médecins conservèrent la pre-

1 Etudes sur le service de santé militaire en France , son passé, son présent, son avenir, par L.-J. Begin. Paris, 1860.

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éminence, l’emportant sur leurs collègues en chirurgie, tant par le rang qu’ils occupaient, que par leur nombre dans le Conseil supérieur de santé.

Dans les amphithéâtres destinés à l’instruction, les chirurgiens et apothicaires surnuméraires ne pouvaient entrer qu’en justifiant d’études et en subissant des examens ; tandis que les conditions d’admission de leurs camarades médecins n’étaient pas déterminées. Dans l’Ecole, ceux-ci n’étaient pas exactement soumis à la même discipline que leurs condisciples; l’examen des candidats aux places d’élève chirurgien n’était pas confié au chirurgien inspecteur, mais au médecin inspecteur général1.

Dans tous les hôpitaux, dit en termes formels le code annexé à l’ordonnance du h'1 janvier 1780, le médecin, vu la supériorité de son grade, est à la tète de tous les officiers de santé. Ces inégalités, ces privilèges ne disparurent qu’en 1788.

Le but principal de l’ordonnance était la création d’ hôpitaux régimentaires , à côté desquels devaient fonctionner des hôpitaux dits auxiliaires , destinés à recevoir « les malades de la garnison des places où ils se trouvaient établis; les malades en route, les semestriers, les recrues, tous les soldats dont les corps étaient éloignés. Ils étaient aussi destinés à procurer des secours aux hommes atteints de certains genres de maladies qui n’auraient pas pu être traitées dans les hôpitaux régimentaires; ef, en temps de guerre, les cinq principaux d’entre eux2 servaient d’entrepôts, pour les malades appartenant aux armées 3 ».

Dans ces hôpitaux devaient recevoir leur instruction les officiers de santé appelés à être placés à la suite des troupes, ou dans les hôpitaux du royaume ou des années. Le principe était enfin adopté de mettre chirurgiens et médecins sur le pied d’égalité, tant pour le traitement que pour le grade L

La solde des officiers de santé n’a pas moins varié, dans les siècles qui ont précédé le nôtre, que les conditions relatives à leur constitution et à leur hiérarchie.

1 Ordonnances de 1772, 1777, 1781 ; règlement de 1775, art. 2 et 3.

2 Les hôpitaux de Metz, Lille, Strasbourg, Toulon et Brest.

:i J.-P.Gama, Esquisse historique du service de santé militaire (Paris, 1 84 1), 2^3.

1 Pour ne pas être accusé nous-même de sacrifier les médecins aux chirurgiens, nous allons rappeler les noms de ceux d’entre les premiers qui méritent d’être conservés. Chapelain et Castellan sont restés tous deux populaires dans l’armée : « on aurait dit, rapporte de Thou, qu’ils n’avaient l’un et l’autre qu’une âme ; frappés tous deux de la peste, qui désola le camp de Saint-Jean-d’Angély en i56y, ils perdirent la vie au même jour, et presque à la même heure ». De Meyserey, médecin ordinaire du Roi, ancien médecin des armées de Sa Majesté, en Italie

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Ions les eiloi Is pour 1 établir sont presque voués d’avance à la stérilité* 1 : outre que les memes grades étaienl rétribues différemment, suivant l’importance des établissenjenls dans lesquels le titulaire était employé, il y aurait à tenir compte de 1 évaluation, toujours controversée, du rapport entre les valeurs métalliques et les moyens d’existence aux diverses époques.

Quant au costume, à 1 unilorme, il avait été réglé dès 1757

Médecins inspecteurs et premiers médecins des armées devaient porter un habit en drap gris de fer foncé, doublé de serge, de même couleur; le collet, en velours noir rabattu, brode aux extrémités des deux boutonnières en filets d’or. Habit et veste étaient « bordés d’un galon d’or, dessin guiltoclié, de la largeur de huit lignes ».

