AGENT NATIONAL
— éX— *c£*- CAtxÀtcA ’fi/OC*-
s^coca &
fortîÀ-
JjtsU- •&**/ yraSS^-^e^, Ÿ^{ÿA*L- -
^ £AAAA>y~yy^^ ^J-e—
jf? 0syf-fAS*A ^UcAaÙxaAA ^bfi*ÀSAX*Af /^•///^^
Tout fonctionnaire, dans les postes où il devra le salut militaire, portera les armes devant tout soldat mutilé dans un de ses membres *, .qui, revêtu de son uniforme, passera devant son poste.
Dans toutes les fêtes publiques, il sera affecté une place aux guerriers blessés.
La Révolution honora tout particulièrement le blessé au service de la patrie. Non seulement, elle créa un insigne spécial, assez analogue à notre croix de guerre, « une étoile d’or sur son vêtement), à- l’endroit où il a reçu des blessures... S’il est mutilé ou s’il a été blessé au visage, il portera l’étoile sur le cœur » ; mais encore, des fêtes officielles furent organisées, « fêtes de la Reconnaissance et fête des Victoires », spécialement en l’honneur des blessés.
On a le compte rendu d’une de ces fêtes1 2, où fut chanté l’air patriotique : Veillons au salut de l'Empire qui, contrairement à ce que l’on croit, n’est pas un air impérialiste, mais bien un air révolutionnaire; car, primitivement, il était connu sous le titre d 'Offrande à la Liberté. Particularité non moins curieuse, la musique de cet opéra est de Dalayrac, un des créateurs de l’Opéra -Comique en France, et les paroles d’un ancien chirurgien en chef de l’armée du Rhin, le citoyen Roy 3.
Non seulement les blessés eurent leurs fêtes spéciales, mais ils avaient leur place marquée dans toutes les réjouissances publiques, dans toutes les cérémonies
1 Une pension fut accordée aux estropiés et mutilés de la guerre et à leurs ayants-droit, par un décret de la Convention du 6— 1 6 juin 1793. Les officiers, jusqu’au grade de capitaine inclusivement, ayant perdu deux membres ou la vue, recevaient à titre de pension, quels que fussent leur âge et leur temps de service, la totalité des appointements attachés à leur grade en temps de paix, sans néanmoins que cette pension pût excéder jamais le maximum de 10.000 livres. Les lieutenants, sous-officiers et soldats, dans le même cas, étaient élevés au grade de capitaine honoraire et en recevaient le traitement. Les officiers et soldats, incapables de travailler par suite de leurs blessures, avaient un droit d’admission aux Invalides, ou de recevoir la pension représentative de cette admission, sans que cette pension pût être inférieure, pour le simple soldat, à une livre par jour. Les veuves des militaires estropiés, qui justifiaient n’avoir contracté leur mariage qu’après l’époque des blessures reçues, recevaient la moitié de la pension de leur mari, sans que cette pension pût dépasser 1.000 livres. La Révolution avait, en outre, créé l’allocation pour les parents des soldats aux armées ; mais, pour en bénéficier, il fallait justifier du manque de ressources. (Cf. le très intéressant ouvrage d’Albert Mathiez^ La Victoire en Van IL chapitre des Allocations, 199 et s.).
2 Cf. Ed. Chardon , Révolution , Directoire : Dix ans de fêtes nationales et de cérémonies publiques à Rouen (1790-1799). Rouen, 1911.
3 André Fribourg, La Guerre et le Passé : les Fêtes des blessés sous la Révolution.
Administration militaire et Service de Santé.
(Collection de l'auteur.)
peuple, énumérant leurs titres à la reconnaissance de leurs concitoyens, et leur exprimait publiquement l’admiration et la gratitude de la nation.
Les prisonniers de guerre, qui étaient placés « sous la sauvegarde de la nation et la protection spéciale de la Loi », devaient recevoir dans les hôpitaux les
patriotiques : la Fête de la Jeunesse fut célébrée, le 10 germinal, «en présence des vieillards et des défenseurs de la patrie blessés pour sa défense » ; à la fête de la
Fondation de la République, le 1er vendémiaire, le maire présentait les blessés au
CHIRURGIENS ET BLESSES A TRAVERS l’hISTOIRE
mômes soins que les autres malades ou blessés : « lorsque les officiers de santé n’entendront pas la langue de ces étrangers, il leur sera procuré un interprète ». Un détail marque bien le sentiment humanitaire qui guide tous les esprits en ces temps héroïques incertains boutons de l’uniforme des officiers de santé portent au centre le mot Humanité, entouré de l’exergue : Hôpitaux militaires.
Les hôpitaux étaient, nous l’avons indiqué, de deux sortes : il ÿ avait les sédentaires et ceux qui suivaient les troupes en campagne.
Les premiers étaient administrés par une sorte de Directoire, composé de trois officiers de santé en chef, du commissaire des guerres et du directeur de l’hôpital. Les membres du Directoire faisaient partie, de droit, du Conseil d’administration, qui comprenait, en plus, un officier général, des officiers commandant les différents corps de la garnison, le commandant de la place; un officier municipal, un commissaire ordinaire des guerres attaché aux hôpitaux, et des chirurgiens-majors des corps en garnison dans la place. Plus tard, on visera à plus de simplification, et la plupart des éléments disparates qui faussaient un rouage aussi complexe, disparaîtront, pour faire place à un conseil plus réduit.
Tout d’abord, les commissaires des guerres eurent seuls la mission de visiter chaque jour les hôpitaux et, d’accord avec les officiers de santé en chef, ils étaient chargés de régler l’ordre du service et d’en surveiller la marche , dans le but commun de concourir efficacement au bien des malades1. 11 leur était enjoint de prendre l’avis des officiers de santé en chef et de tenir scrupuleusement la main à l’exécution du règlement : par exemple, les officiers de santé fixaient le nombre d’infirmiers qui devaient être de garde dans chaque salle, et les fautes relatives au service étaient punies par les commissaires des guerres, sur les plaintes des officiers de santé. Dans d’autres cas, ils exerçaient une action commune.
(( Tous les ordres de détail, concernant la salubrité, tels que ceux relatifs à la température des salles, au balayage, aux parfums, à l’emplacement des lumières
1 L’harmonie ne régna pas toujours entre médecins et administrateurs. LTn chirurgien de cette époque se plaint assez amèrement du mauvais vouloir de ces derniers, et prétend que les résultats thérapeutiques eussent été meilleurs, « si les militaires, trop habitués à commander ; les administrateurs et commissaires, trop habitués à gouverner ; les fournisseurs, trop habitués à économiser, n'eussent été si souvent sourds à leurs justes demandes (celles des chirurgiens), à leurs pressantes réclamations ; s’ils les eussent consultés plus souvent sur les localités, le placement des hôpitaux ; s’ils eussent veillé à la qualité des alimens, des boissons, des médicamens, des fournitures, et à l ensemble des objets qui contribuent et conduisent au succès dans le traitement des malades ». Briot, op. cit. ., 4 1 5.
>11. SE Al
icomc