‹ Chirurgiens et blessésChapitre 51 sur 122 · CHASSEURS · texte numérisé non relu

CHASSEURS

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Affiche de racoleur

(D’après le Bulletin de la Société Historique, le Vieux Papier).

Sa Majesté estime que vous ne sauriez faire une trop sévère punition des gens qu’Auzillon a menés au Châtelet, après avoir trouvé des gens qu’ils avaient pris par force et enfermés à Aubervilliers, puisque, en même temps qu’ils troublent lé repos public, ils décrient la levée des soldats par leur violence.

Malheureusement, Louvois ne fit pas toujours montre d’autant d’énergie, et l’on est obligé de constater qu’il fut parfois le premier à recommander aux chefs de corps de violer les prescriptions qu’il avait lui-même édictées. N’écrivait-il pas aux inspecteurs d’armées, à la date du 23 février 1685 :

Sa Majesté ne veut point que I on mesure les soldats, et il ne faut point chasser un vieux soldat parce qu’il est trop petit, ni un jeune homme de belle espérance.

11 y avait cependant un minimum de taille exigé : défense d’engager aucun homme qui ne fût bien fait et bien conformé, et qui n’eût, dans l’infanterie, au moins cinq pieds un pouce1 ; dans les hussards et les chasseurs, cinq pieds deux pouces et pas plus de quatre ; dans les dragons et dans la cavalerie, cinq pieds trois pouces et moins de cinq2. Mais il y avait des tolérances et, plus encore qu’à la taille, on s’attachait à l’apparence extérieure : pour la milice, on réformait sans miséricorde ceux qui avaient vilaine figure , laide fgure ou petite figure 3. « Quoiqu’ils aient la taille, écrit un major de 1770, parlant des hommes enrôlés par un capitaine de dragons, ce sont des figures et des tournures qui choquent. Le régiment passe pour beau, il faut soutenir sa réputation. »

Un colonel, après avoir promis une place à un gentilhomme, dans son régiment, la lui refusait sur sa mine désavantageuse; ce qui lui attirait cette réplique , de la mère du solliciteur évincé : « 11 est bien malheureux pour moi, Monsieur le duc, et pour mon fils, qu’il existe une ordonnance pour soumettre tous les jeunes gens qui entrent au service de Sa Majesté, à être bien faits, bien tournés et d’une jolie figure; cette loi ne peut être ancienne ou, du moins elle li a pas toujours existé; je suis bien sure, par exemple, qu’il n’en était pas question lorsque vous êtes entré au service. »

1 Jourdan le Cointe, docteur en médecine, La Santé de Mars (Paris, 1790), 52-53.

2 Lors de la guerre de Sept ans, on exigeait des hommes, pour être admis dans l’infanterie, cinq pieds un pouce et demi au moins, et qu’ils fussent « d’age, de force et de tournure convenables pour bien servir ». Babeau, II, 33G.

3 Gf. Chronique méd ., 1916, à la rubrique : Singuliers cas de réforme.

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