Pour les médecins des hôpitaux militaires et des armées, l’habillement était le même que pour les médecins inspecteurs, sauf que « le galon des poches et des parements ne sera pas double et n’aura en largeur que huit lignes ». Le costume des médecins surnuméraires ne s en différenciait que par la suppression des deux boutonnières brodées du collet noir. Les chirurgiens inspecteurs des hôpitaux militaires et des armées avaient un « habit de drap gris, vulgairement appelé gris d’épine; doublure de couleur assortie; paremens en drap rouge; la patte de la poche en long, garnie de trois boutons; veste et culotte de drap rouge;

et en Allemagne ; Portais, Jourdan Le (Jointe, Le Bègue de Presle, traducteur de l’ouvrage de Monro, Révolat se sont plus spécialement occupés de la santé et des maladies du soldat; Colombier, à qui l'on attribue le plan de réformes de 1788, dont nous parlons autre part, a écrit un code de médecine militaire, un traité d’hygiène militaire et un traité général de médecine militaire, « ouvrages remarquables par l’exactitude des observations et la sagesse des préceptes ». Richard de Ilautesierck fut le rédacteur des premiers volumes des Mémoires de médecine militaire; de Ilorne rédigea la première série du Journal de médecine militaire. Enlin, n’oublions pas Coste, premier médecin des camps et armées du roi, devenu plus tard médecin en chef des Invalides, et qui est l’auteur du Service des Hôpitaux militai res rappelé aux vrais principes . sorti des presses de l’Imprimerie de Monsieur, en 1790. (Cf. sur ce dernier la Chronique médicale, septembre 1917.)

1 Voici, toutefois, quelques chiffres positifs, que nous empruntons aux Mémoires de Feuquière, parus en 1760 (sous le règne de Louis XV) : les appointements des chirurgiens-majors de l’armée étaient, à cette époque, de 35o livres par mois de trente jours et dix rations de pain ; ceux des aides-majors chirurgiens, de i5o livres par mois de trente jours et quatre rations de pain. Les sous-aides-majors chirurgiens ne touchaient que 60 livres par mois et trpis rations de pain; et les garçons-chirurgiens, 5o livres et deux rations de pain.

- Cf. Chron. Méd., 190.3, 697-8.

3o2 chirurgiens et blessés a travers l’histoire

habit et veste bordés d’un galon d’or guilloché, large de huit lignes, et un second galon de la largeur de seize lignes, ajouté aux paremens et aux poches ». L’habillement était pareil pour les chirurgiens-mai ors des hôpitaux militaires ,

citadelles , forts et châteaux, mais sans galon. Boutons en métal jaune du dessin appelé limace, pour les officiers de santé de cette dernière catégorie , les médecins inspecteurs, et les premiers médecins

des armées; boutons de dessin

guilloché, pour les autres.

Epée pour tous les officiers indistinctement, « à garde en cuivre doré et poignée en argent à la mousquetaire ».

Les grades étaient désignés par la largeur des galons et le nombre des boutonnières, tant sur la veste que sur le devant de l’habit, le collet, les paremens et les poches. Deux ans plus tard, l’habit du chirurgien, au lieu d’être en drap gris d’épine, fut en drap gris d’ardoise, le collet et les paremens restant en velours noir1.

Ces prescriptiens furent à peu près observées, jusqu’au jour où, « lors de la levée en masse, chirurgiens et médecins s’habillèrent comme ils voulurent et surtout comme ils purent ». La Révolution, qui apporta de si brusques modifications dans tant d’institutions, ne devait pas davantage ménager le corps de santé militaire. Les changements qu’elle apporta furent-ils toujours malheureux? C’est ce que nous allons impartialement examiner.

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Æ^rnvr.

1 Règlement du 26 février 1777, art. 3y.

Les soins aux blessés pendant la Révolution. (Frontispice de Duplessi-Berteaux.)

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