D E PAR L E R O J
ON fait à fçavoirà tous ceux qui voudront prendre parti dansleRégimentdeClermont-Tonnere,qb’iIspourront sadrefler à Monfieur le Chevalier de SAINT- VAILLIER, Capitaine dudit Régiment , demeu^ant-en fon Château de Vauchamps , près Montmirel , qui leur donnera devons engagemens & toutes fortes de fatisfa&îons JLesJeuneVÇens de Famille y feront diftingués. On récompeniera largement ceux qui produiront de beaux Hommes.
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(Collection Paul Flobert).
Affiche de racoleur
(D’après le Bulletin de la Société, le Vieux Papier).
La consommation de chair humaine fut telle sous le règne du plus glorieux des monarques, qu’à défaut d’hommes faits, on dut arriver à prendre jusqu’à des enfants ! Madame de Sévigné raconte qu’un jour, Boileau vint, avec Gourville, visiter Coudé sous sa tente. Le héros leur fit admirer son armée.
— Eh bien ! qu’en dites-vous ? demanda-t-il à ses nobles visiteurs. — Monseigneur, répondit Despréaux, je crois qu’elle sera fort bonne, lorsqu’elle sera majeure.
Un des illustres guerriers du règne, comptant parmi les rares satellites du Roi-Soleil qui eussent conservé leur franc-parler, Vauban, écrivait à Louvois, à la date du 11 janvier 1675:
Cela va toujours de mal en pis et me fait trembler; car quand je vois des places gardées par des garnisons composées de compagnies d’enfants et de pauvres petits misérables qu’on enlève violemment de chez eux ou qu’on escamote de cent diverses manières, qui sont commandés par des officiers, la plus grande part aussi misérables qu’eux, en vérité j’appréhende pour la monarchie !...
D’autant plus qu’il n’y a que peu ou pas de fondement à faire sur eux, vu que, dans la plupart des places, les soldats sont logés comme des porcs, à demi nus, à demi mourants de faim : ce qui, au dire des prêtres et médecins, qui en ont soin, est la principale cause des maladies et de la mortalité que l’on voit régner parmi eux.
On avait beau multiplier les ordonnances contre le racolage, sévir contre les gouverneurs et commandants de place qui le toléraient, interdire aux racoleurs « d’enrôler au hasard des hommes et des enfants, qu’ils faisaient instruire à coup de plats de sabre, pour les revendre ensuite avec bénéfice aux chefs de corps, la veille de l’entrée en campagne », toutes ces mesures restaient sans effet.
Louvois envoya, dès lors, les ordres les plus sévères, objurguant même le lieutenant de police: mais celui-ci se déclarait et se montrait impuissant à réprimer ces abus :
L’intention du roi, écrivait le ministre à M. de La Reynie, n’est pas de tolérer les friponneries qui se font dans Paris pour les levées, et Sa Majesté trouve bon que tous ceux qui sont présentement dans les prisons, et qui seront pris à l’avenir pour ce fait-là, soient punis suivant la rigueur des ordonnances contre de pareils crimes L
Le ministre revient sur le même sujet quelques mois plus tard (25 mai 1678), insistant à nouveau sur le châtiment qu’il faut infliger aux coupables :